Obsèques de Pierre Thiébault : un départ en chantant
4 juin, parNos peines
4 novembre 2010, par

Hier, la Société d’énergies nouvelles de La Réunion (SENR), filiale de la holding EOI (Energies de l’Océan Indien) a présenté sa première centrale photovoltaïque construite à Pierrefonds. D’une capacité de production de 3 MWc, cette nouvelle installation couvre la consommation électrique de 1.500 personnes et évite le rejet de 2.000 tonnes de CO2 dans l’atmosphère chaque année.
« C’est un projet 100% péï », souligne fièrement Pierre Cahuzac, président de la SENR. « Tout a été réalisé ici, dans la mesure du possible : étude, maîtrise d’œuvre, terrassement, installation électrique, contrôle, etc. ». L’entretien, le gardiennage et la maintenance du site sont assurés par 5 personnes recrutées à La Réunion par la SENR. Seuls les panneaux photovoltaïques viennent d’Allemagne, pour atteindre le niveau de qualité et de fiabilité requis. Autre particularité de ce projet : « il s’inscrit dans la durée ». En effet, la holding EOI, qui détient 100% de SENR et de SENM (Société d’énergies nouvelles des mascareignes), s’inscrit dans la lignée de Gerry et La Réunion, Île verte, en axant son développement sur le concept de serres agricoles solaires.
« Il ne s’agit pas de construire des centrales photovoltaïques et de les revendre, précise Pierre Cahuzac, nous avons un contrat sur 20 ans avec EDF ».
La société a ainsi privilégié l’utilisation de matériaux robustes pour résister aux intempéries.
Cette centrale est la seule à La Réunion à reposer sur des monolithes en béton, « cela permet de résister aux cyclones, à l’air salin et au terrain instable ». D’autre part, les câbles électriques ont été enfouis dans des caniveaux en béton, « qu’on peut ouvrir à tout moment pour une éventuelle maintenance ». Tout a été pensé pour que cette centrale photovoltaïque industrielle dure dans le temps. Ce projet a nécessité un investissement de 14 millions d’euros, qui sera rentabilisé d’ici, 10, 12 ans.
Des serres agricoles, une première à La Réunion ?
La SENM, autre filiale d’EOI, a annoncé d’autres projets innovants : des serres agricoles solaires, une première à La Réunion. La société a, d’ores et déjà, réservé des terres agricoles situées en contre bas de l’actuelle centrale photovoltaïque.
Cette idée de ferme solaire permettrait aux agriculteurs de ne plus être tributaires de la météo et de lisser la production sur l’année. D’autre part, ils verraient leur revenu augmenter de 20 à 30%. « Nous avons déposé le projet, les études ont été réalisées par des ingénieurs agronomes israéliens. Les serres seront bien sûr résistantes aux cyclones et en fonction des cultures, les panneaux couvriront en moyenne 40% de la toiture », indique Pierre Cahuzac.
Mais, pour l’heure, le projet est bloqué. « Nous sommes prêts à le faire sans la défiscalisation mais la DAF a émis un avis défavorable, qu’on n’explique pas ». Selon Pierre Cahuzac, la DAF craint que ce nouveau procédé ne dérègle le marché réunionnais.
Aujourd’hui, la société n’a donc pas de permis de construire mais espère que ce projet pourra se faire. « En fin d’année, nous verrons si nous relançons ou pas. En tout cas, nous espérons qu’on n’aura pas à développer ça ailleurs car l’île en a vraiment besoin », conclut le président de la SENR.
Sophie Périabe
Quand l’agriculture rime avec production d’énergie solaire
Pour Nin Gom Vayaboury, propriétaire des deux parcelles (5,5 hectares) accueillant les 15.120 panneaux photovoltaïques, c’est une véritable aubaine. Quand il a acheté ce terrain en 1979, il a commencé à planter des cannes dans cette zone très sèche et exposée au vent. « C’était vraiment difficile car il y a beaucoup de vent toute l’année environ 60 km/h et ce n’était pas de la bonne terre ». Aujourd’hui, il s’est tourné vers le photovoltaïque, qui rapporte beaucoup plus. « À 60 ans, mi sa pu plante cannes », dit-il.
D’ailleurs, l’ancien planteur ne compte pas s’arrêter en si bon chemin. Une autre parcelle, jouxtant l’actuelle centrale photovoltaïque, va également accueillir une ferme photovoltaïque cette fois-ci d’un autre promoteur. Le principe est simple, il s’agit de construire des serres agricoles pouvant accueillir sur leur toit des panneaux photovoltaïques. Ainsi, l’agriculteur ou le promoteur du projet, selon les cas, peut combiner culture maraîchère et production d’énergie solaire.
Sur le terrain de 5.500 mètres carrés de Nim Gom Vayaboury, les travaux devraient commencer en début d’année prochaine, le permis de construire ayant été accordé en août 2009.
S.P
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