Energies

Une nouvelle politique énergétique pour le développement durable de La Réunion

Énergie

Témoignages.re / 15 septembre 2003

Le PRERURE est le Plan énergétique Régional pluriannuel de prospection et d’exploitation des Energies Renouvelables et d’Utilisation Rationnelle de l’Energie. Il définit sur une période de vingt-cinq ans le contenu d’une politique de demande et d’offre énergétique centrée sur l’amélioration de l’efficacité énergétique et la valorisation des énergies renouvelables disponibles à la Réunion. Ce plan intervient dans un contexte marqué par une forte croissance des consommations d’énergie à La Réunion.

Sur les vingt dernières années, la croissance économique de La Réunion s’est accompagnée d’une croissance soutenue des consommations d’énergie. Entre 1980 et 2000 celle-ci a été multipliée par 2,5. Cette évolution a été encore plus marquée pour l’électricité puisque sur la même période la demande pour cette forme d’énergie a quadruplé. La mise en œuvre de ce plan doit permettre à La Réunion de tirer parti des gisements d’économie d’énergie et des ressources énergétiques endogènes dans une perspective de développement durable. Ce plan doit permettre en particulier à La Réunion d’accéder à l’autonomie énergétique pour la production d’électricité à l’horizon 2025.

Des lois pour une nouvelle politique d’énergie

Le PRERURE s’inscrit dans un environnement institutionnel modelé par trois textes législatifs récents :
- La loi du 10 février 200 qui oblige le gestionnaire du réseau à mettre en place, sous le contrôle de l’État, une programmation pluriannuelle des investissements (PPI). Dans le cadre de la préparation de la PPI, la CRADT (Conférence Régionale de l’Aménagement et du Développement du Territoire), co-présidée par le préfet et le président du Conseil régional, est consultée sur la planification des réseaux de transport de l’électricité et la production décentralisée d’électricité. La loi instaure également la compensation des charges de service public de la production d’électricité.
- La loi d’Orientation pour l’Outre-Mer du 13 décembre 2000 (LOOM). La LOOM accorde la compétence en matière d’énergies renouvelables et de maîtrise de l’énergie au Conseil Régional, qui élabore et met en œuvre le PRERURE.
- La loi du 4 février 1995 d’orientation pour l’aménagement et le développement du territoire (LOADT ou loi Voynet). La LOADT instaure le Schéma de Services Collectifs de l’Energie, dont l’objectif est de faciliter et de valoriser la contribution des collectivités territoriales à la politique nationale de l’énergie et au développement durable du territoire en déterminant les conditions dans lesquelles il leur est possible de favoriser les actions de maîtrise de l’énergie et de production et d’utilisation des énergies renouvelables.
Les schémas de services collectifs sont établis au niveau régional sur une durée de 20 ans. Le Schéma de Services Collectif de l’Energie « définit, dans le cadre de la politique nationale de l’énergie, les objectifs d’exploitation des ressources locales d’énergies renouvelables et d’utilisation rationnelle de l’énergie concourant à l’indépendance énergétique nationale, à la sécurité d’approvisionnement et à la lutte contre l’effet de serre. À cette fin, il évalue les besoins énergétiques prévisibles des régions, leur potentiel de production énergétique, leurs gisements d’économies d’énergie et les besoins en matière de transport d’énergie ». La CRADT est chargée du suivi et de la mise en oeuvre du schéma de service collectif de l’énergie.

Une volonté politique

Le Conseil régional de La Réunion a assuré la maîtrise d’ouvrage du PRERURE en étroite concertation avec les services déconcentrés de l’Etat, l’ensemble des opérateurs du secteur énergétique et les acteurs économiques.
L’ambition du PRERURE est de développer une stratégie de réponse à l’augmentation de la demande d’énergie plus diversifiée et valorisant les ressources locales.
Il s’agit d’une part de développer une politique volontariste d’efficacité énergétique afin de ralentir la dynamique de croissance actuelle des consommations et d’autre part de donner la priorité aux énergies renouvelables pour les nouveaux projets de renforcement des capacités de production.

Les axes d’intervention

Trois grands axes d’intervention régionale ont été retenus pour la mise en œuvre du PRERURE.
• L’inscription de recommandations et d’objectifs relatifs à l’énergie dans le cadre des politiques régionales au travers de politiques de formation initiale et continue, de politiques d’amélioration de l’habitat, de politiques d’aménagement et de développement régional et de développement économique et technologique.
• La concertation dans le domaine de l’approvisionnement énergétique, avec en particulier :
- La mise en cohérence des stratégies d’aménagement et de développement local et régional et des solutions d’approvisionnement énergétique grâce aux pouvoirs de négociation et de concertation dont disposent les partenaires régionaux ;
- La mise en place d’indicateurs de suivi des solutions et des stratégies de production et d’approvisionnement.
• Le rôle dynamique des partenaires régionaux dans le cadre de grandes opérations liées à l’énergie.

Les thèmes d’actions

Deux thèmes principaux d’actions se dégagent aujourd’hui :
• La maîtrise de la demande d’électricité (MDE), orientation qui répond tant à l’intérêt des consommateurs publics et privés d’électricité qu’aux intérêts d’EDF, en limitant la croissance future du nombre de sites de production ou celle des réseaux électriques. Le principe de la MDE est le suivant : il s’agit de préférer collectivement des investissements d’économie d’énergie à des investissements de production d’énergie moins rentables en coût global. L’objectif est de différer, voire de redimensionner, les investissements lourds de production grâce aux économies d’électricité consenties et réalisées par les consommateurs.
• La maîtrise des transports. En effet, les transports représentent aujourd’hui 50% du bilan en énergie finale de La Réunion. Leur poids relatif risque de croître fortement encore et les possibilités de substitution demeurent limitées (sauf GPL, mais l’enjeu ne concerne pas les importations d’hydrocarbures). Il est par contre possible de jouer sur l’organisation de la mobilité, les modes de transports, la gestion des flux.

2.500 emplois à créer

À La Réunion, l’orientation que souhaite donner le Conseil régional à la politique énergétique justifie que l’on s’intéresse à la question de l’emploi. En effet, le PRERURE constitue une véritable restructuration du secteur énergétique combinant à la fois le développement de nouvelles activités, de nouvelles filières et l’abandon de certains équipements de production thermique.
Les chiffres d’emploi avancés par filière correspondent, pour les actions de maîtrise de l’énergie, à la somme des emplois directs et des emplois indirects créés. Dans le secteur électrique, ce sont les emplois directs et indirects créés qui ont été pris en compte, auxquels ont été retranché les emplois "perdus" du fait de la cessation d’activité des centrales thermiques classiques.
Le nombre d’emplois créés pour la mise en œuvre du PRERURE en 2025 est estimé à 2.500.