Séminaire de la COI et du Japon

L’énergie thermique des mers : une richesse réunionnaise sabotée

3 juin, par Manuel Marchal

Le 29 mai, la COI et le Japon ont consacré un séminaire à l’énergie thermique des mers (ETM), une technologie permettant de produire de l’électricité grâce à la différence de température entre les eaux de surface et les profondeurs océaniques. Adaptée aux îles tropicales, l’ETM offre une production continue. À La Réunion, cette ressource abondante avait été étudiée dans le cadre de l’autonomie énergétique, mais son développement a été abandonné depuis 2010 malgré son potentiel stratégique au profit d’intérêts de sociétés étrangères qui font des profits en important de l’énergie à La Réunion.

Le 29 mai dernier, la Commission de l’océan Indien (COI), en partenariat avec le Japon, a organisé un séminaire consacré aux solutions innovantes en matière d’énergies renouvelables pour les îles africaines de l’océan Indien dont fait partie La Réunion. Cette rencontre a réuni experts, responsables institutionnels et acteurs du développement autour d’une technologie porteuse d’importantes perspectives : l’énergie thermique des mers (ETM).
Les échanges ont mis en évidence le potentiel considérable de cette ressource pour les îles de nore région région. Les participants ont étudié les possibilités offertes par l’exploitation de la différence de température entre les eaux chaudes de surface et les eaux froides des profondeurs océaniques. Cette différence thermique permet de produire de l’électricité de manière continue, sans dépendre du vent, de l’ensoleillement ou des conditions climatiques.

Renforcer l’autonomie énergétique de la COI

L’objectif du séminaire était également d’identifier des solutions concrètes pour renforcer l’autonomie énergétique des membres de la COI. Dans un contexte marqué par la hausse des coûts de l’énergie, la dépendance aux importations et les impératifs de lutte contre le changement climatique, l’ETM apparaît comme une technologie particulièrement adaptée aux territoires insulaires tropicaux.
Pour La Réunion, ce débat n’a rien de nouveau. Jusqu’en 2010, l’énergie thermique des mers figurait parmi les pistes stratégiques étudiées dans le cadre du projet d’autonomie énergétique de notre pays. La géographie réunionnaise offre en effet des conditions très favorables pour cette technologie : des eaux de surface chaudes toute l’année et des fonds marins atteignant rapidement de grandes profondeurs à proximité des côtes.
L’intérêt majeur de l’ETM réside dans sa constance. Alors que les énergies solaire et éolienne sont intermittentes, l’énergie thermique des mers peut fonctionner vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Elle est donc capable d’assurer la production de base nécessaire à l’alimentation du réseau électrique. Cette caractéristique en fait une alternative crédible aux centrales alimentées par des combustibles importés comme les centrales thermiques ou nucléaires.
Aujourd’hui encore, une partie importante de l’électricité consommée à La Réunion dépend très largement de ressources importées d’autres continents par EDF et Albioma. Même la biomasse utilisée pour la production électrique repose sur l’importation de bois. Pourtant, l’océan qui entoure notre île représente une source d’énergie locale, renouvelable et gratuite.

Réparer le sabotage du plan d’autonomie énergétique de La Réunion

La relance de l’intérêt international pour l’ETM montre que cette technologie n’appartient pas au passé. Bien au contraire, elle répond aux défis auxquels sont confrontées les îles de l’océan Indien. Le séminaire organisé par la COI et le Japon rappelle ainsi que les solutions existent pour réduire la dépendance énergétique de nos territoires.
Pour La Réunion, cette initiative est aussi l’occasion de s’interroger sur les choix effectués depuis 2010. Alors que l’autonomie énergétique constituait un objectif affiché, les projets structurants fondés sur les ressources locales ont progressivement été sabotés. Pourtant, l’énergie thermique des mers demeure une des rares solutions capables de fournir une électricité abondante, stable et produite sur place.
L’océan est une des plus grandes richesses naturelles de La Réunion. Le débat relancé au niveau régional par la COI invite à remettre cette ressource au cœur de la réflexion sur l’avenir énergétique du pays.

M.M.

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