Nouvelle hausse des prix des carburants le 1er mars décidée par l’Etat

La Réunion otage des énergies importées

28 février, par Manuel Marchal

Nouvelle hausse des prix des carburants décidé par l’Etat au 1er mars 2026 : +3 centimes sur le sans-plomb et le gazole à La Réunion. Derrière ces chiffres, une réalité brutale : notre île reste prisonnière des énergies importées. Depuis 2010, le sabotage du plan d’autonomie énergétique nous condamne à subir les tensions géopolitiques mondiales et financer les profits des spéculateurs. Chaque hausse à la pompe annonce une vie plus chère pour tout le peuple réunionnais.

Au 1er mars 2026, les prix maximum des carburants augmentent à La Réunion : le supercarburant passe de 1,51 euro à 1,54 euro le litre (+1,99 %), le gazole de 1,22 euro à 1,25 euro (+2,46 %). Le GNR grimpe à 0,75 euro, le pétrole lampant à 0,74 euro. Même le gaz en bouteille atteint 19,08 euros, maintenu artificiellement à 18 euros grâce à l’aide régionale.
Officiellement, cette hausse s’explique par la progression des cotations internationales : +5,56 % pour le sans-plomb, +10,61 % pour le gazole. Les tensions géopolitiques mondiales et les risques pesant sur certains pays producteurs de pétrole alimentent la spéculation. L’appréciation de l’euro et la baisse des certificats d’économie d’énergie amortissent à peine le choc.
Mais au-delà des mécanismes techniques, une vérité s’impose : La Réunion dépend quasi totalement d’énergies fossiles importées. Chaque crise internationale se répercute immédiatement sur le porte-monnaie des Réunionnais.

Le prix du renoncement politique

Cette vulnérabilité n’est pas une fatalité géographique. Elle résulte de choix politiques. Au tournant des années 2000, l’objectif d’autonomie énergétique pour 2025 était affirmé : développer massivement le solaire, la biomasse, la géothermie, l’énergie marine.
Mais à partir de 2010, avec la démolition de ce plan, par Didier Robert et ses complices, le cap de l’autonomie énergétique a été abandonné. Les filières locales ont été fragilisées. La dépendance aux importations d’hydrocarbures et autres sources d’énergie importées s’est accentuée.
Aujourd’hui, le résultat est clair : nous payons le prix du sabotage d’une stratégie d’avenir.

Une hausse qui se répercute partout

La hausse de 3 centimes par litre peut sembler modeste. Elle ne l’est pas. À La Réunion, l’ensemble des marchandises — alimentaires, matériaux de construction, biens de consommation — est transporté par des camions, des fourgons, des navires fonctionnant aux carburants importés.
Quand le gazole augmente, le coût du transport augmente. Quand le transport augmente, les prix en rayon suivent. Cette mécanique implacable touche d’abord les ménages modestes, déjà confrontés à un coût de la vie supérieur à celui de la France.
Chaque centime de plus à la pompe devient une pression supplémentaire sur le pouvoir d’achat.

Sortir de la dépendance

Continuer sur cette voie, c’est accepter que l’économie réunionnaise reste suspendue aux décisions des marchés pétroliers et aux tensions internationales. C’est accepter que chaque crise mondiale se traduise ici par une facture plus lourde.
À l’inverse, relancer un véritable plan d’autonomie énergétique, c’est investir dans les ressources locales : soleil, vent, biomasse, énergies marines. C’est créer des emplois non délocalisables. C’est sécuriser nos approvisionnements. C’est protéger le pouvoir d’achat.
La hausse des prix de mars 2026 n’est pas un simple ajustement technique. Elle est le symptôme d’un système à bout de souffle. La Réunion a les moyens d’être un territoire exemplaire de la transition énergétique. Encore faut-il la volonté politique de rompre avec la dépendance et de rendre au peuple réunionnais la maîtrise de son avenir énergétique.

M.M.

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