Obsèques de Pierre Thiébault : un départ en chantant
4 juin, parNos peines
L’Académie accueille 860 nouveaux arrivants
19 août 2006

C’est le jeu des mutations, des départs et des arrivées. 670 enseignants du second degré, 100 du premier degré ainsi qu’une centaine de personnels administratifs et de gestion rejoignent l’Académie de La Réunion pour cette rentrée 2006-2007. Hier, lors de la journée d’accueil organisée par le Recteur et ses services, les questions de la langue et du chikungunya sont apparues comme leurs principaux sujets de préoccupation.
Sur les 860 nouveaux arrivants enseignants et personnels, environ 400 ont répondu à l’invitation du Recteur. Après un message de bienvenu, une présentation de l’Académie, de son projet, de ses priorités dont la maîtrise du français, les nouveaux arrivants (environ 50% de jeunes recrues) ont pu poser leurs questions.
Bilan sanitaire
Jean-François Sam-Long, chargé de mission académique Langue et Culture Régionale, a répondu à l’appréhension, largement exprimée par les nouveaux arrivants, de la difficulté de compréhension et de maîtrise de la langue créole. Un professeur, arrivé depuis 10 jours dans notre île, s’inquiétait de ne pas comprendre le créole. Avec un peu de temps et d’attention, Jean-François Sam-Long lui a assuré que son oreille s’adapterait, allait se faire à la langue. Ce dernier a surtout insisté sur le fait que si le français restait la langue parlée en classe, il fallait respecter, reconnaître et traiter le créole comme une langue à part entière. Sa présentation du contexte linguistique, ses conseils ont semble-t-il ôté un poids des épaules des jeunes recrues qui l’ont chaleureusement remercié de leurs applaudissements.
Bien sûr, la question de l’épidémie de chikungunya a mobilisé une large partie des échanges, avec des interrogations très ciblées relatives par exemple à l’efficacité de la citronnelle, à l’utilisation du Bti. Les services sanitaires du Rectorat ont dressé un point de la situation épidémique, et les consignes préventives, tant individuelles que collectives au sein des établissements, ont été rappelées. La matinée d’accueil s’est clôturée par des questions pratiques, techniques, administratives auxquelles le panel d’acteurs présents (assurances, syndicats...) ont pu répondre individuellement.
Stéphanie Longeras
Témoignages
o Charlyne Gicquello, 27 ans, professeure d’Histoire-Géographie dans le second degré
"Très ouverte à une autre culture"
Après 4 années d’enseignement au sein de l’Académie de l’Oise au Nord de Paris, confrontée essentiellement à des jeunes en difficulté scolaire, la jeune enseignante avait envie de renouveau et de découverte. "L’Académie où j’exerçais ne me plaisait pas particulièrement, j’ai eu envie de changer de vie et je pensais depuis quelque temps déjà à La Réunion", confie la jeune femme. Depuis 15 jours, elle occupe un petit studio de Saint-Pierre, qu’elle a réservé depuis plusieurs mois de la métropole, avec son ami qui a pris une disponibilité pour l’accompagner. Charlyne n’est jamais venue à La Réunion auparavant. Elle n’a ni ami, ni famille ici, et se dit "très ouverte à une autre culture." Charlyne appliquera bien sûr le programme national d’histoire-géographie mais, intéressée d’apprendre qu’il existe des supports locaux disponibles dans les deux matières, n’exclue pas de les exploiter, si la durée de ses remplacements le permet. Car en tant que titulaire remplaçante, "je risque de bouger dans tout le Sud pour des missions à l’année ou de courtes durées." Préparée à être confrontée à des élèves de faible niveau, elle est prête "à les emmener le plus loin possible."
o Emmanuelle Huno, 24 ans, professeure de Lettres Classiques dans le second degré
"J’ai envie que ça marche"
C’est à La Réunion qu’Emmanuelle va inaugurer sa toute première année en tant qu’enseignante, au Collège de Salazie. "C’est la première fois pour beaucoup de choses, confie la jeune femme, arrivée depuis 3 jours dans l’île. Le premier départ aussi loin de la famille et des amis, la première fois que je viens à La Réunion." Et la jeune enseignante avoue avoir eu de la chance d’obtenir son affectation ici, car ses 71 points (21 obtenus après la première année de stage et 50 points pour une année d’IUFM) ne lui auraient pas permis une telle mutation si La Réunion n’avait pas enregistré, cette année, un déficit de professeurs de Lettres Classiques. "J’ai eu de la chance, pour une débutante, c’est très rare", accorde Emmanuelle au départ destinée à un poste dans les académies du Nord de la France. "J’ai envie d’autre chose, de quelque chose que je ne connaissais pas." Salazie et sa première classe de 6ème sont des premières réponses à ses envies de découverte. "J’ai eu des secondes durant mon année de stage. J’avoue appréhender un peu de me retrouver avec des 6èmes car ce n’est pas du tout le même travail, mais si j’ai besoin, les collègues vont m’aider.... Peut-être une formation plus poussée aurait été nécessaire quand les élèves, comme à La Réunion, rencontrent déjà des difficultés de lecture.... Mais je suis très optimiste, j’ai envie que ça marche. On m’a dit que les élèves de Salazie étaient très gentils que je vais découvrir le cœur de l’île, alors je suis contente de mon affectation. Si je veux aller sur Saint-Pierre, je ferai comme tout le monde, je prendrai la voiture"
Entretiens réalisés par SL
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