Impact des plateformes numériques US dans la baisse historique du niveau scolaire dans le système français en place aussi à La Réunion

Réseaux dits « sociaux » : menace pour les apprentissages et l’élévation du niveau de conscience

12 septembre, par Manuel Marchal

La baisse historique du niveau scolaire dans le système français qui a le monopole de l’éducation des jeunes Réunionnais ne peut pas être expliquée par une seule cause. Mais une transformation majeure de l’environnement des jeunes est désormais au cœur des interrogations : l’omniprésence des smartphones et des plateformes numériques US abusivement appelées « réseaux sociaux ». Plusieurs études internationales montrent que leur usage intensif peut perturber les conditions indispensables à l’apprentissage : attention, concentration, sommeil et temps consacré aux activités scolaires.

Les résultats de PISA apportent un premier élément particulièrement significatif. Dans son analyse consacrée à l’usage du numérique, l’OCDE constate que les élèves fréquemment distraits par les appareils numériques obtiennent en moyenne 15 points de moins en mathématiques que ceux qui le sont moins, après prise en compte du profil socio-économique des élèves et des établissements. L’OCDE souligne notamment le rôle des notifications et des réseaux sociaux dans ces interruptions de l’attention.

Usage abusif de plateformes ayant besoin de consommateurs captifs dénués de sens critique

Le problème n’est donc pas le numérique en lui-même. Utilisés dans un cadre pédagogique et de manière maîtrisée, les outils numériques peuvent contribuer aux apprentissages. C’est leur usage récréatif intensif, notamment lorsque les élèves sont constamment sollicités par des notifications, messages et vidéos, qui pose question.

L’autre mécanisme est celui du sommeil. Une étude internationale de l’Organisation mondiale de la santé, menée auprès de près de 280 000 jeunes de 11, 13 et 15 ans dans 44 pays et régions, montre que l’utilisation problématique des plateformes numériques US abusivement appelées « réseaux sociaux » est en forte progression. Elle concernait 11 % des adolescents en 2022, contre 7 % en 2018. L’OMS relève également une association entre cette utilisation problématique, les couchers plus tardifs et un sommeil insuffisant, avec des conséquences possibles sur les résultats scolaires.

Ce phénomène est particulièrement préoccupant parce que le sommeil n’est pas un temps perdu pour l’apprentissage. Il participe à la mémorisation, à la récupération et aux capacités de concentration. Un adolescent qui passe une partie de sa nuit devant son téléphone arrive donc à l’école avec une capacité d’attention potentiellement réduite.

À La Réunion, cette question mérite d’être prise au sérieux. Le problème scolaire de l’île ne peut évidemment pas être réduit aux plateformes numériques US abusivement appelées « réseaux sociaux ». Les inégalités sociales, la pauvreté, les difficultés de maîtrise des savoirs fondamentaux et les insuffisances du service public de l’Éducation nationale jouent un rôle déterminant. Mais les enseignants doivent désormais faire face à un environnement dans lequel l’attention des élèves est sollicitée en permanence par des plateformes dont le modèle économique repose précisément sur leur capacité à les retenir le plus longtemps possible.

Cette évolution intervient alors même que le système éducatif français régresse dans les classements internationaux. La France a enregistré ses plus mauvais résultats historiques dans plusieurs domaines évalués par PISA.

La question est d’autant plus importante pour La Réunion que l’école constitue un instrument essentiel de réduction des inégalités. Lorsque les moyens humains du service public diminuent, les enseignants doivent simultanément transmettre les connaissances, accompagner les élèves en difficulté et lutter contre les effets d’un environnement numérique omniprésent.

Développer l’éducation au numérique

La réponse ne peut pas être de bannir simplement les technologies. Elle doit être d’apprendre à les maîtriser. L’OMS insiste ainsi sur l’importance de développer une véritable littératie numérique permettant aux adolescents de comprendre et de contrôler leurs usages.

Pour La Réunion, cela suppose de renforcer l’école plutôt que de l’affaiblir : plus d’enseignants, d’accompagnement, de lecture, de sciences, d’activités culturelles et sportives, mais aussi une véritable éducation aux médias et aux mécanismes des plateformes numériques.

Car face à des technologies conçues pour capter l’attention, la meilleure protection reste probablement une école disposant des moyens nécessaires pour apprendre aux jeunes à ne pas être réduit à des consommateurs passifs d’une sous-culture et de la désinformation.

M.M.

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