Environnement

Conférence SIDELEC-FNCCR : comment produire 100 % de l’électricité à partir des énergies renouvelables en 2030

La transition énergétique à l’honneur au travers de deux événements

Manuel Marchal / 7 novembre 2018

Le SIDELEC et la FNCCR organisaient hier à Saint-Denis une conférence sur le thème de la transition énergétique. L’objectif des institutions est d’arriver à une autonomie énergétique sur le plan électrique d’ici 2030. La participation de délégations venues de France et de la Guadeloupe a permis un échange sur les pratiques et les projets. Après cette conférence, le SIDELEC a signé une convention avec la Région pour le financement de 250 bornes de recharge pour voiture électrique, et de lampadaires.

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Guy Hourcabie, président du Syndicat de la Nièvre, Xavier Pintat, président de la FNCCR, Maurice Gironcel, président du SIDELEC Réunion et Albert Elatre, président du SYMEG (Guadeloupe).

Deux événements relatifs à l’énergie se sont déroulés hier à Saint-Denis. Au siège de la Région Réunion hier après-midi, le SIDELEC a signé une convention avec la Région pour financer 250 bornes de recharge pour voiture électrique et des lampadaires alimentés par de l’électricité fabriquée à partir du soleil. Précédemment, le Syndicat d’électricité de La Réunion (SIDELEC) et la Fédération nationale des collectivités concédantes et des régies (FNCCR) ont organisé à l’hôtel Créolia de Saint-Denis une conférence sur la transition énergétique.

Cette rencontre a vu la participation de nombreux élus ainsi que de délégations venues de France, et de la Guadeloupe. Étaient notamment présents la Commission nationale de régulation de l’énergie (CRE), ainsi que le Syndicat mixte d’électricité de la Guadeloupe (SyMEG) et celui de la Martinique. Des entreprises privées avaient également répondu à l’invitation dont EDF, qui détient le monopole du transport et de la distribution de l’électricité à La Réunion et dans les autres îles appelées dans le jargon des électriciens « Zones non interconnectées, ZNI ». La conférence s’est structurée autour de deux tables rondes : « Quel mix de production énergétique pour les zones non interconnectées aux réseaux électriques métropolitains ? », « Des usages énergétiques en mutation dans les ZNI : efficacité énergétique, mobilité propre, éclairage public… ».

L’exemple de Sainte-Suzanne

Lors de la conférence de presse qui a suivi, Maurice Gironcel, président du SIDELEC Réunion, a déclaré que les débat ont notamment portés sur les objectifs fixés à La Réunion en termes de transition énergétique et de climat. Il s’agit d’arriver d’ici 2030 à l’autonomie énergétique électrique. Comme l’a rappelé au cours de la seconde table ronde Alin Guézelot, président de la SPL Énergie, c’est aussi l’objectif de Didier Robert, président de la Région Réunion. Pour y arriver, il a été notamment question des outils en termes d’éclairage public, a précisé Maurice Gironcel. Le président du SIDELEC Réunion a souligné que c’est la première fois que la FNCCR vient à La Réunion. La délégation visitera aujourd’hui Sainte-Suzanne, ville à énergie positive, qui produit grâce aux énergies renouvelables pour 35000 habitants soit plus que sa population. Maurice Gironcel a annoncé qu’avec les nouvelles éoliennes qui seront construites par Cadran, Sainte-Suzanne sera en mesure de fournir de l’électricité pour 45000 habitants. Il a également rappelé que le président du Département a accompagné le SIDELEC à travers le versement d’une subvention de 2 millions d’euros.

Xavier Pintat, président de la FNCCR, a précisé que son institution représente les collectivités concessionnaires dans l’électricité, gaz, chaleur… notamment l’éclairage public et le numérique. Il a salué la qualité des tables rondes.

« La technique évolue pour la transition énergétique », a-t-il dit, « ce sont des défis à relever qui nécessitent la mobilisation de tous ». D’où l’importance d’une collaboration entre les SIDELEC et les Région. Il a noté « beaucoup de choses très intéressantes dans le SIDELEC Réunion » et « des atouts La Réunion en matière d’énergies renouvelables ».

Le problème du stockage

Albert Elatre, président du SYMEG (Guadeloupe) a relevé que « l’expérience de La Réunion converge avec ce que nous répétons chez nous ». Il a souligné que « le souci est l’intégration de l’énergie intermittente sur le réseau ». « La solution du stockage fait que le coût de l’énergie renouvelable revient très cher, 230 euros le mégawatt », a-t-il indiqué. Aujourd’hui, le coût de production à partir du photovoltaïque arrive au niveau des anciennes techniques, mais c’est le stockage qui est la source d’un prix trop élevé. « La flexibilité des énergies renouvelables doit permettre de produire de l’énergie à un coût raisonnable », a-t-il affirmé, « car il faut arriver que cela soit vertueux ». En effet, sans cette baisse du coût, c’est le contribuable qui doit compenser.

Rappelons que la question du stockage vise à lisser l’insertion dans le réseau géré par EDF de l’électricité provenant de ressources intermittentes comme le soleil ou le vent. EDF a fixé une limite : si la part des énergies renouvelables dépassent 35 %, alors le surplus est déconnecté de son réseau.

Guy Hourcabie, président du Syndicat de la Nièvre, a insisté sur le partenariat entre son institution créée en 1946 et le SIDELEC Réunion. Ceci permet à la structure réunionnaise de bénéficier de savoir-faire déjà testés qui pouvaient être appliqués à La Réunion. « Mafate sera un vrai laboratoire où beaucoup de choses seront testées ». Ces expériences dans la région la plus isolée de La Réunion bénéficient d’un soutien de 15 millions d’euros sur 5 ans provenant d’un fonds national.

M.M.



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  • De bonnes infos, espérons que ce sera du concret. Ce qu’on a remarqué, c’est qu’on a oublié complètement le sujet de l’énergie renouvelable (inépuisable même par définition) et gratuite qu’offre, offrira la géothermie. A croire que cela dérange, ou n’est pas assez rentable, utopique, sale, moche, et qu’il faudrait l’oublier, comme finalement toutes ses fumées issues des chaudières, des moteurs de véhicules, majoritairement diésels, dont créateurs de micro particules cancérigènes. Sans oublier les moteurs des navires, pétroliers, porte containers, cargots, paquebots, etc, qui, c’est vrai, naviguent sans payer de taxe sur le carburant, comme les avions. Vous avez dit bizare, proposons au plus vite autre chose pour le devenir de la planète à qui on doit tout, tout simplement et c’est déjà pas mal, que dis-je, primordial, vital ! Arthur et famille. Qui tousse hélas de plus en plus.

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