Un triple anniversaire de portée mondiale
18 juillet, par4 septembre 1996, 4 novembre 2016 et 12 novembre 2016
L’éolien et le solaire ont produit plus d’électricité que le gaz le mois dernier
26 mai, par

En avril 2026, l’éolien et le solaire ont produit plus d’électricité que le gaz dans le monde, une première historique. Cette évolution confirme que les énergies renouvelables sont désormais au cœur du système énergétique mondial. Pour La Réunion, la leçon est claire : plutôt que d’importer du bois et des huiles depuis d’autres continents, l’île gagnerait à exploiter pleinement son exceptionnel gisement solaire. Une production locale permettrait de renforcer l’autonomie énergétique, de faire baisser le prix de l’électricité et de limiter les risques de délestage en cas de pénurie d’électricité.
Un événement historique est passé presque inaperçu : en avril 2026, l’éolien et le solaire ont produit plus d’électricité que le gaz à l’échelle mondiale. Selon les chiffres du groupe Ember, ces deux énergies renouvelables ont assuré 22 % de la production mondiale d’électricité, contre 20 % pour le gaz. C’est un signal fort : partout dans le monde sauf à La Réunion, la transition énergétique s’accélère.
Cette avancée est d’autant plus remarquable qu’elle intervient en pleine crise énergétique provoquée par les tensions au Moyen-Orient. Alors que les prix des combustibles fossiles sont soumis aux spéculations et aux aléas géopolitiques, le soleil et le vent démontrent qu’ils constituent une réponse durable, stable et accessible aux besoins énergétiques des populations.
En avril 2026, les installations solaires et éoliennes ont produit un record de 531 térawattheures d’électricité, soit 54 TWh de plus que les centrales à gaz. En cinq ans seulement, leur production a plus que doublé. Cette croissance a permis de satisfaire l’essentiel de l’augmentation de la demande mondiale sans recourir massivement aux énergies fossiles.
Pour La Réunion, ces résultats doivent conduire à une remise en question profonde des choix énergétiques actuels. Notre île bénéficie d’un ensoleillement exceptionnel pratiquement toute l’année. Pourtant, au lieu de s’appuyer prioritairement sur cette richesse naturelle gratuite et inépuisable, elle continue de dépendre de matières premières importées à grands frais depuis d’autres continents, qu’il s’agisse de bois ou d’huiles destinées à alimenter les centrales thermiques.
Cette situation apparaît de plus en plus absurde. Pourquoi faire traverser des océans à des combustibles alors que le soleil éclaire quotidiennement chaque toiture, chaque parking et chaque zone aménageable de l’île ? Pourquoi continuer à dépendre de ressources dont le prix et la disponibilité échappent aux Réunionnais alors que l’énergie solaire est locale, gratuite et disponible sur place ?
Le développement massif du photovoltaïque permettrait non seulement de renforcer l’autonomie énergétique de La Réunion, mais aussi de réduire les coûts de production de l’électricité. Les Réunionnais supportent le poids d’un système fondé sur des importations coûteuses et vulnérables aux crises internationales. Produire davantage d’électricité grâce au soleil, c’est diminuer cette dépendance et maîtriser davantage les dépenses énergétiques.
C’est également une question de sécurité d’approvisionnement. À chaque panne importante dans une centrale d’EDF ou d’Albioma, le risque de tension sur le réseau réapparaît et les menaces de délestage ressurgissent. Un réseau reposant sur quelques grandes unités de production reste fragile. À l’inverse, des milliers d’installations photovoltaïques réparties dans tout le pays constituent une production décentralisée et plus résiliente. Quand une centrale s’arrête, tout le système est affecté ; quand un panneau solaire tombe en panne, l’impact est négligeable.
L’exemple mondial est clair : l’avenir appartient aux énergies renouvelables locales. La Réunion possède une ressource solaire très abondante. Continuer à importer du bois et des huiles de l’autre bout du monde alors que le soleil est disponible gratuitement chaque jour relève davantage d’un choix politique d’aliénation que d’une nécessité technique. Face à l’urgence climatique, à la hausse du coût de l’énergie et aux risques de pénurie, il est temps de faire du soleil réunionnais le pilier de notre souveraineté énergétique.
M.M.
4 septembre 1996, 4 novembre 2016 et 12 novembre 2016
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