Les représentants de l’État à La Réunion écouteront-ils l’appel du gouvernement ou faudra-t-il arrêter de faire le plein jusqu’à la baisse des prix ?

Les prix des carburants doivent baisser immédiatement

20 avril, par Manuel Marchal

À La Réunion, les prix maximum des carburants sont en réalité ceux payés, fixés par l’État sans transparence au profit des pétroliers. Malgré la baisse du cours du pétrole, les tarifs restent abusifs, révélant un système injuste. L’État doit agir sans attendre. À défaut, les consommateurs peuvent riposter en différant leurs achats pour contraindre une baisse.

À La Réunion, les prix maximums des carburants ne sont pas des plafonds protecteurs, ce sont les prix réellement pratiqués.L’État fixe chaque mois un tarif qui répond aux demandes des compagnies pétrolières, sans réelle transparence sur l’évolution des marges de ces sociétés étrangères.
La hausse brutale du 1er avril en est une illustration flagrante. Plus de 60 % d’augmentation du prix hors-taxe : une décision incompréhensible pour les Réunionnais, déjà confrontés à une vie chère structurelle. Comment justifier la persistance d’une telle envolée alors même que, sur les marchés internationaux, la tendance est désormais à la baisse du prix du pétrole brut ?

Le gouvernement appelle à baisser les prix maintenant

En France, le gouvernement hausse le ton. Il appelle les distributeurs à répercuter la baisse des cours et brandit la menace d’un plafonnement des marges. Une menace présentée comme dissuasive, mais qui souligne surtout une réalité : sans contrainte, les acteurs du secteur ne jouent pas le jeu. Les prix montent vite, mais descendent lentement, voire pas du tout.
La question est donc simple : à La Réunion, les représentants de l’État vont-ils agir ? Vont-ils entendre cet appel du gouvernement et anticiper une baisse des prix, ou se contenter d’attendre la prochaine révision mensuelle du 1er mai ? Ce calendrier rigide pénalise des milliers d’automobilistes, de travailleurs, de familles.

Acte de résistance économique

Face à cette inertie, une réponse citoyenne est possible. Reporter ses achats de carburant, lorsque cela est possible, devient un acte de résistance économique. Refuser de consommer à des prix abusifs, c’est envoyer un signal clair. Si ce mouvement prenait de l’ampleur, les compagnies pétrolières devraient céder : des stocks à écouler, une demande en recul, et une pression croissante pour baisser leurs tarifs.
Dans ce rapport de force, les gérants de stations-service auront également un rôle déterminant. Ils ne peuvent plus se contenter d’appliquer mécaniquement des prix élevés. Ils doivent, eux aussi, participer à cet effort de transparence et répercuter immédiatement toute baisse.
Ce combat pour des prix justes n’est pas technique, il est profondément politique. Il interroge la capacité de l’État à protéger sa population face à des intérêts économiques puissants. À La Réunion, plus qu’ailleurs, l’exigence de justice sociale doit primer.

M.M.

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