Obsèques de Pierre Thiébault : un départ en chantant
4 juin, parNos peines
Nouvelle illustration du fiasco du Pass sanitaire et d’une politique qui ne peut pas maîtriser l’épidémie de coronavirus : graves conséquences pour plus de 200.000 jeunes Réunionnais
25 janvier 2022, par

Alors que les autorités avaient tablé sur 600 enseignants absents pour cause de coronavirus, ce sont en réalité 1012 professeurs qui ont manqué à l’appel hier, jour de la rentrée des vacances scolaires d’été. 331 classes ont été fermées. C’est la conséquence d’appliquer à La Réunion un protocole sanitaire dans les écoles qui n’a pas marché en France mais cela découle surtout de la volonté de faire cette rentrée alors que le nombre de cas de COVID-19 n’a jamais été aussi élevé à La Réunion. Dans un pays où un enfant sur deux vit dans une famille victime de la pauvreté, un ordinateur pour chaque enfant à la maison avec une connexion internet n’est pas à la portée de tout le monde, et encore moins les cours particuliers que peuvent s’offrir des familles suffisamment riches.
La France figure actuellement dans le peloton de tête des pays les plus contaminés par l’épidémie de coronavirus. Ce sont entre 300.000 et 400.000 cas par jour depuis plus d’une semaine. Lors du dernier pointage de l’OMS, la France, pays représentant à peine 1 % de la population mondiale, était responsable de 10 % du nombre total de nouvelles infections dans le monde.
Cette situation découle de l’évolution de l’épidémie avec un variant plus contagieux, et du refus d’adapter les protocoles sanitaires à cette évolution.
A cela s’ajoutent plusieurs décisions des autorités qui ont fait débat et qui expliquent en partie la flambée de l’épidémie.
Tout d’abord, le refus de Paris de tester et de mettre en quarantaine les passagers arrivant à La Réunion depuis la France au prétexte qu’ils sont vaccinés selon les autorités sanitaires. Eu égard à la fiabilité relative du test de dépistage préalable à l’embarquement et à celle des vaccins utilisés en France, cette décision explique pourquoi des cas importés sont relevés chaque semaine.
La preuve la plus éclatante est l’importation à La Réunion du variant Omicron par au moins deux passagers vaccinés qui avaient été testés négatifs avant d’embarquer à La Réunion.
Ensuite, l’autorisation d’organiser d’importantes manifestations en pleine épidémie a contribué à aggraver la situation. Il y eut tout d’abord à la fin du mois d’octobre le Grand-Raid et ses milliers de participants et d’accompagnateurs dont une bonne partie venus d’Europe. Cette concentration de personnes sur des lieux précis a forcément contribué à favoriser la transmission du virus.
Puis du 10 au 12 décembre au Sakifo, des milliers de personnes ont fait la fête sur une plage de Saint-Pierre dans une zone où la vente d’alcool était autorisée. Dans ces conditions, le respect du port du masque en continu était un rêve auquel les autorités sanitaires ont fait, pour le moins, semblant de croire.
Enfin, rendre l’accès au test payant pour les personnes non-vaccinées n’a pu que décourager de nombreuses personnes de participer à la lutte contre l’épidémie en se faisant tester.
Dans ces conditions, il était évident que la rentrée des vacances d’été allait tourner au fiasco. Ce fiasco a dépassé les prévisions les plus pessimistes des autorités. Hier matin, elles tablaient sur 600 enseignants absents. Or, en réalité, ce sont 1014 enseignants qui manquaient hier à l’appel. Résultat : 331 classes étaient déjà fermées le jour de la rentrée. Ce n’est que la partie immergée de l’iceberg. Dans les collèges et les lycées, ce sont une partie des cours d’une classe qui peuvent ne pas être assurés sans que la classe soit fermée.
Enseignants et parents avaient pourtant alerté : le protocole sanitaire dans les écoles à La Réunion est le même qu’en France, et là-bas il n’a pas permis de contrôler l’épidémie de coronavirus dans les établissements scolaires. Qu’a cela ne tienne, les autorités sanitaires ont refusé de tenir compte de ses avertissements et le résultat est là.
Les conséquences ne sont pas payées par ceux qui ont décidé mais par les élèves et leur famille. Comment assurer l’égalité d’accès à l’école dans ces conditions ?
Les fermetures de classe et la « continuité pédagogique » en télé-enseignement contribuent en effet à accentuer les inégalités. Car pour suivre l’école à la maison, il faut tout d’abord avoir les moyens de se payer une connexion à Internet, et un ordinateur pour chaque enfant. Ceci n’est pas à la portée de tout le monde dans un pays où plus d’un enfant sur deux vit dans une famille victime de la pauvreté. Pendant ce temps, des familles suffisamment riches peuvent payer des cours particuliers à leurs enfants, et les inégalités se creusent au détriment de la mobilité sociale.
M.M.
Nos peines
In kozman pou la rout
Nouvelle illustration de la faillite du système néocolonial
Négociations internationales sur la lutte contre la crise climatique
Des aides publiques de la France possibles
Le 1er juin, le Sénat a adopté le Projet de Loi de Régulation de l’enseignement supérieur privé lucratif. Ce débat aurait pu être l’occasion de (…)
Au lieu de reproduire la France, les Réunionnais devraient s’inspirer de Madagascar
Retour sur le séminaire organisé par la Section PCR de Saint-Denis
Conséquence de la crise et de la pénurie de logements sociaux
Condoléances du Parti Communiste Réunionnais
Face aux difficultés de trésorerie à cause des retards de paiement
À la veille de la manifestation organisée par des élus devant la préfecture