Biocarburants

Une option d’avenir sur tous les continents

3 novembre 2005

Le coût du pétrole et la probabilité rapprochée d’un épuisement de cette ressource fossile conduisent les gouvernements à envisager un changement de système énergétique, pour aller vers des ressources compatibles avec un développement durable. Tereos y pense en Tchécoslovaquie et le Swaziland, pays cannier, lance une étude sur 3 ans : 2 exemples récents qui, à divers titres, peuvent intéresser La Réunion.

Propriétaire de Bois-Rouge et actionnaire de référence de Sucrière de La Réunion, Tereos est aussi propriétaire, en République Tchèque, d’une raffinerie de sucre de betterave, TTD Dobrovice, qui est la plus importante de ce pays d’Europe orientale. D’après le Bulletin Access Czech Republic Business du 19 octobre, à l’issue d’un entretien avec le ministre tchèque de l’Agriculture, le Président du Directoire Philippe Duval a fait savoir que Tereos s’impliquerait "à l’avenir dans la production d’alcool biologique tiré de la betterave", dont la République Tchèque est l’un des principaux producteurs à l’Est de l’Europe.
La publication tchèque en a tiré la conclusion que le groupe "n’a pas l’intention de quitter la République Tchèque à cause de la réforme du marché sucrier (OCM sucre)". Dans les interrogations que soulève cette réforme sur la production sucrière des différents pays européens, l’annonce faite par Tereos est une indication stratégique sur la poursuite de son activité dans le pays : si ce n’est pour le sucre, ce sera pour la production d’éthanol ou de tout autre bio-carburant, vraisemblablement de ceux dits “de seconde génération” - c’est ce que suggère le renvoi à une échéance à moyen terme (“à l’avenir”) - pour des raisons de niveaux d’investissement.
Cette indication soulève au moins une question : si Tereos décide de fabriquer du biocarburant en Tchéquie, à partir de la betterave, pourquoi pas à partir des usines à cannes de La Réunion, puisqu’il est reconnu que les coûts de production de l’éthanol tiré de la canne à sucre sont moins élevés ?
L’autre exemple est le Swaziland, dont le ministre des Ressources naturelles et de l’énergie, Mfomfo Nkambule, s’est dit récemment "inquiet de la ponction que le haut niveau des prix du pétrole opérait sur l’économie du pays", rapportait Reuters le 25 octobre dernier, en indiquant que les projets du gouvernement swazilandais, pour amoindrir la dépendance du pays vis-à-vis des importations de pétrole, le portaient à lancer une étude sur la faisabilité d’une production de biocarburants à partir de la canne à sucre. L’étude doit être menée sur 3 mois, conjointement par une ONG pour l’eau et l’agriculture implantée dans le pays et par la firme allemande de bio-énergie, Alensys.
Le Swaziland est un petit pays coincé entre l’Afrique du Sud et le Mozambique, sans accès à la mer, qui produit chaque année environ 500.000 tonnes de sucre, la principale exportation du pays. En plus des difficultés économiques structurelles et d’une situation monétaire qui souffre de l’accrochage de la monnaie nationale à une monnaie plus forte (le rand sud-africain), le pouvoir d’achat des Swazilandais est attaqué par la hausse du prix du pétrole.
Il est clair que les données économiques ne sont pas les mêmes dans chacun de ces exemples, eux-mêmes différents de La Réunion, mais ce qui étonne, à ce stade des recherches, c’est qu’à peu près partout dans le monde, les recherches portent sur le moyen de produire une énergie alternative.
À La Réunion, pays cannier, la préoccupation principale semble être toujours de penser en termes de “prix garanti” - y compris pour l’éthanol - et de compensation. Est-ce vraiment une façon de préparer l’avenir ?

P. David


Prix du gaz

Pas de ristourne des pétroliers

Dans la récente augmentation des prix des carburants à la pompe, les pétroliers ont lâché 0,02 et 0,03 euros (2 et 3 centimes/litre) sur le super et le diesel.
C’est leur façon de tenir compte des recommandations faites, lors des discussions entre gouvernement et pétroliers - relayées ici par la Préfecture -, de "faire des efforts sur les hydrocarbures". Conséquence, le gaz n’est pas pris en compte : pas de ristourne, donc, sur la bouteille de 12 kg, que tous les usagers paient actuellement 17,80 euros.
Si la ristourne à la pompe a toutes les chances de passer inaperçue pour les porte-monnaie des automobilistes, elle vient rappeler la priorité consentie aux détenteurs d’un véhicule, tandis que tous les usagers du gaz sont “privés de ristourne”.
Et comme cela arrive chaque fois que le prix est le même pour tous, c’est sur les plus démunis que la ponction est la plus forte. Elle va se poursuivre jusqu’à la prochaine hausse, qui écrasera encore davantage les plus faibles. Rappelons à ce sujet les propos qu’un économiste de l’Université tenait le 22 septembre dernier à la Chambre de commerce et d’industrie, sur l’impact macro-économique de la hausse des prix du carburant : "... si les autorités locales ne prennent pas des mesures économiques appropriées, la situation économique de La Réunion ne peut que s’aggraver : baisse sensible du pouvoir d’achat réel des Réunionnais, chute de la consommation, ralentissement de la croissance économique, hausse du chômage, etc... La paix sociale, qui est la fierté de tous les Réunionnais, sera en danger". Ce qui est valable lorsqu’une seule catégorie de Réunionnais est touchée, l’est a fortiori lorsque nous le sommes tous.

P. D.


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