Avec un prix du baril de pétrole brut à plus de 44 dollars

Plus on paie, plus les pétroliers rigolent !

7 août 2004

La saison des résultats du deuxième trimestre des compagnies pétrolières touche à sa fin. À l’image de ceux de Total, qui fermaient le ban jeudi dernier, ils illustrent l’euphorie qui règne parmi ces sociétés qui bénéficient à plein de la hausse du brut. Celui-ci avait atteint hier la barre des 44,5 dollars le baril.

Comparé au deuxième trimestre 2003, "l’environnement a été marqué par un prix du brut et des marges de raffinage en forte hausse", souligne-t-on chez Total. "Au cours du seul deuxième trimestre, le prix du brent a grimpé de plus de 36% à 35,16 dollars le baril en moyenne. Les marges de raffinage sont excellentes et sont passées de 2,68 à 6,03 dollars par baril", commente Aymeric de Villaret, analyste à la Société générale et coauteur d’une note hebdomadaire sur le sujet.
Par société, "les deux valeurs américaines les plus exposées au raffinage ont de loin affiché les meilleures performances", note la Société générale. Ainsi ChevronTexaco affiche un bénéfice net par action (BNPA) en hausse de 106,3% à 3,33 dollars, de son côté ConocoPhillips enregistre un BNPA en augmentation de près de 80% à 2,88 dollars.
Parmi les pétrolières européennes, Repsol-YPF affiche la plus faible progression du BNPA (au-dessous de 14%) avec une production plus faible que prévu et un résultat opérationnel fragilisé par son activité en Argentine. À l’opposé, l’italienne ENI dégage un BNPA en hausse de plus de 50%, "grâce à une bonne résistance de la division Gaz et le maintien des objectifs de croissance de production d’hydrocarbures de 5%".
Le britannique BP affiche un BNPA en hausse de 33%, bien qu’ayant souffert de l’évolution de la fiscalité russe. Une performance proche de celle de Shell (plus 35%), pourtant pénalisé par les nouvelles révisions à la baisse de son profil de production.
Total se situe dans la moyenne européenne avec un BNPA qui grimpe de 26% à 4,20 dollars. Il est vrai que le groupe est pénalisé par les mauvais résultats de sa chimie dont le bénéfice net opérationnel hors exceptionnels accuse une baisse de 8% à 87 millions d’euros. Ce qui n’empêche pas le groupe de dégager globalement "un nouveau niveau record" de son résultat net part du groupe. Il progresse de 27% à 2,046 milliards d’euros, pour un chiffre d’affaires en hausse de 19% à 28,897 milliards d’euros.
Ce climat devrait rester au beau fixe pour le troisième trimestre au regard de l’envolée des cours brut qui ont franchi un nouveau record hier, à 44,50 dollars le baril, à New York. "Tel que c’est parti, le troisième trimestre va être très bon. Les cours du baril continuent de battre leurs records de telle sorte que la moyenne du brent est ressortie en juillet à 37,67 dollars", précise Aymeric de Villaret. "Sauf grand incident politique, les cours vont rester à des niveaux soutenus. Le problème d’une forte hausse se posera à nouveau cet hiver s’il fait très froid et si les prix actuels ne réussissent pas à diminuer la croissance de la demande", conclut Robert Mabro, président de l’OIES (Oxford Institute for Energy Studies).


Signaler un contenu

Un message, un commentaire ?


Témoignages - 82e année


+ Lus