Valorisation des terres rares en Afrique

La République Démocratique du Congo (RDC) veut transformer ses terres rares en moteur d’industrialisation

6 septembre 2025, par Manuel Marchal

Le DRC-Africa Battery Metals Forum, prévu du 29 au 30 septembre 2025 à Kolwezi, servira de plateforme clé pour attirer les investissements et promouvoir la valorisation locale des terres rares.

L’Afrique dispose d’un trésor largement sous-estimé : ses terres rares et minéraux stratégiques, indispensables aux technologies de demain. Madagascar, la République Démocratique du Congo (RDC) et plusieurs pays du continent regorgent de cobalt, lithium, graphite ou nickel, autant de ressources au cœur de la transition énergétique mondiale. Dans un contexte où la demande de batteries électriques explose, ces richesses peuvent devenir un formidable levier de développement, à condition de ne plus se limiter à l’exportation brute.
La RDC illustre parfaitement ce défi. Premier producteur mondial de cobalt, elle entend désormais valoriser localement ses ressources pour créer des industries à forte valeur ajoutée. Du 29 au 30 septembre 2025, Kolwezi accueillera le DRC-Africa Battery Metals Forum, un rendez-vous stratégique pour attirer les investissements et promouvoir une industrialisation durable. L’objectif est clair : transformer le pays en hub africain des métaux de batterie.

Zone Économique Spéciale en projet

« C’est le moment idéal de venir en RDC. Avec son patrimoine exceptionnel, le pays est ouvert aux investissements dans le secteur minier. Tout le monde est le bienvenu », souligne le professeur Jean-Marie Kanda, conseiller principal du Chef de l’État au Collège Mines-Énergie-Hydrocarbures et administrateur du Conseil Congolais de la Batterie.
La vision portée par les autorités congolaises est ambitieuse. Dans cinq ans, la Zone Économique Spéciale (ZES) de Musompo devrait accueillir les premières usines locales de transformation. Le projet, mené en partenariat avec E-Rise, la Zambie et plusieurs ministères congolais, vise à installer les premiers maillons de la chaîne de valeur des batteries, de la production de précurseurs jusqu’à la fabrication de batteries complètes.

L ‘Afrique peut tirer pleinement parti de ses ressources.

Un tel modèle aurait un effet multiplicateur. La création d’usines permettrait la montée en compétences de la main-d’œuvre locale, la naissance d’écosystèmes industriels régionaux et la génération de milliers d’emplois. Au lieu d’alimenter uniquement les filières asiatiques, américaines ou européennes, l’Afrique pourrait devenir actrice de la transition énergétique, en tirant pleinement parti de ses ressources.
Madagascar, qui possède d’importants gisements de graphite et de nickel, s’inscrit également dans cette dynamique. L’île a un rôle à jouer dans la constitution d’une chaîne de valeur régionale capable de rivaliser avec les pôles asiatiques. En reliant les atouts malgaches à ceux de la RDC et d’autres pays africains, le continent pourrait bâtir une industrie intégrée, de l’extraction à l’assemblage, capable d’alimenter le marché mondial des batteries électriques et du stockage d’énergie.

Le défi est immense

Cependant, le défi est immense. Les obstacles restent nombreux : infrastructures insuffisantes, instabilité réglementaire, dépendance technologique vis-à-vis de l’étranger. Mais les bénéfices d’une telle transformation sont considérables : diversification économique, souveraineté énergétique et valorisation des ressources au profit des populations locales.
Le forum de Kolwezi, en septembre, sera donc bien plus qu’un rendez-vous minier. Il portera une ambition : démontrer que l’Afrique et Madagascar ne sont pas seulement des pourvoyeurs de matières premières, mais des acteurs incontournables de l’industrie mondiale de demain.

M.M.

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