Energies

La micro-hydraulique sur les réseaux d’adduction d’eau, d’eaux usées et d’irrigation

Développement durable et énergies renouvelables

Témoignages.re / 2 septembre 2003

De nombreux thèmes seront abordés lors de la plate-forme stage Recherche & Développement organisée par l’Agence Régionale de l’Energie Réunion (ARER) aujourd’hui à la mairie de La Possession. [1] (voir "Témoignages" d’hier) Parmi ces thèmes, figure la micro-hydraulique sur les réseaux d’eaux usées, sur les réseaux d’adduction d’eau potable et sur les réseaux d’irrigation.
Les chercheurs et partenaires de l’ARER chercheront également comment intégrer la maîtrise de l’énergie et les énergies renouvelables dans la politique urbaine et environnementale d’une commune comme celle de La Possession. (voir encadré)

Un potentiel inexploité

Il faut savoir que l’hydraulique est la deuxième source d’énergie renouvelable dans le monde. Nombre de cours d’eau sont équipés de turbines qui utilisent la force motrice des chutes pour fabriquer de l’électricité. Depuis une dizaine d’années, le nombre d’installation de microcentrales évolue très peu car les gisements sont largement exploités. Toutefois un potentiel micro hydraulique reste quasiment inexploité : celui des réseaux d’eau.
Sandrine Rameau, élève-ingénieur de l’Ecole Supérieure d’Ingénieurs de Chambéry, présentera ce matin les études qu’elle a menées sur les projets liés à la micro-hydraulique au sein du stage Recherche & Développement. Son exposé porte sur l’étude du potentiel micro-hydraulique à La Réunion, l’étude d’impact, les propositions techniques ainsi que les aspects juridiques et financiers.

Une source de revenus

La micro-hydraulique sur les réseaux d’assainissement permet de récupérer l’énergie présente dans les canalisations où il est nécessaire de réduire la pression pour assurer la pérennité de ces réseaux, surtout en zones montagneuses. L’exploitation de l’énergie de l’eau - potable ou usée - qui circule dans les conduites des réseaux d’adduction et d’assainissement, permet de répondre aux objectifs de développement durable.
De plus, il s’agit surtout d’une énergie inépuisable non polluante. La micro-hydraulique est d’ailleurs l’une des sources d’énergie renouvelable les plus utilisées puisqu’elle représente 74% de la totalité des énergies renouvelables en France (hors grande hydraulique).
La technologie de micro-hydraulique entre dans le cadre du développement des énergies renouvelables voulu par la Région pour La Réunion. Cette production d’énergie est aisée à mettre en œuvre et à exploiter localement par les collectivités publiques, pour qui elle est en plus une source de revenus.

Récupération de l’énergie

L’énergie fournie par la chute d’eau correspond à de l’énergie hydraulique (c’est l’énergie potentielle de l’eau). Cette énergie hydraulique va être transformée en énergie mécanique grâce aux turbines.
Les turbines entraînent le générateur de courant qui va transformer l’énergie mécanique en énergie électrique. Un transformateur permet alors d’élever la tension produite par le générateur à une valeur égale à celle des lignes de transport de l’électricité.

Intérêt

Des réducteurs de pression sont habituellement en place pour assurer la pérennité des réseaux. Mais ceux-ci entraînent une perte de l’énergie disponible. L’intérêt de cette technologie est donc de récupérer cette énergie, autrement dissipée sous forme de chaleur. D’autant qu’elle s’intègre directement sur les réseaux préexistants ou en projet de construction ; elle ne nécessite donc pas de construction d’infrastructures lourdes favorisant ainsi une rentabilité du projet.
Au niveau des impacts environnementaux, ceux-ci sont négligeables : impact visuel limité, pas de perturbation de l’écosystème aquatique, les impacts phoniques sont réduits par la construction de superstructures nécessaires pour protéger l’installation.
C’est une technologie qui contribue à la protection de l’air puisque l’énergie électrique produite évite l’émission de quantité de CO2 non négligeable ; de plus, cette énergie produite peut être soit vendue à EDF, soit autoconsommée.

