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4 juin, parNos peines
Concours Zerbaz Péi
20 juin 2008, par

Il s’agit de la 5ème LCR du collège de la Ravine des Cabris. Ces élèves qui ont choisi de suivre un enseignement de la langue et culture créoles se sont distingués par la qualité de leur travail scientifique sur un élément du patrimoine réunionnais : les zerbaz.
La médiathèque de Saint-André s’est transformée en herbier depuis mercredi. Elle accueille, jusqu’au 28 juin, les meilleures planches réalisées par les classes de CM1, CM2 et de collège qui ont participé à la seconde édition du concours Zerbaz Péi. Une excellente initiative de l’Aplamedom (association pour les plantes aromatiques et médicinales de La Réunion) pour recenser l’état des connaissances et des pratiques traditionnelles actuelles en matière d’utilisation des tisanes, appelées aussi « zerbaz ».
Grâce à ce concours, les jeunes et les anciens sont amenés à travailler ensemble pour que resurgisse cette connaissance des plantes. Ce patrimoine culturel détenu surtout par les personnes âgées se transmet ainsi aux jeunes générations. Et pour l’Aplamedom, c’est l’occasion de valider les usages traditionnels pour que l’ensemble de la population en profite. Ce concours est également soutenu par le Rectorat, le Conservatoire botanique de Mascarins, l’Herbier universitaire de La Réunion, l’association Ilet 3 Salazes et l’association des Tisaneurs.
L’occasion d’un travail sur le créole
Les trois classes lauréates de cette seconde édition de Zerbaz Péi ainsi que les finalistes ont reçu leurs Prix mercredi dernier à la médiathèque de Saint-André. Des livres, des encyclopédies pour en apprendre encore plus sur les plantes. La classe de 5ème du collège de la Ravine des Cabris décroche cette année le premier Prix. Ce qui a fait la différence, selon l’éthno-botaniste Roger Lavergne, président du jury, c’est que « nous avons noté d’abord la qualité des planches de l’herbier et l’enquête ethnobotanique. Ces élèves étaient aussi capables de dessiner des silhouettes de certaines plantes médicinales, ce qui est assez remarquable ».
La particularité de cette classe est assez rare pour le souligner. Il s’agit d’une 5ème LCR, c’est-à-dire de Langue et Culture Régionale. La langue et la culture créoles y ont leur place à raison d’une heure d’enseignement par semaine. « C’est une expérience menée depuis 3 ans au collège de la Ravine des Cabris avec des élèves volontaires », précise Gilles Sorres, l’enseignant en charge de cette option. Le concours Zerbaz Péi s’est donc parfaitement intégré à cet enseignement. Autour des plantes, Gilles Sorres a pu entreprendre un travail linguistique sur les noms créoles, les maladies, les histoires de Tikok.
Les parents apportent le savoir
Pour ce concours, chaque élève a dû enquêter auprès de sa famille ou d’une personne de son entourage qui connaît les plantes médicinales. Il choisit une plante et remplit un questionnaire avec l’aide de la personne. Il réalise ensuite la planche d’herbier pour identifier la plante. Dix planches sont sélectionnées par classe et présentées au jury. Pour Gilles Sorres, ce concours a permis aussi de ramener les parents vers l’école. « Ils n’ont pas hésité à venir préparer les remèdes. Pour une fois, ce sont les parents qui apportaient le savoir », affirme l’enseignant.
Les deux autres lauréats sont des classes de Mafate. L’école primaire des Orangers, qui avait obtenu le premier Prix l’année dernière, est seconde du concours. L’école de Roche-Plate obtient la troisième place. Mais les élèves de Mafate se distinguent à chaque fois pour la qualité du travail réalisé. Depuis la première édition de Zerbaz Péi, 150 classes y ont participé et 600 planches d’herbier ont été réalisées pour renseigner sur 132 plantes médicinales de La Réunion.
