Environnement

2008, l’année du recrutement et d’actions concrètes pour le Parc National

LA RÉUNION

Témoignages.re / 27 décembre 2007

Il n’a pas encore 1 an que déjà, le Parc national de La Réunion tire un premier bilan de sa courte existence. C’est tout à son honneur de tenir ainsi les Réunionnais informés de ses avancées. Pour 2008, le Parc prévoit enfin de recruter ses premiers agents de terrain, avec une volonté de favoriser les candidats locaux.

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Olivier Robinet et Daniel Gonthier, respectivement Directeur et Président du Parc National.
(photo EP)

Ti pa ti pa narivé. C’est un peu le credo du Parc National de La Réunion qui avance lentement, mais sûrement, étape par étape, depuis sa création officielle le 5 mars dernier. Mais les perspectives sont bien tracées pour 2008, et la structure devrait se concrétiser avec les premiers recrutements des agents de terrain, l’aménagement des portes d’entrée du Parc ou encore la définition des zones d’adhésion avec les communes. En attendant le déploiement des moyens humains sur le terrain, des panneaux sont déjà installés pour indiquer les zones du cœur protégé, comme au Col des Bœufs, à Bébour ou encore sur la route du volcan à la Plaine des Cafres, à l’entrée de l’enclos à Sainte-Rose. Il est donc visible, et un Conseil d’administration de 88 membres (élus, associations, Chambres consulaires), dont 15 pour le bureau, ainsi qu’un Conseil scientifique animent depuis quelques mois cet établissement public qu’est le Parc.
Pas question de ne pas associer les Réunionnais à ce projet, affirmait la mission de création du Parc bien avant son installation. Cette position n’a pas changé, cela faisait même partie des « pré-négociations du concept Parc », souligne le président, Daniel Gonthier. Et il confirme que les premiers agents du patrimoine seront recrutés dès l’année prochaine pour une stabilisation des effectifs du Parc fin 2009. 40 agents de terrain, dont la moitié par voie de concours de la Fonction publique, et l’autre moitié (24 exactement) embauchée en contractuels.
L’objectif est clair, il s’agit de permettre à des Réunionnais qui n’ont pas forcément le niveau suffisant pour réussir le concours de garde-moniteur de pouvoir se former sur le terrain, pour ensuite envisager le concours. « Le concours sera sous-traité par un organisme extérieur qui fera une première sélection », explique Daniel Gonthier. Ces postes de faible niveau de qualification (Brevet des collèges) risquent en effet d’entraîner au moins un millier de candidatures, et même des diplômés de l’enseignement supérieur. C’est pourquoi, le temps a été laissé à la formation des Réunionnais qui veulent préparer ce concours qui reste national. La mission de ces gardes-moniteurs ? Sensibiliser et sanctionner en dressant des procès-verbaux.

40 agents de terrain recrutés d’ici 2009

Le Président du Parc envisage d’ailleurs de transformer les braconniers en protecteurs de la nature, eux qui la connaissent si bien finalement, en les formant au métier d’agent de terrain.
En ce qui concerne le personnel d’encadrement du Parc, le recrutement a commencé depuis le mois d’avril dernier et se poursuit, notamment pour les postes d’ingénieurs.
Fin 2008, l’équipe devrait ainsi compter 65 personnes, et à terme, une centaine.
Cela peut sembler insuffisant pour gérer une si grande étendue, soit pour le seul cœur du Parc, 40% de la surface de l’île. Mais Olivier Robinet, Directeur du Parc National, rappelle que l’ONF, la Brigade nature de l’Océan Indien interviennent également sur cet espace. Quatre agents du Parc devraient d’ailleurs être mis à disposition de la Brigade nature pour un travail en partenariat.
Autre gros chantier pour 2008, la construction des locaux du Parc. Hébergé provisoirement au domaine des Tourelles à la Plaine des Palmistes, le siège devrait être bâti à proximité, et pourra accueillir la vente de produits artisanaux, proposer une muséographie, grâce à une collaboration avec le Muséum d’histoire naturelle. Trois antennes pour chaque micro-région, dont celle de Trois-Bassins inaugurée ce mois-ci, vont marquer la présence du Parc sur toute l’île. Pour le Sud, l’antenne sera à Sainte-Rose ou Saint-Philippe. Et pour ce qu’on appelle « les portes d’entrée », les communes de Cilaos, Entre-Deux, Salazie et Saint-Denis sont pressenties.
Enfin, l’élaboration d’une charte du Parc National sera engagée dès l’année prochaine. Aux communes d’y adhérer et de définir pour 10 ans leur aire d’adhésion, au-delà du cœur protégé du Parc. Le Parc National de La Réunion a jusqu’en 2011 pour établir cette charte, principes sur lesquels il faudra se mettre d’accord, mais déjà, Daniel Gonthier annonce qu’il a bon espoir de « boucler la charte en 3 ans ». Pour les communes qui décident d’intégrer une partie de leur territoire à l’aire complémentaire, c’est l’engagement de suivre une certaine ligne de conduite, impliquant par exemple l’agriculture raisonnée, une restructuration des bourgs, la mise en place d’un Agenda 21 local, etc... Saint-Paul et Le Tampon, qui n’étaient pas très favorables à une zone d’adhésion, sont en train de revoir leur position. Ainsi, l’espace de Sans-Souci au Maïdo va être racheté par le Conseil général et classé en Espace naturel sensible. L’Etang Saint-Paul classé en Réserve naturelle.

