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4 juin, parNos peines
Un combat important pour la santé des agriculteurs, ouvriers et tous les Réunionnais
2 mai 2015, par

En France, une jeune femme a déposé une plainte contre X il y a quelques jours devant le tribunal de grande instance de Paris pour homicide involontaire ; parce que son père, vigneron, est mort en 2012 suite à l’utilisation de pesticides dont il ignorait la toxicité. Sur le fond, c’est une véritable plainte « contre une négligence assassine dont a été victime sa famille », comme le dit le quotidien communiste français ‘’l’Humanité’’.
Ce journal signale aussi que cette procédure déclenchée par Valérie Murat est « une première en France ? : jusqu’alors, les procédures engagées n’avaient porté que sur la seule reconnaissance d’un lien entre l’usage de ces produits chimiques et la survenue de maladies chez les agriculteurs ». « Cette fois, il s’agit de dégager des responsabilités pénales et de faire la lumière sur ce qu’il s’est passé », explique maître François Lafforgue, avocat de la famille.
Visées : les firmes qui ont commercialisé les produits concernés, accusées de ne pas avoir indiqué strictement les risques encourus par ceux qui s’en servaient. Mais aussi les services de l’État, qui auront traîné à agir quand tout les appelait à le faire, et que la MSA, Sécurité sociale agricole, avait classé le cancer dont souffrait l’agriculteur au rang des maladies professionnelles.
La plaignante souligne que la molécule incriminée dans la mort de son père était connue depuis des décennies comme un agent cancérogène, classé depuis 1955 au tableau des maladies professionnelles agricoles mais constamment utilisé. Pourquoi ?? C’est une question à laquelle Valérie Murat voudrait obtenir une réponse. « Est-ce sous pression des lobbies industriels ? ». Elle ajoute : « Personne, ni dans les chambres d’agriculture, ni dans toute autre institution censée lui apporter conseil, ne l’a jamais mis en garde ». Est-ce suffisant pour incriminer les industriels et l’État qui les a laissés faire ? Au procureur, maintenant, de décider s’il donne suite à l’affaire, ou s’il la classe.
En tout cas, en tant que Réunionnais, cette affaire nous conduit à nous interroger sur le sort que les autorités réservent à nos agriculteurs, à nos ouvriers et à la population en général dans le pays. En effet, on sait que notre pays doit importer chaque années des millions de tonnes de pesticides, d’engrais chimiques et d’autres produits polluants comme le pétrole, l’amiante, les perturbateurs endocriniens etc…
Tous ces produits sont néfastes voire mortels pour les professionnels comme pour les autres citoyens, consommateurs de la malbouffe, de médicaments aux effets néfastes, de gaz carboniques cancérigènes ou autres. Comment peut-on accepter que le peuple réunionnais soit victime de ces importations liées aux intérêts des sociétés multinationales qui sont les profiteurs du système mis en place dans son pays depuis près de 70 ans ?
Et quel est aujourd’hui le droit de décision du peuple réunionnais de pouvoir mettre un terme en toute liberté à ce système polluant qui va encore frapper les générations à venir ? Un combat important à mener pour faire respecter le droit à la santé de nos compatriotes…
Nos peines
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