Quelles suites pour ces études ?

Dans le cas où les maîtres d’œuvres sont intéressés, il reste maintenant à faire une étude plus approfondie du potentiel "étude de faisabilité" par un bureau d’études pour permettre la poursuite de ces projets. Il s’agit de caractériser avec plus de précision le matériel technique à mettre en oeuvre.
Pour mieux connaître le potentiel réunionnais, des études pourraient parallèlement être menées sur tous les réseaux d’assainissement et d’adduction de l’île.

La Possession, première commune insulaire à avoir signé une charte de l’environnement
Comment intégrer la maîtrise de l’énergie et les énergies renouvelables dans la politique urbaine et environnementale de La Possession ? La question sera évoquée dans le cadre du séminaire de l’ARER de ce mardi.

On sait que la gestion raisonnée de l’énergie et l’intégration des énergies renouvelables dans la politique urbaine et environnementale de la Commune de La Possession est un fondement du développement urbain et rural de son territoire.

Par ailleurs, la loi SRU (solidarité et renouvellement urbain) et la loi d’orientation pour l’outre mer (LOOM) soulignent l’intérêt d’une politique soutenue dans ce domaine, tant pour la bonne tenue des finances communales (économies d’énergie et recette de vente d’énergie) que pour l’emploi local.

En effet, les énergies renouvelables et la maîtrise de l’énergie suscitent une création d’emploi local importante, en comparaison avec l’achat d’énergie électrique issue du pétrole importé.

La Commune de La Possession est la première commune insulaire à avoir signé une charte de l’environnement ; l’activation des technologies durables confirme le caractère novateur et volontaire de la Commune dans le domaine de la gestion environnementale de son territoire, contribuant ainsi à la lutte globale et locale contre l’effet de serre.

De 25.000 à 40.000 habitants en moins de 20 ans


La Commune de La Possession affiche une population de 25.000 habitants au dernier recensement (+40% sur les dix dernières années). Alors qu’elle se situe en zone d’urbanisation naturelle liée à l’expansion dionysienne, son ambition raisonnée est de limiter le nombre de ses citoyens à 40.000 à l’échelon 2020.

Le positionnement géographique de la Commune l’expose en premier lieu aux nuisances liées à l’importation d’énergies fossiles générée par la croissance des besoins insulaires. La stratégie des décideurs municipaux est d’afficher la volonté forte d’aider La Réunion à se défaire de cette dépendance énergétique, génératrice de fuites de capitaux et de trop nombreuses pollutions.

Une coopération en cours de conventionnement entre l’ARER et les services techniques municipaux se fixe pour objectifs d’obtenir :

- une diminution progressive et significative de la consommation d’énergie et l’acquisition du savoir-faire pour garantir ces performances dans le temps ;

- une intégration sur le patrimoine communal des technologies Energies Renouvelables pour la production et la vente d’Energie propre à EDF ;

- une formation du personnel technique de la Commune aux économies de flux afin de pérenniser les économies générées.

Cette démarche s’apparente au verdissement des administrations, engagé par le Ministère de l’Aménagement du Territoire et de l’Environnement.

[1L’Agence Régionale de l’Energie Réunion (ARER) est une association loi 1901 financée en 2003 par la Région Réunion, l’EDF, l’ADEME, le CESR, le CCEE, le SIDELEC et la Commune de Saint-Leu, dont le but est de promouvoir les énergies renouvelables et la maîtrise de l’énergie à La Réunion, notamment en valorisant les filières de formation. Les techniciens de l’ARER conseillent gratuitement le public du mardi au vendredi (9h00 - 16h30) par téléphone au 0262 257 257. Retrouvez d’autres informations sur www.arer.org