Saison des pluies

Afrique australe frappée par des inondations meurtrières : avertissement pour La Réunion

22 janvier, par Manuel Marchal

Des pluies exceptionnelles provoquent depuis plusieurs semaines des inondations meurtrières en Afrique australe, faisant plus de 200 morts et des centaines de milliers de sinistrés. Cette catastrophe rappelle la vulnérabilité des territoires exposés aux aléas climatiques, dont La Réunion, régulièrement confrontée aux cyclones, pluies extrêmes et risques d’inondation.

Phot : route coupée par une inondation en Afrique du Sud

Depuis la fin du mois de décembre, l’Afrique australe subit des pluies d’une intensité exceptionnelle, à l’origine d’inondations dévastatrices. L’Afrique du Sud, le Mozambique et le Zimbabwe sont les pays les plus touchés par cet épisode climatique majeur, qui a déjà fait plus de 200 morts, détruit des milliers d’habitations et entraîné des évacuations massives. Au-delà du drame humain immédiat, ces événements mettent en lumière la vulnérabilité croissante des régions exposées aux phénomènes météorologiques extrêmes, une réalité qui concerne également des territoires insulaires comme La Réunion.

Etat de catastrophe nationale en Afrique du Sud

En Afrique du Sud, la gravité de la situation a conduit le Centre national de gestion des catastrophes à déclarer l’état de catastrophe nationale. Les provinces du Limpopo et du Mpumalanga, situées au nord du pays, ont été particulièrement frappées. Des pluies continues ont provoqué la crue soudaine des rivières, engloutissant des quartiers entiers. Dans le Limpopo, au moins 17 personnes, dont deux enfants, ont perdu la vie, tandis que le Mpumalanga déplore au moins 20 décès liés aux inondations.

Les dégâts matériels sont considérables. Plus de 1 600 habitations et 31 écoles ont été touchées dans le Limpopo, et plus de 1 000 maisons ont subi des dommages dans le Mpumalanga. Les infrastructures routières ont été lourdement affectées, rendant l’accès à certaines zones difficile pour les secours. Le parc national Kruger, l’un des plus grands d’Afrique, a dû être partiellement fermé, et plus de 600 visiteurs ont été évacués après l’inondation de routes et de camps.

Face à l’urgence, les Forces de défense nationales sud-africaines ont déployé des hélicoptères pour secourir les populations isolées. Le président Cyril Ramaphosa s’est rendu dans les zones sinistrées afin d’évaluer l’ampleur des dégâts et de coordonner la réponse de l’État.

Mozambique et Zimbabwe concernés

Au Mozambique, les autorités font état d’au moins 103 morts depuis le début de cette saison des pluies exceptionnellement violente. Plus de 200 000 personnes ont été affectées à l’échelle nationale. L’agriculture est durement touchée, avec près de 173 000 hectares de terres cultivables inondées, faisant craindre une aggravation de l’insécurité alimentaire dans les mois à venir.

Le Zimbabwe paie lui aussi un lourd tribut, avec au moins 70 morts et plus de 1 000 habitations détruites depuis début janvier. Écoles, routes et ponts ont été endommagés ou emportés par les eaux, perturbant durablement l’accès aux services essentiels.

Selon les météorologues, un système dépressionnaire lent continue de générer des pluies torrentielles sur l’Afrique australe, et de nouvelles précipitations sont attendues. Ces événements résonnent bien au-delà du continent africain. À La Réunion, territoire régulièrement exposé aux cyclones, aux pluies intenses et aux crues soudaines, ce type de catastrophe rappelle la nécessité d’une vigilance permanente, d’une adaptation des infrastructures et d’une préparation renforcée face aux effets de plus en plus marqués du changement climatique.

M.M.

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