Obsèques de Pierre Thiébault : un départ en chantant
4 juin, parNos peines
Maintien de l’activité économique pendant le passage d’un cyclone
1er mars 2007

Le passage prolongé du cyclone Gamède dans les parages de La Réunion a déclenché une succession d’alertes. Mais malgré l’autorisation de circuler pour maintenir l’activité économique, faut-il prendre le risque de perdre sa vie en allant la gagner ?
Le dernier cyclone qui vient de toucher La Réunion a eu pour particularité de rester à proximité de notre île en décrivant une trajectoire peu ordinaire. Un premier passage au plus près dans la nuit de samedi à dimanche, une position stationnaire lundi, et un retour à moins de 300 kilomètres des côtes dans la nuit de mardi et mercredi. Aussi singulier qu’il puisse être, un tel itinéraire n’est pas sans précédent. Les plus de 30 ans ont en effet encore en mémoire les dégâts considérables infligés par Hyacinthe en 1980, qui éprouva considérablement La Réunion par son maintien dans les environs de l’île pendant plusieurs jours.
Parmi les mesures mises en place pour protéger la population, les plus importantes sont sans nul doute les niveaux d’alerte. Successivement se déclenchent la vigilance, l’alerte orange, l’alerte rouge, puis la phase de prudence lorsque le cyclone s’éloigne. A ces alertes correspond notamment une série d’obligations et d’interdictions. Quand un cyclone est susceptible de présenter un danger dans les 24 heures à venir, le Préfet décide de déclencher l’alerte orange. Cela signifie surtout la fermeture de tous les établissements scolaires, et le maintien de l’activité économique. Quand la menace cyclonique se fait plus pressante, et qu’elle devient alors un danger immediat dans les heures à venir, c’est là que le représentant de l’Etat lance l’alerte rouge. Lors de l’épisode Gamède, La Réunion a franchi 2 fois ce seuil. Pour la population, le principal effet de l’alerte rouge est l’interdiction de circuler sur la voie publique. Ce qui, par conséquent, signifie l’arrêt de toute activité économique.
Bouffée d’oxygène
Après le premier passage du météore, décision a été prise de lever l’alerte rouge dimanche à 18 heures, ce qui permettait une reprise de l’activité économique le lendemain. La levée de l’interdiction de circuler a été aussi l’occasion pour les services publics d’effectuer les premières remises en état d’urgence sur les différents réseaux ravagés par le cyclone. Cela permit notamment de diminuer significativement le nombre de foyers privés d’électricité et de téléphone. Le premier bilan, dimanche, faisait état de plus de 100.000 abonnés privés de courant, il n’était plus qu’environ 40.000 à l’heure où Gamède redevanait une menace immédiate.
Par ailleurs, la première levée de l’alerte rouge a offert une possibilité de ravitailler en produits de première nécessité les commerces et les stations-service grâce au passage d’un convoi exceptionnel de camions sur une route du Littoral coupée à la circulation. Dans ce sens, cette décision a donné une bouffée d’oxygène à une île dont le réseau de communication a gravement souffert de la coupure de plusieurs axes stratégiques : route du Littoral et liaison Saint-Louis / Saint-Pierre.
Périlleux retour
Mais, comme le montrent les difficultés rencontrées sur la route de La Montagne lundi et surtout mardi, le maintien de l’activité économique s’est traduit par des prises de risques importantes pour les travailleurs qui devaient se rendre dans leur entreprise (voir encadré).
Ce qui s’est passé mardi sur la route de La Montagne n’est pas un cas isolé. Des salariés partis tôt le matin ont dû faire face, sur le chemin du retour, à une route rendue dangereuse par la pluie, les chutes d’arbres menaçantes, les risques d’éboulis et les radiers submergés. Résultat : ce mardi matin, une grande partie de la population se demandait pourquoi l’alerte rouge n’avait pas été maintenue et s’interrogeait sur les risques pris pour maintenir une activité économique déjà gravement plombée par la coupure d’axes stratégiques. D’où cette conclusion en forme de question que chaque travailleur doit être en droit de se poser dans de telles circonstances : faut-il prendre le risque de perdre sa vie en allant la gagner ?
