L’énergie osmotique issue du mélange d’eau douce et d’eau salée

2 janvier 2009

Voilà encore une technique nouvelle d’exploitation de l’énergie formidable que stockent pour les années à venir les océans de la planète : après l’énergie des vagues, l’utilisation de l’eau froide et la maréthermie, l’énergie du sel, compliquée, mais efficace, est à l’origine d’un projet de prototype pour une mini-centrale, étudié par la société norvégienne Statkraft, déjà bien connue pour ses fermes éoliennes. A La Réunion, de tels projets pourraient être installés aux estuaires de la Rivière des Galets et de la Rivière des Pluies.

L’énergie osmotique est l’énergie tirée de la différence de gradients de salinité entre l’eau salée et l’eau douce. Cette énergie a été mise à jour au moment du mélange des eaux qui s’opère lorsque les eaux douces d’un fleuve se jettent dans l’eau salée de la mer.
Statkraft a réussi à exploiter ce phénomène naturel en faisant transiter, à l’intérieur d’une centrale, dans deux réservoirs séparés par une membrane semi-perméable, la masse d’eau salée de la mer et la masse d’eau douce d’un fleuve. Lorsque l’eau douce traverse la membrane en direction de l’eau salée, elle crée une pression (correspondant à une colonne d’eau de 120 mètres) capable d’actionner une turbine, générant de l’électricité. L’exploitation de l’énergie osmotique suppose que l’implantation de la centrale se fasse à proximité immédiate d’un estuaire.
Statkraft va construire la première centrale électrique basée sur l’énergie osmotique à Oslo. D’une puissance de 2 à 4 kW, elle sera en fonctionnement en 2009. Le potentiel annuel de cette énergie pour la Norvège serait de 12 terrawatts, soit assez d’énergie pour fournir en électricité 540.000 foyers pendant une année. A l’échelon mondial, le potentiel osmotique serait de 1.600 à 1.700 terrawatts annuels, soit la consommation en électricité de la Chine pour l’année 2002.
L’avantage de cette énergie osmotique, comparé à d’autres sources d’énergies renouvelables, c’est que la production ne fluctue pas selon le vent ou le soleil comme dans l’éolien ou le solaire. Elle est régulière et ne provoque aucun dégagement de CO2.
Une pompe d’épuisement fonctionnant avec un système d’osmose, située près d’Ijmuiden, permet de dessécher la province de la Hollande du Nord (N-H) et de fournir en même temps 700 millions de kWh d’électricité par an. Elle pourra fournir une quantité d’énergie comparable à une centrale de 80 MW et ainsi alimenter 107.000 ménages. En utilisant ce système, le prix de revient du kWh est de 9 centimes d’euro.

Statkraft estime aujourd’hui que la première « vraie » très grosse centrale osmotique commerciale pourrait voir le jour vers 2015, peut-être même avant, en vue de la rapidité des progrès réalisés depuis quelques mois.

Principe de fonctionnement :
C’est facile ! Vous prenez une membrane semi-perméable, vous mettez d’un côté de l’eau de mer et de l’autre de l’eau douce. L’eau douce moins concentrée va migrer naturellement vers l’eau de mer et va traverser la membrane et augmenter le volume de l’eau de mer. Il se produira une élévation de la surface de l’eau de mer que l’on va alors utiliser mécaniquement pour faire tourner une turbine et obtenir ainsi de l’électricité.

(Source : ECRIN et energiesdelamer.blogspot.com)

Energies renouvelables

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