Edith Poulbassia


2008, année de l’UNESCO

“Des pitons, cirques et remparts”

Un dossier de 300 pages plus 600 d’annexes, c’est le dossier de candidature de La Réunion au patrimoine mondial de l’UNESCO. Deux ans de travail des scientifiques pour présenter l’île avec tout ce qui fait sa spécificité, ses “pitons, cirques et remparts”. La candidature a déjà été validée par le Comité des Biens français en novembre. Le dossier finalisé sera examiné le 9 janvier, puis transmis par la France à l’UNESCO. Les experts de l’UNESCO devraient ainsi visiter l’île l’année prochaine et prendre une décision en 2009.


La géothermie et la position du Parc

« C’est le premier gros dossier, beaucoup d’autres nous arrivent »

A peine installé et déjà confronté à une polémique. Le projet de forages exploratoires de la Région à la Plaine des Sables et l’annonce de la démission du Président du Conseil Scientifique du Parc, René Squarzoni, ont mis sérieusement en doute la capacité du Parc à jouer son rôle de protection de la nature. Daniel Gonthier a clarifié la situation : il n’est plus question de démission, et une réunion a eu lieu il y a quelques jours avec la Région et le Conseil Scientifique. « Le Conseil s’est assuré des conditions acceptables pour la suite (c’est-à-dire si les forages sont concluants), qu’il ne sera pas question de câbles, d’usine, de lignes aériennes dans le cœur du Parc », affirme Daniel Gonthier. Il tient à rappeler que le Conseil d’administration n’a donné son autorisation que pour la phase de forage exploratoire, avec obligation de réhabiliter le site.
Pour le président du Parc, ce projet de géothermie n’est que le premier dossier du genre auquel devra faire face le Parc. Et à chaque fois, il devra « mettre dans la balance l’impact sur le patrimoine et l’impact sur le développement économique de l’île ». C’est ainsi que le Parc a déjà refusé cette année un concert de piano à la Plaine des Sables, des dépôts en hélicoptère, et demande pour la prochaine organisation du Grand Raid de revoir le parcours ou de financer la restauration des zones affectées.


Le nouveau tracé du tram-train

Mesures compensatrices et réhabilitation de la forêt sèche

Avec le nouveau tracé sous-terrain du tram-train le long du massif de la Montagne, le Parc devrait bénéficier de mesures compensatrices de près d’1,5 million d’euros de crédits européens pour la restauration du milieu. De plus, ce tracé va permettre au Parc de s’étendre jusqu’à la mer, et de racheter ce terrain. Pour Olivier Robinet, Directeur du Parc national, il s’agit de « positiver le dossier tram-train », en profiter pour restaurer la forêt sèche du massif de la Montagne, l’une des plus fragiles. Le projet a obtenu l’aval du ministère, reste à obtenir le financement, soit 2,8 millions d’euros. Trois hectares seraient ainsi réhabilités, grâce à la lutte contre les espèces exotiques, et 10 hectares recréés avec des essences indigènes.


La Réunion Terre sauvage

« La Réunion, la nature mise au monde », c’est le titre du magazine “Terre Sauvage”, spécial Réunion. Notre île est à la Une, elle fait même l’objet du prochain supplément spécial de “Terre Sauvage”. Le Parc national a financé et dirigé la réalisation de ce magazine en partenariat avec Bayard Nature et Territoires. Ce sont 64 pages consacrées à la mer de nuage, au Piton de la Fournaise, au littoral, aux enjeux du développement durable. Le magazine sera disponible en janvier à La Réunion.