Manuel Marchal
Entre Saint-Denis et La Possession mardi matin
Un aller-retour à haut risque
Mais qui dit reprise de l’activité économique dit reprise du travail. Ce sont donc les salariés qui ont repris le chemin de leur entreprise. Et pour celles et ceux qui sont obligés d’aller du Nord ou de l’Est vers l’Ouest, ou inversement, la seule solution est la route de La Montagne. Par ailleurs, pour les travailleurs vivant dans l’Ouest et contraints de se rendre à leur poste dans le Sud, la route de La Montagne est sans alternative depuis la catastrophe qui a emporté un pont de la Rivière Saint-Etienne, et ce jusqu’à ce qu’il soit possible d’établir une liaison sûre entre Saint-Louis et Saint-Pierre.
Mais outre le fait que cet itinéraire ne soit pas capable d’absorber le trafic habituel de la route du Littoral dans de bonnes conditions de fluidité, il traverse des villages, serpente aux pieds de falaises et en bordure de ravine. Le maintien de conditions cycloniques a vite rendu extrêmement dangereux le trajet entre la capitale et l’Ouest. En témoignent les 2 éboulements successifs qui ont coupé temporairement la route de La Montagne. Face à une telle situation, la Préfecture a pris la responsabilité de fermer lundi soir cet axe à toute circulation jusqu’au lendemain. Mardi, après une inspection, la route était rouverte à 6 heures.
La Montagne prise d’assaut
Mardi, l’île est en phase de prudence cyclonique alors que le cyclone revient sur La Réunion. Le Préfet décide alors le passage en alerte orange. Mais depuis 6 heures, des milliers de personnes ont pris d’assaut les rampes de La Montagne et de la Ravine à Malheur pour se rendre à leur travail. Les conditions de circulation sont dantesques, et il faut, au bas mot, 2 heures pour rejoindre La Possession depuis la capitale.
Les conditions climatiques s’aggravent, et l’annonce de la fermeture à 10 heures de la route de La Montagne, conjuguée à un probable passage en alerte rouge dans l’après-midi, amènent tous ceux qui ont rejoint le matin leur lieu de travail à rentrer précipitamment dans leurs foyers. Mais sur la route de La Montagne, la circulation est bien plus difficile que le matin. Les embouteillages se succèdent, immobilisant dangereusement des centaines d’automobilistes aux pieds de falaises gorgées d’eau.
Et au bout de plusieurs heures de galère sous la tempête, l’arrivée à La Possession ou à Saint-Denis est souvent vécue comme une délivrance.
Pris au piège
Mais beaucoup d’automobilistes sur le chemin du retour sont pris au piège. La fermeture concerne un secteur précis de la route, entre le PK16 et le PK21. Ce qui veut dire qu’il ne suffisait pas de s’engager sur la route de La Montagne avant 10 heures, il fallait avoir franchi la zone bloquée à toute circulation avant cette heure. Des centaines de personnes doivent alors faire demi-tour ou trouver une solution d’hébergement d’urgence, alors qu’elles ont commencé à circuler sur la route de La Montagne plus de trois-quart d’heure avant la fermeture.
À travers cet enchaînement d’événements, apparaît plus que jamais la nécessité d’une liaison sécurisée entre Saint-Denis et La Possession. Pour qu’un salarié qui, le matin, se rend à son travail puisse être sûr de rentrer pour se mettre à l’abri d’un cyclone dévastateur qui pointe à l’horizon.
Manuel Marchal
Nos peines
In kozman pou la rout
Nouvelle illustration de la faillite du système néocolonial
Négociations internationales sur la lutte contre la crise climatique
Des aides publiques de la France possibles
Paris tombera-t-il dans le piège tendu par ceux qui veulent saboter le succès prévisible des prochains Jeux des îles aux Comores ?
Au lieu de reproduire la France, les Réunionnais devraient s’inspirer de Madagascar
Retour sur le séminaire organisé par la Section PCR de Saint-Denis
Conséquence de la crise et de la pénurie de logements sociaux
Condoléances du Parti Communiste Réunionnais
Face aux difficultés de trésorerie à cause des retards de paiement
À la veille de la manifestation organisée par des élus devant la préfecture