Energies

Madagascar : Créer une dynamique économique avec les énergies renouvelables

Harison Randriarimanana, ministre de l’Environnement, des Eaux et Forêts et du Tourisme

Manuel Marchal / 9 juillet 2008

Capables de contribuer à la diminution de la facture pétrolière du pays, les énergies renouvelables sont aussi un moyen d’assurer de nouveaux revenus aux travailleurs.

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Harison Randriarimanana, ministre de l’Environnement, indique que son pays prospecte plusieurs énergies renouvelables. Parmi elles, le jatropha, source d’un biocarburant capable de produrer de nouveaux revenus à des régions essentiellement rurales.(photo MM)

« Les îles de l’Océan Indien ont des richesses inestimables en termes de biodiversité. Avec le changement climatique, ces ressources sont menacées.

Seuls, ces pays ne peuvent pas s’en sortir. Une bonne solidarité au niveau des îles est donc primordiale. Mais cette solidarité se doit d’être élargie.
En effet, l’origine du changement climatique est due en partie aux activités humaines dans les pays développés. Nous devons donc travailler tous ensemble pour apporter des solutions tôt ou tard. Car les conséquences sont déjà graves, ces pertes non négligeables de biodiversité doivent cesser.

Madagascar coopère avec les autres îles dans le cadre de la COI, et avec l’Union européenne en tant que pays ACP. Nous souhaitons que l’Union européenne examine l’environnement dans ses mécanismes de financement, au même titre que le développement (FED).

Pour l’énergie, le problème de Madagascar est sa dépendance aux hydrocarbures. Lorsque la politique énergétique a été lancée dans les années 60, le pétrole ne coûtait pas cher, et le choix a été de construire des centrales thermiques. Nous sommes donc tributaires du pétrole, unique source d’énergie de toutes les grandes villes par exemple.
Mais la hausse du prix du baril remet tout en cause. La facture énergétique payée par le pays ne cesse d’augmenter, ce qui a des répercussions pour l’économie toute entière.
Aujourd’hui, nous misons sur le développement de notre potentiel hydroélectrique, ainsi que sur le soleil et le vent.
Dans la région de Diégo Suarez, nous coopérons avec La Réunion sur un projet d’éoliennes.
Nous voulons aussi développer les biocarburants. Etant donné que nous avons de grandes surfaces cultivées, les biocarburants n’entreront pas en concurrence avec les plantes vivrières. Le jatropha et la canne à sucre sont deux moyens de produire cette nouvelle source d’énergie.
Le développement de ce nouveau type d’énergie va aussi procurer de nouveaux revenus à des populations essentiellement rurales. Nous comptons sur cet effet d’entraînement, car c’est un débouché potentiel qui existe. C’est une filière industrielle qui reste à créer. »