Obsèques de Pierre Thiébault : un départ en chantant
4 juin, parNos peines
Bonne rentrée à tous les élèves de La Réunion
17 août 2004

Même si pour l’heure, attente et observation prédominent chez les acteurs du système éducatif réunionnais, ’déficit’ et ’rattrapage’ sont dans toutes les bouches. Cette rentrée souffre des mêmes problèmes que les précédentes, si ce n’est que le désengagement de l’État dans sa mission régalienne d’éducation - via sa décentralisation -, menace l’avenir de l’enseignement à La Réunion.
Des élèves en BTS qui restent aux portes des lycées, certaines filières trop éloignées géographiquement de la cellule familiale, des frais de rentrée scolaire de plus en plus lourds : pour le président de la Fédération des conseils de parents d’élèves (FCPE) Hervé Lauret, "la rentrée va se faire dans les conditions que tout le monde connaît".
Selon lui, les collectivités font de leur mieux pour répondre aux besoins en établissements, mais "nous sommes très inquiets du manque de place dans les lycées professionnels. Le Recteur essaie de caser les élèves, mais beaucoup d’entre eux ne trouveront pas de place et seront, à 16 ans, hors circuit. Comment vouloir lutter contre la violence et dans le même temps laisser des jeunes sur le carreau" ?
Qui dit rentrée, dit achats et pour ce parent d’élève, "le coût devient de plus en plus élevé pour la famille". Si l’Allocation de rentrée scolaire (ARS) est une bonne chose, elle ne tient cependant pas compte des frais qui viennent se greffer tout au long de l’année et qui pèsent fortement sur le budget des familles. Les parents des élèves de maternelle quant à eux ne perçoivent pas l’ARS et doivent dans le même temps, subir une baisse de leurs allocations prévue par le gouvernement.
L’aide régionale pour l’achat des manuels scolaires des lycéens est une bonne chose pour Hervé Lauret, cependant "c’est à l’État de prendre en charge la totale gratuité des livres scolaires et c’est un point sur lequel la FCPE se bat".
Enfin, la spécificité réunionnaise nécessite un rééquilibrage des moyens et donc un financement supplémentaire : "Les aura-t-on ? Est-ce que le gouvernement actuel va suivre" ? Des interrogations d’un enjeu crucial demeurent et méritent toute l’attention des acteurs du système éducatif, des parents et des élus.
Du coté de la Fédération des parents d’élèves de l’enseignement public (PEEP), on souhaite une rentrée sereine. "Nous défendons avant tout l’intérêt des parents et attendons du système éducatif qu’il propose à nos enfants le meilleur pour leur avenir", nous confie sa présidente, Agnès Kholer.
Impatience de rencontrer sa classe, ses professeurs, de connaître son programme : "la rentrée est un moment important dans la scolarité de nos enfants", souligne encore Agnès Kholer, qui focalise toute son attention sur ce moment clé. Elle attend les orientations nationales issues du grand débat sur l’école et contenues dans le rapport de Claude Thélot, pour se faire une idée sur l’avenir de l’école à La Réunion.
Ce condensé de toutes les réunions de travail des acteurs du monde éducatif, qu’il s’agisse des régions françaises ou des DOM, offrira d’ici 2005 les bases d’une nouvelle loi sur l’école. "L’essentiel est que la rentrée se passe bien. Il nous appartiendra d’intervenir si des problèmes se présentent".
Dans le passé, la PEEP s’est déjà mobilisée en faveur de la petite enfance à travers son action "Touche pas à la maternelle". En effet, le manque de structures d’accueil et d’enseignement pour les plus petits est un enjeu majeur au vu de la courbe démographique réunionnaise. "La maternelle est une étape importante dans la vie de nos enfants, et l’on espère bien sur qu’il y aura un jour plein d’écoles pour eux".
Du primaire au secondaire, un rééquilibrage s’impose, et l’enseignement supérieur n’est pas épargné, comme le souligne Lionel Leduc, syndicaliste et professeur à l’université. Au-delà du transfert des TOS qui "va empoisonner la rentrée", rien de nouveau à signaler pour 2004 ; toujours les mêmes problématiques que les années antérieures : déficit de recrutements, problèmes de sous-encadrement, départs à la retraite non remplacés.
Les 10 postes promis dans le secteur de la recherche ne sont toujours pas rendus, ce qui génère un recours aux professeurs extérieurs à l’Université. Le manque de personnel administratif contraint les enseignants à gérer eux-mêmes l’insertion de ces recrues, conduisant à un surcoût de travail au détriment de leur propre mission et d’un suivi pédagogique cohérent et efficace. "On fait des heures supplémentaires au détriment de la recherche", déplore Lionel Leduc qui estime que "tous ces problèmes ne sont toujours pas réglés pour cette année".
Enfin, un autre problème récurrent et qui ne sera pas résolu pour cette rentrée, concerne la scolarisation des adultes et enfants handicapés. Comme beaucoup des acteurs du système éducatif, Graziella Leveneur, enseignante et conseillère générale, attend d’avoir mis le pied en classe, de faire sa rentrée, pour évaluer concrètement les perspectives de cette nouvelle année scolaire.
Cependant, il lui tient à cœur de rappeler que "cette rentrée de l’Éducation nationale est l’occasion de poser le problème de ceux qui n’ont pas de rentrée et qui voudraient et devraient en bénéficier". Avec une estimation de 1.532 adultes et enfants handicapés en attente d’une place, soit au sein de l’Éducation nationale grâce au soutien d’un AVS (Auxiliaire de vie scolaire), soit dans un centre spécialisé, Graziella Leveneur estime que "eux-aussi ont le droit à l’éducation, mais en 2004, l’Éducation nationale ne prend toujours pas en compte les déficients, laissés complètement à la charge de leurs parents". Elle souligne enfin qu’avec la décentralisation, les CAT (Centre d’action par le travail) seront désormais à la charge du Conseil général "qui ne s’en sort déjà pas".
Estéfany
Quelques chiffres
Les enseignants font leur prérentrée aujourd’hui. Les élèves du primaire commenceront les cours jeudi. La rentrée en collège et lycée se fait de manière échelonnée à partir de mercredi.
En tout La Réunion compte 239.900 élèves dont 11.000 étudiants qui feront leur rentrée en septembre.
Nos peines
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