L’après Gamède à l’école maternelle Les Bancouliers

Un seul employé communal pour un travail de titan

1er mars 2007

Hier matin, M. Hoarau, employé par la mairie à l’entretien technique et de l’espace vert de l’école maternelle Les Bancouliers, à Sainte-Clotilde, était à pied d’œuvre. Dès la levée de l’alerte rouge, il s’est remis à la tâche, entamée lundi afin de dégager au plus vite la cour des monceaux de branchages et de déchets verts, victimes de Gamède, nids à moustiques par excellence. Un travail de titan pour un seul homme, et une lourde responsabilité pour cet employé communal garant de la sécurité des enfants.

M. Hoarau n’est pas homme à rechigner à la tâche, ni même à compter ses heures, mais après 2 jours d’efforts intenses, les assauts de Gamède commençaient à peser sur les épaules de ce vaillant quinquagénaire. Après avoir accompli le gros œuvre lundi matin, sous une pluie battante, débité les branches d’arbres les plus imposantes échouées dans la cour, coupé celles qui menaçaient de tomber... il achevait, hier matin, de rassembler tous les encombrants verts à l’extérieur de l’enceinte, allers-retours incessants de brouettes surchargées. Des hordes de moustiques affamés sonnaient l’attaque, mais M. Hoarau, déjà atteint par le moustique, s’inquiétait davantage pour les enfants que pour lui-même.

Des fuites prévisibles

Pour ce maçon de profession qui a dû abandonner son métier en raison d’une colonne vertébrale capricieuse, conscience professionnelle et travail bien fait ont une grande importance. Depuis 5 ans, à chaque jour de classe, il commence son travail à 6 heures du matin pour être assuré que tout soit fonctionnel à l’arrivée des enfants, que leur sécurité soit entière. Connu des parents pour la qualité de son travail et sa sympathie, des plus petits pour ses jolies fleurs et sa bonne humeur, M. Hoarau est un élément majeur pour le bon fonctionnement de l’école. Hier matin encore, malgré l’ampleur de la tâche qui lui incombait, il gardait le sourire avec néanmoins l’impatience d’en finir. Au cas où la cloche de l’école aurait à nouveau retenti ce matin, il fallait que tout soit prêt. Heureusement que le Préfet en a décidé autrement, car dans l’une des classes de grande section, de grandes flaques d’eau saumâtre jonchaient le sol. M. Hoarau était assuré de cet incident. Depuis le début de l’année scolaire, la mairie promet d’engager des travaux dits provisoires pour pallier les fuites, mais rien n’a été entrepris en amont de la saison cyclonique. Après le dernier cambriolage, même les nacos des classes n’ont pas été changés, juste rafistolés. Du coup, les rafales de vent ont charrié des feuilles dans certaines classes. Gamède a détérioré un peu plus certains plafonds et murs extérieurs, qui respirent l’humidité : aubaine pour les acariens, mais pas pour l’allergie des bouts de chou. Au milieu de la cour, le grand pied de bois garde à son sommet des branches arrachées que M. Hoarau n’a pu encore retirer, faute de matériel. Là encore, voilà 5 ans que la mairie dit qu’elle va faire appel à une société privée pour s’occuper de ces gros œuvres, mais...
Pour M. Hoarau, il suffirait pourtant d’un camion et de quelques bras supplémentaires pour régler le problème. Faute de mieux, il devra aviser seul, une fois de plus, avant que les enfants ne réinvestissent la cour. « Si un accident devait arriver, c’est moi qui en porterais la responsabilité, constate M. Hoarau. Vous savez comment ça se passe, c’est plus facile d’accuser l’autre, surtout lorsqu’il est tout seul ». Jardinier, serrurier, électricien... pour 1.000 euros net par mois, M. Hoarau, comme beaucoup d’employés communaux, représente une main d’œuvre flexible et bon marché qui rend de précieux services à la communauté. Il en est conscient.

Stéphanie Longeras


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