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Illustration du système néocolonial
3 avril, par

Selon Le Bilan Énergétique de La Réunion 2024 — Édition 2025, 88 % de l’énergie consommée sur l’île est importée. Ce système, hérité d’une logique néocoloniale, impose un mode de consommation qui enrichit des groupes extérieurs tandis que les Réunionnais subissent la hausse des prix des carburants (+60 % pour le gazole hors taxe). Pourtant, La Réunion dispose d’abondantes ressources renouvelables : soleil, alizés, géothermie, énergie thermique marine. L’autonomie énergétique est possible mais combattue par ceux qui profitent du système néocolonial.
Selon Le Bilan Énergétique de La Réunion 2024 — Édition 2025, notre île demeure massivement dépendante des importations pour satisfaire ses besoins énergétiques. Les chiffres sont sans appel : sur 1 484,9 Ktep (milliers de tonnes équivalent pétrole — unité de mesure de l’énergie) consommés, 1 302,5 Ktep proviennent de l’extérieur. 88 % de notre énergie dépend donc des marchés internationaux. Cette situation n’est pas le fruit du hasard : elle résulte de l’importation, par un système néocolonial, d’un mode de consommation énergétique conçu ailleurs et profitable avant tout à de grands groupes extérieurs.
Les énergies fossiles concentrent l’essentiel de cette dépendance. Essence (147,9 Ktep), gazole (438,9 Ktep), fioul lourd (215,2 Ktep), carburéacteur (22,7 Ktep), gaz butane (231,7 Ktep), gaz naturel (245,9 Ktep), sans oublier la houille (14,4 Ktep) et les Pellets de bois (36,0 Ktep), bioéthanol (24,4 Ktep), huiles usagées (6,1 Ktep), biodiesel (2,3 Ktep) : tout ou presque est importé. Ce modèle énergétique alimente les profits de multinationales comme EDF, Albioma ou Total, tandis que les Réunionnais en supportent les coûts.
L’augmentation abusive des prix des carburants en est la démonstration. Plus de 60 % de hausse pour le gazole hors taxe : cette flambée frappe directement les travailleurs, les familles, les transporteurs. Chaque variation des cours internationaux se répercute sur le coût de la vie. La dépendance structurelle organisée par ce système empêche toute maîtrise locale des prix et bloque l’émergence d’une véritable autonomie énergétique.
Pourtant, La Réunion dispose d’atouts exceptionnels. Le soleil, abondant toute l’année, offre un potentiel photovoltaïque considérable. L’énergie thermique des mers représente une ressource abondante our la production continue d’électricité. La géothermie demeure inexploitée. Les alizés constituent une richesse éolienne naturelle. La biomasse, à travers la bagasse (60 Ktep), prouve que des solutions locales existent déjà.
Aujourd’hui, la production locale atteint 168,1 Ktepavec notamment bagasse(60, Ktep), solaire photovoltaïque (35,9 Ktep), autoconsommation photovoltaïque (3,0 Ktep). Ce socle reste cependant marginal face aux 1 302,5 Ktep importés.
Ce système maintient La Réunion dans une logique de consommation importée, où les décisions stratégiques et les bénéfices majeurs échappent au territoire. Il freine le développement massif des filières locales et retarde la transition énergétique dont notre île a pourtant les moyens naturels.
L’autonomie énergétique n’est pas un slogan, c’est une nécessité. Accélérer le déploiement du solaire, investir dans l’énergie thermique marine, développer la géothermie, renforcer l’éolien adapté aux alizés, soutenir le stockage et l’autoconsommation : voilà des choix structurants pour que la richesse énergétique produite ici profite enfin aux Réunionnais.
La question est claire : continuer à enrichir des groupes extérieurs en important toujours plus d’énergie, ou construire un modèle fondé sur nos ressources et notre souveraineté ? L’avenir énergétique de La Réunion ne peut plus être décidé ailleurs.
M.M.
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Messages
3 avril, 23:58, par Arthur
Sans vouloir être trop critique, quand on lit "90%" d’énergie importé à la Réunion, cela me parait beaucoup car enfin, on utilise le soleil, aussi bien pour chauffer de l’’eau que pour produire de l’énergie électrique directement sans transformation qui en fait toujours perdre un % au passage, c’est physique. On pourrait même affirmer que l’on n’en a jamais produit autant ! . Ceci étant, même si on ne pouvait faire que la moitié des besoins qui ne vont qu’augmenter entre la population, le confort, les climatiseurs, les véhicules électriques etc, ce serait déjà très bien, ça d’économiser et autant de pollution en moins. Sans oublier le futur train, qui reliera les communes de Ste Rose à St Joseph, ainsi que les tramways, les téléphériques qui utiliseront l’énergie sous cette forme, la circulation d’électrons ! Bon WE zot tout encore, Arthur.