Un triple anniversaire de portée mondiale
18 juillet, par4 septembre 1996, 4 novembre 2016 et 12 novembre 2016
Illustration du système néocolonial
13 mars, par

À La Réunion, la pénurie de gaz s’installe alors que cette énergie est la plus utilisée pour la cuisson des aliments. Cette situation n’est pas un hasard : elle est la conséquence directe du sabotage du plan d’autonomie énergétique fixé pour 2025, engagé dès 2010.
La tension sur les bouteilles de gaz ne relève plus seulement d’une crainte passagère : dans plusieurs communes de La Réunion, il devient difficile de s’en procurer. Or le gaz demeure aujourd’hui l’énergie la plus utilisée par les familles pour cuire les aliments. Derrière les files d’attente et les rayons vides, c’est donc une question essentielle qui se pose : comment en est-on arrivé là ?
En 1998, l’île, sous l’impulsion de Paul Vergès à la présidence de la Région Réunion s’était pourtant dotée d’un cap ambitieux : atteindre l’autonomie énergétique à l’horizon 2025. Démoli depuis 2010 pour préserver les intérêts du lobby des énergies fossiles et des énergies importées, ce plan visait à réduire la dépendance aux importations d’énergies fossiles et à valoriser les ressources locales, notamment le soleil, abondant toute l’année. L’objectif était clair : produire sur place l’énergie nécessaire au développement du territoire et aux besoins quotidiens de la population.
Mais ce cap a progressivement été abandonné. Retards, renoncements, arbitrages défavorables : le projet d’autonomie énergétique a été vidé de sa substance. Résultat, quinze ans plus tard, l’île reste massivement dépendante des importations. Le gaz domestique, pourtant importé et soumis aux fluctuations internationales, demeure au cœur du quotidien des ménages.
Cette dépendance fragilise la population. À chaque crise internationale, à chaque flambée des cours du pétrole, l’équilibre vacille. Lorsque la tension monte sur les marchés, les conséquences se répercutent immédiatement sur un territoire insulaire éloigné des grands centres d’approvisionnement. La moindre perturbation fait craindre pénurie ou hausse des prix.
L’histoire rappelle pourtant qu’une transition énergétique étaitpossible. Le gaz avait lui-même remplacé le charbon de bois, dont l’usage intensif avait contribué à la déforestation de La Réunion. Aujourd’hui, une nouvelle évolution s’impose : substituer progressivement le gaz par des solutions fondées sur les énergies renouvelables. La cuisson peut être assurée par des équipements électriques alimentés par le photovoltaïque, ou encore par des fours solaires adaptés au climat local.
La pénurie actuelle agit comme un révélateur. Elle montre les limites d’un système néocolonial fondé sur l’importation, la dépendance et souligne les conséquences concrètes de l’abandon du projet d’autonomie énergétique. Tant que l’île ne produira pas elle-même l’énergie qu’elle consomme, chaque crise extérieure continuera de menacer la vie quotidienne des familles.
Plus qu’un incident conjoncturel, la situation actuelle interroge donc un choix politique majeur : celui d’avoir laissé s’éloigner l’objectif d’autonomie fixé pour 2025. À La Réunion, la question énergétique reste indissociable du développement et de la capacité du pays à maîtriser son avenir.
M.M.
4 septembre 1996, 4 novembre 2016 et 12 novembre 2016
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Messages
2 avril, 18:17, par Arthur
L’actualité "brulante" nous donne raison, hélas, si le projet d’autonomie énergétique avait été finalisé, nous n’en serions pas là. Pénurie, attentes et pollution. Une énergie renouvelable, c’est à la fois : inépuisable, local et gratuit au départ, des cadeaux de la nature. Même si on n’arrivait qu’à 50 %, ce serait déjà bien, un modèle à suivre ailleurs, chez nos voisins de l’Océan Indien pour commencer où la misère et les besoins sont là aussi grandissants. Nous verrons bien combien de temps cela prendra, de remettre ce beau projet à l’ouvrage. C’est au fond comme pour le train, électrique cette fois, qui servira aussi bien pour les marchandises que pour les animaux, les humains, qu’ils soient travailleurs, étudiants, gramounes, de passage d’origine réunionnaise, reliant St Joseph à Ste Rose, créateur d’emplois durables avec tous ces jeunes plus ou moins diplômés, en quête de travail, pour le moment sous employés ou précaires, sans sérieuses perspectives, au final, rien qui pousse à fonder une famille, à être là aussi autonome. Bonne fin de semaine zot tout, Athur. NB/ j’aurais voulu savoir si ici, samedi, comme dans l’hexagone, un rassemblement sera organisé pour dire non au racisme qui s’affiche de plus en plus, face aux résultats des dernières élections qui n’ont pas fait plaisir à tout le monde comme à St Denis près de Paris ? Merci.