Education-Formation

Rentrée scolaire : toujours rien de réglé pour les Réunionnais

Préparation d’une visite ministérielle

Manuel Marchal / 16 août 2019

Cette fois c’est parti pour la rentrée scolaire. Plus de 200.000 élèves et leurs encadrants ont retrouvé aujourd’hui le chemin de leurs établissements. Ils seront suivi lundi par une nouvelle opération de communication du gouvernement, avec la visite du ministre de l’Education qui fera ainsi sa deuxième « rentrée » à La Réunion. Depuis la première, en août 2017, la situation s’est-elle améliorée ?

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Aujourd’hui, plus de 200.000 élèves et leurs encadrants ont repris le chemin de l’école pour une nouvelle rentrée scolaire, une fois de plus en plein hiver. Ce vendredi et ce samedi, les classes vont se mettre en place. Le gouvernement compte utiliser cette rentrée deux semaines avant celle de la France pour organiser une nouvelle opération de communication. Le ministre de l’Education est en effet en tournée à La Réunion lundi et mardi prochains, il se rendra dans plusieurs établissements scolaires. Cette visite n’est pas sans rappeler celle du même ministre deux ans plus tôt à la même période.

Le ridicule des heures d’examen

Or, il s’avère tout d’abord que ce début d’année scolaire en plein hiver est aux antipodes de la situation en France, où manifestement la réussite scolaire de l’élève est plus privilégiée que dans notre île, ne serait-ce parce qu’en France, le calendrier scolaire est adapté au climat.
Cette marche vers l’assimilation à la France a atteint un sommet au moment de la période des examens. Tout d’abord, les épreuves écrites du bac se déroulaient en simultané avec la France, soit de 10 heures à 14 heures, voire de 16 heures à 20 heures. Comme aux Antilles et en Guyane, les candidats n’avaient pas à se lever en pleine nuit pour plancher entre 1 heure et 5 heures du matin, c’est bien la preuve qu’il est possible d’utiliser des sujets différents de ceux de la France.
Le pic du ridicule a été atteint lors du Brevet. En France, les épreuves ont été reportées en raison de températures jugées caniculaires dans l’autre hémisphère. A La Réunion, rien ne justifiait un tel report, et pourtant les Réunionnais ont attendu plusieurs jours supplémentaires pour composer à la même heure qu’en France. Ce qui ne fut pas sans conséquence, notamment pour des départs en vacances en avion.

Langue maternelle pas respectée

Outre la question de la mise en place d’un calendrier scolaire adaptée à la réussite des élèves réunionnais, se pose aussi le problème de la place de la langue maternelle dans le système scolaire. Une récente réunion au siège de l’Académie de La Réunion a donné lieu à une esclandre du recteur, qui a voulu quitter la salle quand une parente d’élève s’est exprimée en créole, qui plus est au cours d’une rencontre sur le thème du créole à l’école.
Cet incident s’ajoute aux remontrances visant un enseignant qui s’était exprimé en créole.
Là aussi, le système scolaire en place à La Réunion montre qu’il n’agit pas dans l’intérêt du Réunionnais.
Si cette méthode de substituer la langue maternelle par une langue étrangère à l’école était si bonne, pourquoi les cours ne se déroulerait pas en anglais dans les écoles françaises ? En effet, à l’argument de dire que le créole est une « petite » langue, contrairement au français, il est facile de dire que le français est une « petite » langue vis-à-vis de l’anglais parlé couramment dans beaucoup plus de pays.
L’attitude du recteur montre que fondamentalement les choses ont bien du mal à évoluer dans le système éducatif, malgré toute l’énergie d’enseignants sincèrement dévoués à la réussite scolaire de leurs enfants.
Deux ans après la visite du ministre de l’Education nationale à La Réunion pour « faire la rentrée », la situation ne s’est pas améliorée dans le domaine de la prise en compte de la réalité de notre île dans le programme et le calendrier scolaire. Alors à quoi bon dépenser tant d’argent pour venir à La Réunion ? Voici pourquoi cette visite ministérielle à La Réunion ne sert à rien, sauf à faire de la comm.

M.M.