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21 août 2019, par

L’idée de vouloir intégrer l’histoire de La Réunion à l’histoire de France dans l’enseignement à La Réunion pose question. Pourquoi ne pas en effet enseigner l’histoire de La Réunion dans les classes ? Ceci permettra aux élèves de mieux savoir d’où ils viennent et donc de donner plus facilement un sens à leurs engagements futurs.
Le JIR d’hier est revenu sur la fameuse réunion où le recteur s’était fait remarqué par sa réaction courroucée parce qu’une personne s’était exprimée en créole lors d’une réunion sur le créole à l’école.
Notre confrère donne la parole au recteur qui précise une autre question à l’ordre du jour de ce « groupe académique » : « comment l’histoire ultramarine, comment l’histoire de La Réunion va intégrer l’histoire de France ».
Les mots ont leur importance, ils montrent souvent l’idéologie qu’elle sous-tend. Cette idéologie est celle qui domine la direction du système éducatif à La Réunion, et c’est elle que le ministre est venu réaffirmé lors de sa visite dans notre île ces deux derniers jours. Le terme « ultramarine » prête à sourire. Chacun connaît la couleur bleu marine mais quel est donc ce néologisme pour dénommer les habitants des anciennes colonies intégrées à la République ?
Au-delà de cette création, il y a lieu de s’interroger sur l’idée d’intégrer l’histoire de La Réunion dans l’histoire de France. Si un recteur avait dit le contraire, « comment l’histoire de France va intégrer l’histoire de La Réunion », sans doute aurait-il dû affronter une levée de boucliers qui aurait dit : de quel droit réduisez-vous la France à une sous-partie de La Réunion ? L’inverse doit aussi alors être vrai, car de quel droit peut-on considérer que c’est à l’histoire de La Réunion de s’intégrer à l’histoire de France ? Imagine-t-on en effet, dans un pays décolonisé, enseigner l’histoire du pays intégrée à l’histoire de son ancienne puissance coloniale ?
N’est-il pas plus juste de dire que deux peuples différents ont des histoires différentes qui ont autant de valeur les unes que les autres ? Si ce principe fondamental était respecté, alors cela voudrait dire que dans les écoles de La Réunion, c’est l’histoire de La Réunion et pas l’histoire de France qui devrait être enseignée. Si c’était le cas, cela ne pourrait que favoriser chez les Réunionnais la prise de conscience qu’ils peuvent être fiers d’être un peuple unique au monde, ayant le droit au même respect que n’importe quel autre peuple de la planète.
Mais dans le régime néocolonial qui domine à La Réunion, l’objectif de l’école est-il de favoriser l’éveil de cette conscience ?
M.M.
Nos peines
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