Obsèques de Pierre Thiébault : un départ en chantant
4 juin, parNos peines
À la découverte des Énergies Renouvelables
31 décembre 2008

Les mers et les océans sont à la fois un vaste capteur et un immense réservoir d’énergie solaire. Cette énergie est stockée sous forme de chaleur dans les couches d’eau de surface et les courants marins entraînent cette eau vers les hautes latitudes où elle se refroidit et coule vers le fond des grands bassins océaniques. Après notre voyage dans les eaux froides profondes, nous remontons à la surface, pour plus de chaleur, à la découverte de l’Énergie Thermique Marine (ETM). Une récente étude montre que la ville du Port semble l’endroit le plus approprié à ce dispositif.
En 1869, Jules Verne fait dire au Capitaine Némo : « j’aurais pu... en établissant un circuit entre des fils plongés à différentes profondeurs, obtenir l’électricité par la diversité des températures qu’ils prouvaient ».
En effet, la circulation océanique qui contribue, avec la circulation atmosphérique, à l’apport de chaleur, depuis les régions tropicales vers les pôles, et à l’établissement des climats, crée une stratification relativement stable entre l’eau de surface, chauffée par le soleil, et l’eau profonde, froide, en provenance des régions polaires. Dans toute la région intertropicale, la température de l’eau descend régulièrement jusqu’à 4° C à 1.000 mètres de profondeur, alors qu’à la surface, elle est souvent supérieure à 20° C.
Depuis 1869, de nombreuses études et plusieurs projets ont été menés afin de développer cette source d’énergie. La dernière réalisation connue est la centrale ETM “Sagar Shakti” de 1 MW construite en coopération indo-japonaise. Elle est adaptée aux besoins de petites communautés littorales en électricité et en eau douce. Elle a été présentée en 2001 avant d’être remorquée pour essais sur la côte près de Tuticorin au Sud-Est du continent.
La ressource ETM est du type thermique basse température et, par principe, son exploitation industrielle requiert des investissements importants, non pas du fait de sa complexité, mais parce qu’elle requiert des infrastructures de grandes dimensions. En l’absence de réalisations prototypes de tailles significatives et de durées d’opérations suffisamment longues, les estimations des coûts de l’électricité ETM restent évidemment très incertaines.
Des données publiques américaines relativement récentes donnent des valeurs de 4.500 à 6.000/kW pour une centrale électrique ETM de 50 MW. Une centrale ETM au Port entrerait dans la phase d’expérimentation des petites centrales ETM littorales, avec le concept multi-produits (production d’eau douce et de produits aquacoles) pour qu’une certaine rentabilité soit atteinte.
Malgré ces coûts élevés, la ressource ETM est certainement l’énergie marine dont le potentiel exploitable est le plus important, elle est stable et très largement distribuée dans une île où l’usage des combustibles fossiles est encore trop utilisé.
(Source : l’ARER et le clubdesargonautes.org)
Principe de fonctionnement
En chauffant à sa température d’ébullition un fluide approprié sous sa forme liquide, il se transforme en vapeur que l’on fait passer dans une turbine couplée à un alternateur avant de l’aspirer vers un condenseur où elle se refroidit et redevient liquide. Dans le cas de l’ETM, la “chaleur” nécessaire à la formation de vapeur est prélevée dans les eaux de surface des régions les plus chaudes de l’océan où la température peut atteindre 25 à 28 °C, et le "froid" nécessaire à sa condensation est fourni par l’eau pompée sous la thermocline, là où sa température se refroidit et peut s’approcher de zéro degré centigrade. Le procédé est donc identique à celui de nos centrales électriques modernes quel que soit le combustible : fossile ou nucléaire.
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Messages
7 janvier 2009, 02:09, par Colombani, ingénieur EIH, directeur de recherche (en retraite)
Cette méthode de production a été mise au point et théorisé par un savant français, Georges Claude, entre 1930 et 1940.Ce n’est donc pas nouveau. Un premier prototype a été tenté, mais l’arrivée de la deuxième guerre mondiale, puis le pétrole pas cher et abondant après la guerre, ont interrompu les essais qui ont cependant montré, déjà à cette époque, que la principale difficulté est le coût et la fragilité des infrastructures nécessaires