Le nucléaire n’est pas la réponse miracle aux problèmes climatiques

Les renouvelables plus bénéfiques pour le climat que le nucléaire, selon Greenpeace

5 octobre 2023

Greenpeace estime qu’investir dans des infrastructures à 60% dans l’éolien et 40% dans le solaire permettrait d’éviter 102 millions de tonnes de C02 (MtCO2) cumulées d’ici à 2050 contre 24 MtCO2 avec les EPR, pour trois fois plus d’électricité produite sur la période. L’ONG a aussi estimé qu’investir la même somme dans l’éolien et le photovoltaïque « permettrait d’éviter quatre fois plus d’émissions de CO2 ».

Les énergies renouvelables, éoliennes et solaires, permettent de réduire davantage et plus rapidement les émissions de gaz à effet de serre qu’un nouveau programme nucléaire à montant équivalent d’investissements, a affirmé l’ONG Greenpeace dans un rapport.

« Investir 52 milliards d’euros » dans la construction d’éoliennes terrestres et de panneaux photovoltaïques, « permettrait d’éviter quatre fois plus d’émissions de CO2 qu’en investissant la même somme dans la construction de six (réacteurs nucléaires) EPR 2 d’ici à 2050 », a indiqué l’ONG dans son étude menée à partir de données publiques.

Selon Greenpeace, 80% des baisses d’émissions de gaz à effet de serre à réaliser en France pour respecter l’accord de Paris, et espérer limiter le réchauffement planétaire à +1,5°C par rapport à l’ère préindustrielle, doivent l’être dans les 12 ans à venir.

Pour cela, « le nucléaire est l’énergie bas carbone la plus lente à déployer et ayant le moins d’impact à court, moyen et long termes sur la décarbonation du mix énergétique », a affirmé dans un communiqué l’association antinucléaire, en référence notamment aux risques de retards dans les chantiers d’EPR.

La France mise sur le nucléaire

Pour sortir des énergies fossiles et réduire ses émissions de 55% d’ici 2030 par rapport à 1990 selon l’objectif de l’UE, le gouvernement français veut construire six réacteurs de nouvelle génération, tout en accélérant sur le solaire et l’éolien.

Selon EDF, le coût de ces nouveaux réacteurs, dont la mise en service est attendue au mieux à l’horizon 2037 pour le premier, est estimé à 51,7 milliards d’euros, hors coûts de financement, auxquels s’ajouteraient 4,6 milliards en cas de difficultés de mise en œuvre.

Dans son rapport, Greenpeace a comparé « le potentiel d’impact sur la décarbonation » de trois scénarios d’investissements : construction d’infrastructures éoliennes et photovoltaïques, rénovation des logements passoires énergétiques et construction de 6 réacteurs nucléaires.

L’ONG s’est appuyée sur des données publiques françaises et européennes, telles que l’évolution de la quantité de carbone émise par le mix électrique européen, le taux de production optimale de chaque énergie, et les coûts d’investissement connus dans les renouvelables (hors coûts de raccordement au réseau).

Elle conclut qu’investir 85 milliards d’euros de subventions publiques d’ici 2033 dans la rénovation des passoires énergétiques « permettrait d’éviter six fois plus d’émissions de CO2 cumulées d’ici à 2050 qu’avec la construction de six EPR 2 ».

Avec un montant équivalent à celui du programme nucléaire, investir dans des infrastructures panachant 60% d’éolien et 40% de panneaux solaires permettrait d’éviter 102 millions de tonnes de C02 (MtCO2) cumulées d’ici à 2050 contre 24 MtCO2 avec les EPR, pour trois fois plus d’électricité produite sur la période (1.538 TWh contre 530 TWh), selon les calculs de Greenpeace.

L’ONG indique avoir pris en compte les scénarios les plus favorables au nucléaire - comprenant respect des coûts et des délais (un EPR mis en service tous les deux ans à compter de 2037), une production optimiste et une moindre baisse des coûts des renouvelables.

Le gouvernement français « devrait investir dans le développement des énergies renouvelables et dans la rénovation performante des passoires énergétiques qui ont bien plus d’impact sur la réduction des émissions de CO2 d’ici à 2050 que ne l’aurait le programme » d’EPR2 voulu par le gouvernement, a déclaré à l’AFP Pauline Boyer, chargée de campagne Transition énergétique à Greenpeace.

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