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29 septembre 2023, par

Comment un élève peut-il lancer des galets sur un de ses professeurs ? Ce fait dénote un grave problème d’éducation de la part des parents de cet élève qui ont pour conséquence de produire un enfant gâté, qui se croit tout permis car il n’a pas de limites. A La Réunion, les enfants gâtés sont nombreux, et les conséquences de cette éducation découlant de l’importation rapide du modèle occidental de consommation peuvent être dramatiques. C’est une explication possible à l’affaire de la sortie pédagogique d’une classe du lycée Lépervanche du Port. C’est l’illustration d’une société en crise, dans l’impasse plus de 70 ans après son intégration à la France suite à l’abolition du statut colonial. Il importe aux Réunionnais de se rassembler autour d’un projet pour sortir de cette impasse.
Un drame s’est produit hier lors d’une sortie pédagogique d’une classe du lycée Lépervanche au Port, encadrée par un enseignant en EPS. Ce dernier a plaqué un élève au sol et a fait preuve de violence à son encontre. Selon les éléments rendus publics, l’enseignant aurait reçu des cailloux dont un l’a frappé à la nuque. Il a ensuite donné des coups à un élève qui aurait ri. Un autre élève a filmé la scène sur son téléphone et l’a diffusée. Les images sont terribles, comment un enseignant peut-il faire usage d’une telle violence sur un jeune dont il a la responsabilité ?
A la lumière de ces éléments, rien ne permet de dire que l’élève violenté est celui qui a voulu blesser grièvement l’enseignant, voire le tuer, à coups de galets. La directrice du lycée craint que ces faits nuisent à la réputation de son établissement. Elle a pris une heure de son temps pour discuter avec la classe à son retour au lycée. L’enseignant sera sanctionné et les parents de l’élève frappé ont porté plainte.
Pour le moment, rien ne permet de dire si l’enseignant a porté plainte. Il dit avoir été frappé par un galet à la nuque, le coup qui aurait pu être mortel venait donc dans son dos et il semblait donc peu probable pour lui d’identifier l’auteur de l’agression. Les parents de l’agresseur peuvent dormir tranquille, il sera bien difficile pour eux de répondre de leurs actes. Car au final, la responsabilité de cette affaire découle de l’éducation reçue par l’agresseur de l’enseignant.
Si un élève peut se permettre de lancer des galets sur un enseignant, c’est qu’il a reçu une éducation faisant de lui un enfant gâté. Un enfant gâté ne supporte pas la contradiction, il se croit tout permis car ses parents lui disent toujours « oui » et ne s’opposent jamais à ses caprices. Par conséquent, l’enfant gâté ne peut pas être conscient qu’il existe des limites, il est l’enfant roi et il peut donc se permettre de jeter des galets sur un enseignant sans avoir l’idée de la gravité de ses actes.
Malheureusement, les enfants gâtés sont nombreux à La Réunion. C’est une des conséquences de l’intégration de La Réunion à la France et de l’importation rapide du modèle occidental de consommation. La Réunion est passée rapidement d’une société de pénurie à une société de surconsommation et de gaspillage marquée par le chômage de masse. Et à La Réunion où existent les mêmes aides sociales qu’en France, avoir un enfant est la garantie d’avoir un revenu pouvant permettre une indépendance financière vis à vis des parents… mais ces jeunes parents sont-ils vraiment prêts à l’être ?
Trop souvent, des enfants sont abandonnés à eux-mêmes. Pour être tranquilles, des parents les gavent de cadeaux : téléphones, consoles de jeu, motos… même si l’enfant refuse de travailler à l’école et insulte ses professeurs. Ainsi grandissent des enfants rois qui se croient tout permis car les parents n’ont pas posé les limites. Il est ensuite bien difficile de rectifier le tir. L’Éducation nationale ne peut pas remplacer les parents.
Voici deux, voire une génération, jeter un galet sur un professeur était inconcevable à La Réunion. Il n’était d’ailleurs pas rare que l’enfant soit sévèrement sermonné s’il n’avait pas de bons résultats à l’école… alors manquer de respect à un enseignant conduisait l’élève à être sûr d’avoir droit à une sévère punition de ses parents. Mais cette éducation n’est plus généralisée dans toutes les familles à La Réunion.
Ces faits illustrent l’impasse dans laquelle se trouve La Réunion, plus de 70 ans après son intégration à la France suite à l’abolition du statut colonial en 1946. Il importe aux Réunionnais de se rassembler autour d’un projet pour sortir de cette impasse. C’est le moyen le plus efficace de sortir par le haut de la crise, en responsabilité.
M.M.
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