Un triple anniversaire de portée mondiale
18 juillet, par4 septembre 1996, 4 novembre 2016 et 12 novembre 2016
Le prix du sabotage depuis 2010 de l’autonomie énergétique de La Réunion
27 mars, par

À partir du 1er avril 2026, les prix des carburants flambent à La Réunion : +41 % pour le gazole, +27 % pour le sans-plomb. Derrière les chiffres, une réalité brutale : notre île dépend totalement des marchés mondiaux. Le système a amorti en mars, mais en avril, le choc est payé par le peuple. L’urgence d’une rupture énergétique s’impose.
La Préfecture de La Réunion a rendu publics ce 27 mars les nouveaux prix des carburants applicables au 1er avril 2026. Le verdict est sans appel : 1,77 euro le litre de gazole (+42 centimes, soit +41 %), 1,96 euro le litre de sans-plomb (+52 centimes, soit +27,27 %). Le gazole détaxé atteint 1,23 euro, en hausse de 64 %, sans aucune taxe locale.
Ces chiffres traduisent une réalité mondiale : dans un contexte de conflit majeur au Moyen-Orient, les cotations internationales explosent. Pour avril, les spéculateurs ont fait monter les prix de +75,55 % pour le sans-plomb et de +96,07 % pour le gazole..
En mars, le système de fixation administrée des prix avait temporairement amorti le choc. Mais la mécanique est implacable : ce qui n’a pas été payé hier l’est aujourd’hui. La « réévaluation obligatoire » annoncée par l’État signifie concrètement une facture plus lourde pour les familles et pour l’ensemble de l’économie réunionnaise.
Car ici, tout dépend du carburant. Les marchandises arrivent par bateau, circulent en camion, sont distribuées en fourgon. Quand le gazole augmente, le coût du transport grimpe. Quand le transport grimpe, les prix en rayon suivent. C’est toute la chaîne économique qui est contaminée.
La Préfecture invoque la transparence et anticipe la publication des tarifs. Mais la transparence ne remplit pas un réservoir. Elle n’empêche pas l’érosion du pouvoir d’achat.
Dans ce paysage sombre, un point demeure stable : la bouteille de gaz reste à 18 euros, grâce aux aides publiques régionales. Ce maintien montre qu’une intervention politique peut protéger la population. Mais combien de temps cet effort budgétaire sera-t-il soutenable si la crise s’installe ?
Cette flambée révèle surtout notre dépendance structurelle. Chaque crise internationale devient ici une crise sociale. Tant que La Réunion restera arrimée aux marchés mondiaux des énergies fossiles, elle subira les décisions prises ailleurs.
L’heure n’est plus aux constats, mais aux choix. Soit accepter que chaque choc géopolitique se traduise par une saignée pour les ménages, soit engager résolument la transition vers l’autonomie énergétique. Le peuple réunionnais ne peut pas rester otage d’un système qui le condamne à payer les guerres des autres.
4 septembre 1996, 4 novembre 2016 et 12 novembre 2016
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