Un espoir de transmission pour les tisaneurs
Pour l’association des Tisaneurs de La Réunion, invitée pour la première fois à participer à Zerbaz Péi, ce type de concours suscite l’espoir. Pourquoi les tisaneurs ne deviendraient-ils pas des formateurs, pour transmettre ce savoir-faire et susciter des vocations ? Daniel Tibère, président de l’association, et sa femme Judith détiennent ces savoirs de leurs ancêtres. Ils continuent aujourd’hui à explorer les propriétés des plantes. « Au moins les jeunes apprennent que les médicaments sont faits avec les plantes et découvrent l’intérêt de protéger et valoriser la nature et non le braconnage. L’avenir de la tisane est lié au développement durable », affirme Daniel Tibère.
Les éditions Azalées, très attachées à la valorisation du patrimoine culturel réunionnais, étaient également représentées à la remise des Prix. Christian Vittori prépare la publication des 2èmes tomes des “Plantes médicinales à l’île de La Réunion” de Marc Rivière et des “Cent plantes endémiques et indigènes de La Réunion” de Raymond Lucas. Un ouvrage sur le géranium rosat est en préparation.
Edith Poulbassia
Mafate et la Ravine des Cabris lauréats
Le jury, présidé par le botaniste Roger Lavergne, s’est réuni le 20 mai 2008 à l’Herbier Universitaire de La Réunion pour la notation des travaux du concours Zerbaz Péi.
Six classes finalistes ont été sélectionnées :
1) Classe de Mme Maryse Calimoutouonien, Ecole primaire de Roche-Plate, Cirque de Mafate.
2) Classe de Mme Sabine Munos, Ecole primaire des Orangers, Cirque de Mafate.
3) Classe de CM1 de Mme Rémion Françoise, Ecole élémentaire de Bois de Nèfles Sainte-Clotilde.
4) Classe 601 de Mrs Hoareau, Tappa, Houssik, Collège Joseph Bédier de Saint-André.
5) Classe 502 de Mme Payet Audrey, Collège Mille Roches de Saint-André.
6) Classe de 5ème LCR de M. Gilles Sorres, Collège de La Ravine des Cabris.
Parmi ces finalistes, 3 classes ont été primées :
- 1er Prix :
Classe de 5ème LCR de M. Gilles Sorres, Collège de La Ravine des Cabris.
- 2ème Prix :
Classe de Mme Sabine Munos, Ecole primaire des Orangers, Cirque de Mafate.
- 3ème Prix :
Classe de Mme Maryse Calimoutouonien, Ecole primaire de Roche-Plate, Cirque de Mafate.
Les plantes les plus citées
Les élèves ont réalisé plus de 600 planches d’herbier depuis la première édition du concours Zerbaz Péi. Ce sont ainsi plus de 132 plantes médicinales qui sont recensées. Certaines bien connues, d’autres beaucoup moins.
Les plantes les plus citées l’année dernière sont : l’ayapana, le cœur de cerise, le romarin, la citronnelle, l’anis, la cannelle, la rose amère, la verveine-citronnelle, la camomille, l’aloes et la marjolaine, l’herbe à bouc, le géranium.
L’exposition de planches à la médiathèque de Saint-André jusqu’au 28 juin permet de découvrir ces plantes et bien d’autres : caféier, ti cannelle, chiendent, capillaire, ti tamarin blanc...
EP
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Messages
20 juin 2008, 17:53, par Philippe Técher
Bravo. Et dire que le Sénat ne veut pas reconnaître les langues régionales (ou les langues maternelles. Ce qui est encore plus inquiétant c’est le nombre de parents réunionnais qui ne veulent pas que leurs enfants parlent le créol, c’est fou alors qu’on nous parle tant d’identité régionale,et de notre patrimoine régional.
21 juin 2008, 18:16, par papada
Il faut ankouraje les jeunes a pale kreyòl. C’est une trè bèl lang.