Nouvelle pénurie à La Réunion : le gaz importé. Les Réunionnais culpabilisés

L’urgence d’un réveil des Réunionnais pour renverser le néocolonialisme et revenir à l’autonomie énergétique

10 mars, par Manuel Marchal

À La Réunion, la ruée sur les bouteilles de gaz est parfois présentée comme une panique injustifiée. Pourtant, les habitants cherchent surtout à anticiper une hausse des prix liée aux tensions internationales et à la spéculation. Cet épisode rappelle surtout la dépendance énergétique de l’île et la nécessité d’accélérer la transition vers les énergies renouvelables refusée par le système néocolonial qui a intérêt à maintenir les Réunionnais dans le sous-développement afin de maintenir gratuitement une base militaire occidentale dans notre pays en s’appuyant sur une classe privilégiée et sur l’aliénation de nombreuses victimes de ce système.

Depuis plusieurs jours, certaines stations-service de La Réunion connaissent une forte affluence de personnes venues acheter des bouteilles de gaz. Très vite, un discours accusateur s’est installé : les Réunionnais seraient responsables de la situation en « créant eux-mêmes la pénurie ». Pourtant, cette interprétation ignore la réalité.
En effet, beaucoup cherchent simplement à anticiper une possible hausse des prix dans un contexte international instable. La guerre au Moyen-Orient, alimentées notamment par les décisions des régimes dirigés par Donald Trump aux États-Unis et Benjamin Netanyahu en Israël, provoquent déjà une flambée des cours du pétrole sur les marchés mondiaux. Comme souvent, ce sont les consommateurs qui risquent d’en subir les conséquences.
La Société réunionnaise de produits pétroliers assure pourtant que les stocks de gaz restent suffisants pour répondre à la demande. Mais la véritable inquiétude des ménages ne concerne pas tant l’approvisionnement que le prix. Aujourd’hui, la bouteille de gaz est vendue environ 18 euros grâce à une aide financière de la Région Réunion présidée par Huguette Bello. Sans cette aide publique aux compagnies pétrolières, le tarif serait bien plus élevé.
L’histoire énergétique de l’île rappelle pourtant que le gaz lui-même a été une solution à un problème plus ancien. Avant son importation, les familles cuisinaient au charbon de bois comme à Madagascar, une pratique qui a fortement contribué à la déforestation de La Réunion. L’introduction du gaz a donc permis de réduire cette pression sur les forêts.

Après le charbon de bois et le gaz, franchissons une nouvelle étape

Mais aujourd’hui, une nouvelle étape doit être franchie. Le plan d’autonomie énergétique saboté depuis 2010 visait précisément à réduire la dépendance aux énergies importées, dont fait partie le gaz. Dans un territoire particulièrement bien doté en énergies renouvelables, les alternatives existent déjà comme le replacement du gaz de pétrole importé par du gaz d’hydrocarbure produit par la canne à sucre. La cuisson des aliments peut par exemple être réalisée grâce à des fours solaires ou à des plaques électriques alimentées par l’électricité produite par des panneaux photovoltaïques.

L’essentiel : la dépendance entretenue par le système néocolonial

Dans ce contexte, la polémique sur les achats de bouteilles de gaz ne doit pas masquer l’essentiel. Elle révèle surtout la fragilité d’un système énergétique dépendant des marchés internationaux et des décisions prises loin de l’île. Pour beaucoup, la véritable réponse ne réside pas dans la culpabilisation des consommateurs, mais dans l’accélération de la transition vers les énergies renouvelables et l’autonomie énergétique de La Réunion et donc la remise en cause du système néocolonial par le réveil des Réunionnais.

M.M.

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