Pétrole : plus de 100 dollars le baril

Amplifier la bataille pour l’autosuffisance énergétique

4 janvier 2008, par Manuel Marchal

Le franchissement de la barre des 100 dollars pour un baril de pétrole ne restera sans doute qu’un record bien provisoire. Pour La Réunion, il est essentiel de lutter pour sortir de sa dépendance à une énergie qui contribue à la vie chère.

« Les réserves pétrolières deviennent de plus en plus rares, et cela continuera à entraîner les prix vers le haut », a déclaré au "Berliner Zeitung" Claudia Kemfert, experte en énergie à l’Institut allemand de recherche en économie (DIW). « Dans cinq ans, le prix du baril de pétrole à 150 dollars est probable, de même que dans 10 ans un prix de 200 dollars ».
Pour la représentante du DIW, la hausse récente est toutefois provoquée pour une bonne part de la spéculation. Elle évalue cette dernière à 20% de l’augmentation. « Une détente dans les prix du pétrole n’est pas à attendre au cours de la prochaine semaine », poursuit-elle, « à court terme, je compte même plutôt sur une poursuite de la hausse jusqu’à 105 dollars ».
Des craintes sur l’approvisionnement pendant la saison hivernale de l’hémisphère Nord, suscitée notamment par la situation politique au Nigeria, huitième exportateur mondial de pétrole, ainsi que le niveau des stocks sont les éléments conjoncturels qui expliquent le prix actuel.
Mais comme le souligne l’experte du DIW, les raisons de la hausse sont avant tout structurelles.

Tendance structurelle à la hausse

Elles tiennent tout d’abord aux incertitudes sur la quantité des ressources. Car il sera toujours plus difficile de concilier une croissance toujours plus importante de la demande et la gestion d’une ressource par nature limitée. D’autant plus que la capacité de production des plus importants pays exportateurs de pétrole atteint ses limites. Cela attise les convoitises sur la possession des réserves. D’où la prise de contrôle des puits de pétrole irakiens par les militaires américains.
Un autre facteur est celui de l’instabilité politique dans les régions qui approvisionnent les pays industrialisés. Ce sont les inquiétudes concernant le Nigeria qui alimentent le pic actuel. Mais à plus long terme, la guerre au Moyen Orient alimente une "prime de risque" qui se répercute sur le prix du baril.
Enfin, le facteur spéculatif renchérit encore le prix. Les acteurs du marché du pétrole tiennent compte de la baisse du niveau des stocks, et sur des températures plus basses que la normale saisonnière aux Etats-Unis pour tirer les cours vers le haut. Si pour le moment, l’appréciation de l’euro par rapport au dollar permet de limiter l’impact de l’augmentation, un renversement de tendance pourrait alors brutalement aggraver les conséquences de cette situation.

Construire le développement durable

Pour La Réunion, ces hausses successives auront des répercussions sur le coût de la vie. En effet, toutes les marchandises sont transportées par des véhicules automobiles. Quant aux produits importés, ils arrivent soit par bateau, soit par avion.
A l’heure où les records historiques atteints par les cours du pétrole ne sont qu’une étape vers une hausse continue, il est important de mettre en œuvre des stratégies visant à diminuer la dépendance du pays envers cette énergie importée.
Cela signifie tout d’abord amplifier la bataille pour atteindre l’autosuffisance énergétique afin que le développement du pays ne soit pas entravé par la dérive des cours du pétrole sur lesquels La Réunion ne peut pas influer.
Cela veut dire également réduire la facture énergétique globale en privilégiant des modes de déplacements plus économes. La mise en service du tram-train dans moins de six ans marquera en ce sens une étape significative.
Ces deux projets sont porteurs d’espoir non seulement pour La Réunion, mais également pour tous les petits pays insulaires qui doivent faire face au même défi : construire le développement durable.

Manuel Marchal

Energies renouvelables

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Messages

  • Le pétrole : 100 dollars et demain ?
    Quelle alternative ? En plus du tram-train, peut-être la voiture à air comprimé ?
    Faut-il attendre que les réserves soient épuisées ?

  • depuis 1986 le BRGM a mis en évidence à salazie un potentiel geothermique exploitable sur roches seches avec le forage SLZ-1. A la fin du mois de fevrier l’usine metropolitaine de soultz produira ses premiers MW avec une technique qui est donc operationnelle
    la reunion ne peut ne permettre le luxe de se passer de cette opportunité et doit mettre en oeuvre ses efforts pour y parvenir au lieu d’aller saboter le site de la plaine des sables.


Témoignages - 82e année


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