Paul Vergès : Penseur et homme d’action
1er septembre, parPaul Vergès : 2016-2026
Conférence de presse d’ Ary Yée Chong Tchi Kan et Jules Dieudonné
8 avril, par

Lors d’une rencontre avec les journalistes hier, Ary Yée Chong Tchi Kan, membre du secrétariat du PCR et Jules Dieudonné, ancien directeur du PRERURE ont rappelé qu’en matière d’autonomie énergétique, La Réunion est passée de 10 ans d’avance à 30 ans de retard. En cause, il y a le sabotage du PRERURE, feuille de route de l’autonomie énergétique pour 2025. Résultat : à chaque hausse des prix carburants, on parle de crise passagère. Pourtant, la dépendance énergétique de La Réunion vis à vis de l’extérieur est structurelle. Paul Vergès avait anticipé ces chocs en lançant une stratégie d’autonomie fondée sur les énergies locales et le tram-train. Ce cap a été brisé. Résultat : perte d’avance, dépendance accrue, pouvoir d’achat fragilisé. L’urgence est de retrouver une vision et d’agir concrètement.
Dès les années 2000, Paul Vergès portait une conviction simple : La Réunion ne peut construire son avenir en restant dépendante des énergies fossiles importées. L’objectif était clair : produire localement l’énergie consommée sur le territoire.
La stratégie régionale visait la réduction progressive des importations pétrolières, la construction d’une autonomie fondée sur les ressources locales, l’anticipation des crises mondiales et l’inscription de La Réunion comme territoire pilote de la transition énergétique.
Cette vision ne se limitait pas à l’électricité. Elle était systémique :
• Développement massif des énergies renouvelables
• Transformation des mobilités avec le projet de tram-train
• Aménagement du territoire autour d’infrastructures durables
• Soutien à la recherche et à l’innovation locales
En 2010, La Réunion avait près de dix ans d’avance. PRERURE structurait la stratégie. Le programme STARTER en assurait la déclinaison opérationnelle. Le projet PETREL portait la prospective énergétique. Toutes les filières étaient explorées : photovoltaïque, éolien, énergie thermique des mers, géothermie, biomasse, méthanisation, gazéification.
Le tram-train n’était pas qu’un projet de transport. C’était un levier énergétique majeur. Réduire la dépendance au tout-automobile, diminuer la consommation de carburants, structurer un aménagement du territoire cohérent : c’était la colonne vertébrale d’un nouveau modèle.
Ce virage stratégique a été brisé. Par ignorance ou par calcul politique, le programme a été démantelé. Le directeur du PRERURE, Jules Dieudonné, a été placardisé. L’avance accumulée a été dilapidée.
Aujourd’hui, les tensions géopolitiques — guerre impliquant l’Iran, Israël et l’Amérique de Trump —, la hausse du pétrole et l’aggravation du changement climatique confirment la pertinence de cette vision.
Le constat est sévère :
• 2010 : La Réunion avait 10 ans d’avance.
• 2050 : elle pourrait avoir 30 ans de retard si on n’arrête pas la régression.
Le coût de l’inaction est immense :
• Coût économique : explosion des importations et des carburants
• Coût social : pression sur le pouvoir d’achat
• Coût environnemental : aggravation des émissions
• Coût stratégique : dépendance accrue
La vision portée par Paul Vergès n’était ni utopique ni idéologique. Elle était anticipatrice et cohérente. Elle visait à protéger La Réunion des soubresauts extérieurs, à construire une souveraineté énergétique, à faire de notre territoire un laboratoire mondial de la transition.
Nous avions les outils. Nous avions la vision. Nous avions l’avance.
Le véritable enjeu aujourd’hui est simple : retrouver la capacité collective à agir.
M.M.
Paul Vergès : 2016-2026
Mézami mi rapèl lo tan demoune dsu la tèr l’avé pèr la guèr nikléèr i pète avèk la déstrikssion konplète bann sivilizassion. Pars dann tan-la (…)
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