Paul Vergès : Penseur et homme d’action
1er septembre, parPaul Vergès : 2016-2026
Conséquence du sabotage depuis 2010 du plan d’autonomie énergétique de La Réunion
1er septembre, par

La nouvelle hausse des prix des carburants aujourd’hui à La Réunion rappelle une dépendance énergétique devenue un véritable scandale. À La Réunion, l’énergie importée expose familles et entreprises aux crises internationales, alors que l’île dispose d’abondantes ressources renouvelables : soleil, eau, vent, biomasse et océan. Cette situation n’est pas une fatalité mais le résultat de choix politiques. Après le sabotage du plan d’autonomie énergétique depuis 2010, son abandon doit laisser place à une relance urgente.
Après une accalmie, les prix des carburants repartent à la hausse à La Réunion au 1er septembre. Le gazole passe de 1,55 à 1,68 euro le litre et le sans-plomb de 1,78 à 1,83 euro. Une nouvelle hausse qui met en lumière une réalité beaucoup plus profonde : celle d’une île qui continue de dépendre massivement d’énergies fossiles importées alors qu’elle dispose d’un potentiel considérable d’énergies renouvelables.
Le mécanisme de fixation des prix montre à quel point La Réunion reste exposée aux soubresauts des marchés internationaux. Les cotations retenues pour septembre enregistrent une progression spectaculaire : +9,95 % pour le sans-plomb et +18,93 % pour le gazole. Les tensions au Moyen-Orient accentuent la volatilité des cours. Le renforcement de l’euro permet seulement d’atténuer cette hausse.
Ces tarifs correspondent aux prix maximums de vente fixés par l’État. Leur calcul repose sur des informations communiquées par les compagnies pétrolières, que les consommateurs ne disposent pas des moyens de vérifier directement. Une situation qui pose aussi la question de la transparence de la formation des prix.
Mais le véritable scandale est ailleurs. Pourquoi, après des décennies de dépendance aux importations, La Réunion continue-t-elle à payer le prix des crises pétrolières mondiales alors que son territoire bénéficie d’atouts exceptionnels pour produire une énergie locale ? Soleil, vent, hydraulique, biomasse, énergie thermique des mers : les ressources renouvelables sont multiples.
Cette dépendance n’est donc pas une fatalité naturelle. Elle résulte de choix politiques et économiques. Depuis 2010, le projet d’autonomie énergétique de La Réunion a été progressivement abandonné, au lieu d’être amplifié et adapté aux besoins d’une population en croissance. Chaque année perdue renforce la facture des importations et la vulnérabilité de l’île.
La hausse de septembre constitue ainsi un nouveau signal d’alarme. Tant que les voitures, les transports de marchandises, l’industrie etla majorité de la production électrique dépendront du pétrole et des autres combustibles importés, les Réunionnais resteront exposés aux décisions prises sur les marchés internationaux et aux crises géopolitiques auxquelles ils ne peuvent rien.
Relancer le plan d’autonomie énergétique n’est donc plus une simple ambition écologique. C’est une urgence économique, sociale et stratégique. Produire plus d’énergie renouvelable localement, développer les transports collectifs électrifiés, favoriser le stockage et les réseaux électriques intelligents permettrait de réduire les importations tout en créant de l’activité et des milliers d’emplois.
La Réunion ne manque pas de soleil, d’eau, de vent ou d’océan. Ce qui lui manque, c’est une politique à la hauteur de ses ressources. La nouvelle hausse des prix des carburants rappelle l’urgence de reprendre le chemin de l’autonomie énergétique abandonné depuis 2010.
M.M.
Paul Vergès : 2016-2026
Mézami mi rapèl lo tan demoune dsu la tèr l’avé pèr la guèr nikléèr i pète avèk la déstrikssion konplète bann sivilizassion. Pars dann tan-la (…)
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