Obsèques de Pierre Thiébault : un départ en chantant
4 juin, parNos peines
Recherche et biodiversité
11 septembre 2008

Du 7 au 20 septembre ont lieu à l’Université de La Réunion les premières rencontres internationales de bryologie tropicale. Une manifestation encore très confidentielle, mais dont le contenu gagne à être connu du grand public comme partie prenante de la biodiversité de notre île.
La bryologie n’est rien d’autre que la connaissance des bryophytes - autre nom barbare, donné à la plus ancienne famille de végétaux, après les algues vertes. Les bryophytes tirent leur nom du grec "bruon" (mousse) et "phuton" (plante). Ce sont des plantes non-vasculaires - pas de vaisseaux, pas de racines non plus - regroupant les mousses, les hépatiques et les anthocérotes (autres plantes ancestrales à reproduction végétative) - tous végétaux chlorophylliens qui, bien qu’occupant une place très importante dans le règne végétal, ont été moins étudiés que les plantes à fleurs.
C’est ce qui a donné l’idée à des botanistes de l’unité mixte de recherche sur les “peuplements végétaux et bioagresseurs en milieu tropical”, à l’Université de La Réunion, d’organiser ce premier “workshop” (atelier) taxonomique et nomenclatural, dans le cadre du Groupe de Bryologie Tropicale (TBG), de la Société bryologique britannique. Environ 60 chercheurs dans le monde travaillent à la connaissance de la bryologie tropicale.
Une quinzaine de chercheurs internationaux - venus de France, Hongrie, Angleterre, Norvège, Singapour, Pays-Bas et Portugal - et de l’Océan Indien (Afrique du Sud, Madagascar et Kenya), ont fait le déplacement dans notre île. Arrivés dimanche pour la plupart, ils ont commencé leur prise de contact dès lundi, lors d’un pique-nique dans la forêt de Mare-Longue, sur les coulées du volcan.
La journée de mardi était le premier temps fort de cette rencontre, avec un regroupement à l’université des botanistes réunionnais - amateurs ou professionnels, étudiants et chercheurs, acteurs de la conservation de notre biodiversité (Parc national, Conservatoire, Museum, ONF...) - et des chercheurs étrangers venus prêter main forte à l’identification de la flore des hépatiques et des anthocérotes des Mascareignes. Ce projet est porté par les docteurs Jacques Bardat, du Muséum National d’Histoire Naturelle et Claudine Ah-Peng, de l’Université de La Réunion. Celle-ci répond ici aux questions de Témoignages.
La famille de plantes sur laquelle vous travaillez est très riche à La Réunion. De quoi se compose-t-elle ?
- Les bryophytes regroupent ce qu’on appelle les mousses, les hépatiques et les anthocérotes. Elles ont traversé des millions d’années en gardant toujours les mêmes caractéristiques écologiques et biologiques, toujours similaires à ce qu’elles étaient à leur apparition. Elles se sont diversifiées, mais en restant, sur le plan morphologique, très similaires à ce qu’elles étaient. Donc, on peut se demander à quoi cela tient.
Leur biomasse, dans les forêts de montagne, joue un rôle important dans l’écosystème. Les manchons de bryophytes, sur les branches des arbres, servent d’habitat pour d’autres plantes comme les orchidées et pour d’autres micro invertébrés (microfaune), qui sont encore peu connus. Elles ont aussi un rôle important dans la circulation des éléments nutritifs.
Elles peuvent garder plus de 100 fois leur poids en eau : c’est le “château d’eau” de La Réunion.
Où les trouve-t-on ?
- Certaines zones sont plus riches que d’autres, notamment les forêts de haute montagne, où les conditions environnementales sont favorables aux bryophytes (forte humidité, température...). Elles sont largement distribuées dans le monde, aussi bien en basse altitude qu’en hautes montagnes, des terres arctiques jusqu’à l’Equateur. Selon les travaux d’un chercheur allemand (2001), on compte de 15.000 à 20.000 espèces de bryophytes dans le monde. On devrait les étudier plus, mais malheureusement le nombre d’experts est faible.
