Un triple anniversaire de portée mondiale
18 juillet, par4 septembre 1996, 4 novembre 2016 et 12 novembre 2016
Risques de blocage de La Réunion : hausse de 64% du prix hors taxes du gazole
31 mars, par

En France, des patrons transporteurs font rouler leurs salariés au pas pour réclamer plus d’argent public face à la hausse des prix des carburants. Des patrons risquent d’importer ce genre de trouble à l’ordre public dans notre pays. À Paris comme à La Réunion, des patrons dénoncent des aides jugées insuffisantes pour faire face à la hausse des profits des compagnies pétrolières. Mais pendant que les actionnaires veulent préserver leurs marges, ce sont les travailleurs et les familles qui paient l’addition. L’urgence n’est pas de subventionner les profits, mais de protéger le pouvoir d’achat et d’engager la rupture avec un modèle dépendant et injuste.
Hier en France, des cars ont volontairement ralenti la circulation sur le périphérique parisien. Objectif : mettre la pression sur l’État pour obtenir davantage d’aides publiques face à l’augmentation des prix des carburants. L’action était annoncée. Les transporteurs de marchandises et de passagers estiment que les dispositifs dévoilés par le gouvernement ne suffisent pas à compenser la flambée des coûts.
Le ministre des Transports a laissé entendre que ces aides pourraient être reconduites « si la situation perdure ». Le ministre du Travail s’est dit prêt à activer des mesures de chômage partiel pour les entreprises confrontées à une baisse brutale d’activité. Une enveloppe de 70 millions d’euros a été avancée pour soutenir les secteurs les plus touchés. Insuffisant, répondent les représentants patronaux, qui soulignent la hausse simultanée des carburants, des engrais et des matières premières.
Mais une question demeure : qui doit payer la facture ? Les chefs d’entreprise réclament un soutien accru de l’argent public pour préserver leurs marges et maintenir leur compétitivité. Or cet argent public provient des contribuables, des salariés, des retraités, des jeunes en formation, des chômeurs qui consomment. Pendant que les grands groupes défendent leurs intérêts, les victimes du système subissent eux aussi de plein fouet l’augmentation des prix à la pompe et dans les rayons.
À La Réunion, la situation est encore plus explosive. À partir de demain, les prix maximums de vente des carburants fixés par l’Etat augmenteront fortement, à la demande des compagnies pétrolières. Celles-ci invoquent les tensions internationales pour justifier ces hausses. Mais derrière les discours de crise, une réalité s’impose : profiter de la situation pour augmenter les profits des actionnaires.
Dans une économie ultradépendante du transport routier, chaque hausse du carburant se répercute sur l’ensemble des produits. Alimentation, matériaux, biens de consommation : tout augmente. Ce sont les familles populaires qui voient leur budget se réduire, contraintes de choisir entre se déplacer, se nourrir correctement ou régler leurs factures.
Face à ce choc annoncé, le Parti Communiste Réunionnais (PCR) a mené une action de mobilisation pour alerter la population. Dans un tract diffusé dans la capitale, il appelle les 24 maires ainsi que les présidents de la Région et du Département à se réunir d’urgence afin de prendre des mesures capables d’amortir l’impact des hausses. La question posée est simple : les élus, fraîchement investis par le suffrage populaire, seront-ils au rendez-vous des responsabilités ?
Nous sommes en effet dans un cas d’école. Les citoyens ont voté pour que leurs représentants défendent leurs intérêts. L’heure n’est pas aux déclarations prudentes ni aux renvois de responsabilité. Il s’agit de protéger le pouvoir d’achat, de réguler les marges abusives, de contrôler les prix et d’engager enfin une politique de développement moins dépendante des importations et des énergies fossiles.
Subventionner sans condition ne résout rien. Ce qu’il faut, c’est un changement de cap : transparence sur les coûts, encadrement des profits, soutien ciblé aux travailleurs et aux petites entreprises réellement en difficulté, et plan ambitieux de transition énergétique et de relocalisation. La crise actuelle révèle une vérité trop longtemps ignorée : tant que l’économie restera organisée au service des actionnaires, chaque tension internationale sera prétexte à faire payer le peuple.
L’urgence sociale impose des choix clairs. Du côté des profits ou du côté de la population.
M.M.
4 septembre 1996, 4 novembre 2016 et 12 novembre 2016
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