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5 août

Alors que La Réunion bénéficie d’un des meilleurs ensoleillements, le solaire y demeure sous-exploité, malgré les 100000 chauffe-eau solaires installés quand Paul Vergès présidait la Région Réunion. Pendant que des pays bien moins favorisés par le soleil développent massivement cette technologie pour produire l’énergie via la chaleur, notre île continue de dépendre d’énergies importées. Cela illustre une nouvelle fois les limites d’un modèle énergétique décidé loin des intérêts des Réunionnais.
La crise provoquée par la guerre au Moyen-Orient et les tensions autour du détroit d’Ormuz ont rappelé une évidence : la dépendance aux énergies fossiles constitue une menace pour les pays insulaires comme La Réunion. Face à cette situation, l’État français met désormais en avant la « souveraineté énergétique » en accélérant l’électrification des usages, notamment grâce aux pompes à chaleur.
Cette orientation présente des avantages, mais elle ne doit pas conduire à ignorer une technologie beaucoup plus simple et particulièrement adaptée aux régions fortement ensoleillées : le solaire thermique.
A la différence du photovoltaïque, qui transforme la lumière en électricité, le solaire thermique utilise directement la chaleur du soleil pour produire de l’eau chaude. Son principe est simple : des capteurs, un ballon de stockage, une pompe et quelques équipements suffisent pour couvrir une grande partie des besoins d’un foyer.
En France, cette technologie permet déjà de fournir entre 65 % et 85 % de l’eau chaude sanitaire selon les régions. Même à Lille, où le soleil est bien moins généreux qu’à La Réunion, un chauffe-eau solaire couvre près des deux tiers des besoins annuels.
Le contraste est frappant. L’Autriche, dont l’ensoleillement est inférieur de très loin de celui de La Réunion, a fait du solaire thermique un pilier de sa politique énergétique. Plus d’un quart des foyers en sont équipés.
L’Allemagne et le Danemark développent également cette filière pour alimenter des réseaux de chaleur, des équipements publics et des installations industrielles. Leur objectif est clair : réduire les importations d’énergie, stabiliser les coûts et diminuer les émissions de gaz à effet de serre.
Ces exemples démontrent qu’une politique volontariste peut faire émerger une filière industrielle performante, même sous des climats beaucoup moins favorables que celui de notre île.
La Réunion possède tous les atouts
Avec son fort ensoleillement tout au long de l’année, La Réunion dispose d’un potentiel exceptionnel. Produire l’eau chaude grâce au soleil permettrait de réduire immédiatement la consommation d’électricité, de limiter les importations d’énergies fossiles et d’alléger les factures des familles.
Cette technologie présente également un autre avantage : sa fabrication et son installation peuvent être largement réalisées localement, créant des emplois qualifiés et un savoir-faire réunionnais, au lieu de renforcer la dépendance à des équipements importés.
Depuis des décennies, les décisions énergétiques concernant La Réunion privilégient des choix conçus à Paris, souvent sans tenir suffisamment compte des réalités locales. Pourtant, la meilleure énergie est celle qui utilise les ressources disponibles sur place.
Le solaire en est une illustration. Pendant que des pays moins ensoleillés démontrent son efficacité, La Réunion continue de sous-exploiter une richesse naturelle présente chaque jour au-dessus de nos têtes.
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