Qu’attendez-vous de cette première rencontre ?
- Cette rencontre fait suite à la thèse que j’ai soutenue en décembre 2007, sur la “Diversité, distribution et biogéographie des bryophytes sur les coulées de laves”. Puis, à partir de ce travail, avec mes deux directeurs - Dominique Strasberg et Jacques Bardat - nous avons initié un projet de "Flore des bryophytes" centré sur La Réunion, où ont été inventoriées 753 espèces de bryophytes dans des zones encore peu nombreuses. Au fur et à mesure, on s’est rendu compte que Maurice, Rodrigue et La Réunion (Mascareignes) partagent un grand nombre d’espèces. Madagascar, qui a 150 fois la taille de La Réunion, compte environ mille espèces. Donc nous avons ici un panel assez représentatif de la bryoflore de l’Océan Indien (Mascareignes). Et donc nous sommes maintenant sur un projet de bryoflore des Mascareignes. Mais il y a encore assez peu de zones inventoriées. Pour cela, nous avions besoin d’une aide internationale. Et nous avons cherché aussi à associer des chercheurs de la zone - qui n’ont pas souvent de contact avec les chercheurs européens et internationaux.
Comment vont se passer ces quinze jours ?
- Ce workshop comprend également des sessions de terrain. Nous allons récolter du matériel avec les autorisations du Parc National, de manière à enrichir les collections de l’Herbier universitaire. Il y aura des sessions de formation données par ces experts - sur la systématique, l’écologie, la biogéographie... selon leurs spécialités. A partir du matériel frais récemment récolté, nous allons pouvoir travailler sur ce genre et cette famille. Il y a un manque flagrant de connaissances sur ces petites plantes, pas seulement ici, mais dans l’ensemble des zones tropicales dans le monde. La Réunion, Madagascar et les îles de l’Océan Indien forment l’un des 25 hotspots de biodiversité, donc on a un besoin de connaissances.
Sur quel projet voulez-vous déboucher ?
Nous travaillons actuellement à un premier volume, bilingue anglais/français, sur la flore des hépatiques et des anthocérotes - deux des trois groupes qui composent les bryophytes. Nous avons près de 60% des clés d’identification des espèces. Nous avons organisé ce workshop pour que les experts puissent critiquer notre travail, y apporter leurs commentaires. Actuellement, au sein de la zone Océan Indien, on a très peu de flore. Une collègue a établi une flore préliminaire du Kenya. On a aussi une flore des bryophytes d’Afrique du Sud. Mais à part ces deux flores et celle d’Afrique de l’Ouest, nous n’avons aucun document pour encourager les étudiants et les amateurs à faire davantage d’observations sur ces organismes.
Un deuxième volume, à paraître plus tard, parlera de la flore des mousses. Nous pensons pouvoir finir le premier volume en 2010 et nous sommes à la recherche de financements.
Nous avons été très encouragés, dans ce projet, par les acteurs locaux - le Parc national, le Conservatoire botanique, l’Université...
Propos recueillis par P. David
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Messages
1er décembre 2014, 20:14, par BOUKHATEM Amel
Bonjour, je m’appelle BOUKHATEM Amel, j’ai 24 ans, je suis une Algérienne, je suis une doctorante en 2éme année d’inscription, je travaille sur les Mousses des Bryophytes dans le parc national d’el kala, je fais déjà un inventaire sur le sujet en Master, mais je suis la seul dans mon pays qui travaille sur ça, vraiment je suis très reconnaissante si m’aide.
j utilise très bien les langues français, anglais et espagnole, j ai une volonté de développer mes connaissances et de travaille avec des spécialistes dans le domaine.
j’espère de m’accepte ma demande et de me répandre.
cordialement
Mlle BOUKHATEM Amel