Un procédé qui ne produit pas de fumée, ni de gaz à effet de serre pendant le traitement

Calcior : alternative à l’incinération des déchets

28 août 2008, par Manuel Marchal

La Réunion produit actuellement 600.000 tonnes de déchets par an. Le MGER a présenté hier une solution capable d’en traiter les deux tiers : le Calcior. Ce procédé transforme boues de stations d’épuration, déchets verts et organiques en engrais, en briques pour le BTP ou en combustible propre pour les centrales thermiques.

Le MGER a rappelé hier l’existence d’une alternative à l’incinérateur : le Calcior.
(photo MM)
Tout savoir sur le Calcior

Avec une production de 600.000 tonnes de déchets par an, La Réunion est confrontée à un grave défi. Malgré tous les efforts effectués jusqu’à présent, une grande partie est enterrée dans des décharges qui vont arriver à saturation. Pour pallier à cette situation, l’incinérateur a été proposé. Aujourd’hui, cette solution est écartée pour des raisons de santé publique et parce qu’elle plombe le développement d’une filière du recyclage des déchets, créatrice d’emplois.
Le Mouvement pour la gauche écologiste réunionnaise (MGER) a rappelé hier à la presse un procédé qu’il estime plus conforme au développement durable. Il s’agit du procédé Calcior. Inventé par Max Dézier, breveté en 1996, agréé par le ministère de l’Ecologie, cette méthode de traitement des déchets ne produit pas de gaz à effet de serre, ni de rejets toxiques, et transforme les déchets verts, les déchets organiques et les boues de stations d’épuration en briques pour le BTP, en engrais ou en combustible "vert" pour les centrales thermique. En sachant qu’une tonne et demie de déchets traités a le même pouvoir calorifique qu’une tonne de charbon.
D’un coût de 7,5 millions d’euros, une ligne de Calcior est capable de traiter 15 tonnes de déchets par heure, soit 40.000 par an, précise Cyrille Lebon, secrétaire général du MGER. Trois lignes ont donc la même capacité qu’un incinérateur, pour un investissement beaucoup moins important, tout en occupant une emprise foncière bien moindre : 5.000 mètres carrés pour une ligne Calcior, 15 hectares pour un incinérateur.
Dans le détail, les déchets sont broyés puis placés dans une cuve. En présence d’un réactif et au contact de la chaux vive, une réaction chimique sans fumée se produit pour chauffer les déchets à une température de 350 degrés. Après criblage, les déchets traités peuvent servir comme engrais, matériaux de construction ou granulés de combustible. Quant aux boues des stations d’épuration, elles deviennent un sable blanc qui peut être utilisé dans le BTP.
Le MGER annonce des contacts avec plusieurs collectivités : le TCO, dont Cyrille Lebon est un vice-président, La Possession et la CIREST.
Le MGER plaide pour l’implantation à La Réunion d’un site de démonstration, avec un laboratoire d’analyse : un investissement de 40.000 euros. Quant à l’exploitation industrielle du procédé à La Réunion, le MGER indique qu’une entreprise réunionnaise est sur les rangs.

Manuel Marchal


Faire venir la chaux de Madagascar

Pour fonctionner, le procédé Calcior a besoin de chaux. Pour traiter 10 tonnes de déchets, une tonne de chaux est nécessaire. Ce matériel est extrait de mines situées en dehors de La Réunion, indique Cyrille Lebon. Il précise que la centrale de Bois-Rouge utilise ce même minerai pour ses besoins, à hauteur de 50 tonnes par semaine extraites dans des mines situées en France.
Le MGER compte prospecter à Madagascar pour réduire les coûts d’approvisionnement. Cyrille Lebon cite la région de Tamatave, où des mines de chaux sont exploitées. Pour traiter autant de déchets qu’un incinérateur en un an, il faut en effet 12.000 tonnes de chaux.

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Messages

  • le criblage des déchets est une nécessité dans le processus présenté, aussi je profite de ce post pour vous informer qu’en tant que fabricant de cribleurs nous sommes intéressés par cet aspect du projet. philippe lacombe 0603670054


Témoignages - 82e année


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