Paul Vergès : 2016-2026
4 septembre, parLe 5 septembre, rendez-vous au Parc Boisé du Port
Le monde a changé
4 septembre

La Chine vient de franchir un cap historique dans sa transition énergétique. À la fin juillet 2026, sa puissance photovoltaïque installée a atteint 1,286 milliard de kilowatts, dépassant pour la première fois celle du charbon. Au-delà du symbole, ce basculement illustre le rôle croissant de la première puissance industrielle mondiale dans la transformation du système énergétique et dans la lutte contre le dérèglement climatique.
Le chiffre est considérable : 1 286 gigawatts de solaire désormais installés en Chine. Ils se répartissent entre 704 GW de grandes centrales photovoltaïques et 582 GW de production distribuée, notamment sur les bâtiments. Cette progression traduit une accélération spectaculaire du recours aux énergies renouvelables.
La Chine reste pourtant fortement dépendante du charbon. Le dépassement concerne la capacité installée, et non encore la production effective d’électricité. Mais le signal envoyé au monde est majeur : le pays qui est aussi le premier consommateur de charbon dispose désormais d’une capacité solaire supérieure à celle de ses centrales charbon.
Cette évolution s’inscrit dans une stratégie beaucoup plus large. Le nouveau plan quinquennal chinois pour les énergies renouvelables prévoit qu’en 2030, la capacité totale de production renouvelable atteindra environ 3 500 GW, avec une production annuelle proche de 6 000 milliards de kWh. L’éolien et le solaire devraient à eux seuls dépasser 2 800 GW de capacité et produire plus de 4 000 milliards de kWh par an.
L’enjeu climatique est considérable. Remplacer progressivement les combustibles fossiles par des sources renouvelables permet de réduire les émissions liées à la production électrique. La Chine s’est engagée à atteindre son pic d’émissions de CO₂ avant 2030 et la neutralité carbone avant 2060. Selon Xinhua, l’intensité carbone de son économie avait déjà diminué de 50,9 % entre 2005 et 2021.
La contribution chinoise ne se limite cependant pas à son propre territoire. Le pays occupe une position dominante dans la fabrication des équipements nécessaires à la transition énergétique. Il produit notamment une très grande partie des modules photovoltaïques mondiaux. La baisse des coûts résultant de cette production industrielle massive facilite l’installation du solaire dans de nombreux pays.
La Chine investit également dans ce qui constitue l’un des grands défis des renouvelables : leur intermittence. Stockage de l’électricité, réseaux à très haute tension, hydrogène vert, solaire thermique et nouvelles infrastructures énergétiques font partie de la stratégie engagée. Le plan 2026-2030 prévoit notamment 160 GW de stockage hydraulique par pompage.
Cette dynamique montre qu’une véritable transition énergétique ne consiste pas simplement à remplacer une centrale par des panneaux solaires. Elle nécessite une transformation complète du système : production, stockage, transport, industrie et consommation.
Pour les territoires insulaires comme La Réunion, le message est particulièrement important. La Chine démontre qu’une politique climatique peut aussi devenir une politique d’indépendance énergétique et de développement industriel. Alors que le dérèglement climatique impose de réduire rapidement les émissions mondiales, l’expérience chinoise montre qu’il est possible d’accélérer massivement le déploiement des énergies renouvelables tout en développant les technologies permettant leur intégration au réseau.
Le solaire ne représente donc plus seulement une alternative au charbon : il devient progressivement l’un des piliers du nouveau système énergétique mondial.
Le 5 septembre, rendez-vous au Parc Boisé du Port
In kozman pou la rout
Le monde a changé, et La Réunion ?
Bilan climatique de Météo France
Confédération nationale du logement
Le monde a changé
180 litres d’eau par jour par personne : droit dans le mur
Recrutement de travailleurs des pays voisins pour couper la canne pendant plusieurs mois
Protection bénéficiant à un pilier du néocolonialisme français à La Réunion
Une catastrophe se prépare dans l’indifférence
Rapport de l’Inspection générale des finances
IBL-Caillé : l’alliance du géant mauricien et du nain réunionnais ?