Obsèques de Pierre Thiébault : un départ en chantant
4 juin, parNos peines
28 août 2007, par

Hier matin, à l’occasion d’une conférence de presse, le Président de l’association de parents d’élèves PEEP de Saint-Pierre, Patrick Picardo, a tenu à souligner un problème récurrent à chaque rentrée scolaire : le manque de places dans bon nombre de filières professionnelles.
Une semaine après la rentrée des classes, beaucoup d’élèves sont encore sur le carreau et attendent avec impatience la dernière Commission d’affectation qui se tiendra le 31 août prochain. Ils sauront enfin s’ils sont acceptés dans la section demandée, sinon c’est le début de la galère.
Alice, 15 ans et demi, sort d’une classe de 3ème insertion au lycée de la Ravine des Cabris. Tout au long de l’année scolaire, elle a été une élève exemplaire, fournissant les efforts demandés. Elle obtient donc une moyenne annuelle de 14,6 avec les tableaux d’honneur et une bonne appréciation de son Conseil de classe, « Satisfaisant, Alice a fourni de gros efforts ».
C’est donc avec confiance qu’elle remplit les dossiers d’orientation en fin d’année scolaire, l’année dernière.
Alice souhaite travailler avec les enfants ou dans le secteur social, on lui demande d’effectuer 3 vœux. Elle choisit donc CAP Petite Enfance, puis en second vœu, Assistante technico-familiale, enfin, et vraiment par défaut, BEP Vente.
Une lettre du Rectorat lui annonce par la suite qu’il n’y a pas de place pour elle dans aucune des filières demandées. « Alors que j’ai eu une copine qui a eu une plus mauvaise moyenne et qui a été retenue pour Assistante technico-familiale », dit Alice.
On peut donc se poser la question : comment une élève avec une moyenne de 14,6 peut être refusée dans ces filières ? D’ailleurs, Patrick Picardo insiste sur la nécessité de donner des informations aux parents et aux enfants concernant les critères de sélection de ces formations.
Suite à ces mauvaises nouvelles, Alice ne se décourage pas et décide de rencontrer une conseillère d’orientation. À l’issue de l’entretien, la jeune fille doit encore faire 2 vœux, et en accord avec la conseillère d’orientation, qui dépend aussi du Rectorat, elle choisit encore une fois Assistante technico-familiale et en second vœu, BEP Comptabilité, choix effectué là aussi par dépit.
Et pour l’instant, Alice attend donc la Commission d’affectation qui se tiendra vendredi et reste déterminée : « Je veux travailler avec les enfants ou dans le social, mais je n’ai pas envie de me casser la tête avec des maths. Je n’accepterai pas d’aller en comptabilité, je préfèrerai encore redoubler, mais le Principal ne veut pas du redoublement, il dit que j’irai à la Mission Locale », conclut la jeune fille.
Choisir en fonction de ce qu’on aime et non en fonction des places
Ce cas n’est malheureusement pas isolé, combien d’élèves se retrouvent dans cette situation où le souhait et l’avenir de l’enfant ne sont pas pris en considération ?
« Nos enfants sont gérés comme des chiffres. On vous met là où il y a un trou », souligne le président de la PEEP de Saint-Pierre, qui a contacté le recteur concernant le cas d’Alice. « Il y aura bien une place quelque part, et au pire, elle redoublera, m’a répondu le recteur, et c’est inadmissible », insiste Patrick Picardo. D’ailleurs, le Principal du collège de la Ravine des Cabris, où était scolarisée Alice, a d’ores et déjà refusé le redoublement de l’élève. Et on peut aisément le comprendre avec une moyenne annuelle de 14,6.
C’est ainsi que bon nombre de jeunes se retrouvent à ne rien faire à 17-18 ans.
À 15 ans, en fin de classe de 3ème, on vous “balance” dans une section secrétariat ou comptabilité, où il n’y a aucun débouché. Sans aucune motivation, les jeunes se découragent bien vite de faire quelque chose qui ne les intéressent pas. Au bout de cette année scolaire, si l’élève arrive jusqu’au bout, il a 16 ans, et dès lors, l’école n’est plus obligatoire.
C’est un scénario devenu classique, et beaucoup n’ont plus le courage, ni la force de se battre après 2 ou 3 refus pour obtenir une place dans la filière désirée.
Or, pour le président de la PEEP de Saint-Pierre, c’est une situation inacceptable. « Il faut revenir à la base, nos enfants doivent choisir en fonction de ce qu’ils aiment et non en fonction des places disponibles. Il faudrait revoir la carte de proposition de formation que propose l’Éducation nationale ».
Il est plus que jamais nécessaire d’ouvrir des formations où il y a des demandes et des besoins, notamment dans la santé, le social, la restauration, etc... et arrêter d’envoyer nos enfants dans des filières complètement obsolètes.
Il serait donc légitime de se demander quel est le rôle de l’école aujourd’hui.
L’école ne serait-elle plus un outil nous permettant d’acquérir des connaissances nécessaires pour ensuite entrer dans la vie active ?
Sophie Périabe
Nos peines
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