Contre la loi Duplomb : des scientifiques et associations de patients interpellent le Conseil constitutionnel

31 juillet 2025, par temoignagesceline

Alors que la pétition contre la loi Duplomb a dépassé la barre des 2millions de signatures, une tribune appelle les Sages à « répondre à l’exigence démocratique exprimée fortement par les citoyens français ».

« La loi Duplomb ne passe pas » auprès des Français, des scientifiques et de « nombreux agriculteurs » car elle est « dangereuse pour la santé de nos concitoyens », a affirmé le 29 juillet une tribune de sociétés savantes et d’associations de patients, appelant le Conseil constitutionnel à rejeter le texte.

La pétition contre cette loi permet la réintroduction sous conditions d’un pesticide interdit en France depuis 2018, a dépassé la barre des 2 millions de signatures, cette tribune publiée dans Le Monde appelle les Sages à « répondre à l’exigence démocratique exprimée fortement par les citoyens français ».

« Le Conseil constitutionnel doit constater l’incompatibilité de la loi Duplomb avec le principe de précaution inscrit dans la Charte de l’environnement » et ainsi « protéger les générations futures d’un texte qui compromet, sans l’ombre d’un doute raisonnable, la santé des jeunes, des enfants et de ceux à naître », ont assuré les signataires.

Parmi les signataires figurent Fleur Breteau, fondatrice du collectif Cancer Colère, Magali Leo, coordinatrice d’Action Patients, Agnès Linglart, présidente de la Société française de pédiatrie, Maxime Molina, président du directoire de la Fondation pour la recherche médicale, Olivier Coutard, président du conseil scientifique du CNRS ou Gérard Socié, président du conseil scientifique de l’Institut national du cancer.

« Nos règles constitutionnelles peuvent et doivent être interprétées à la lumière des données de la science », ont souligné ces derniers. Selon les signataires, la loi a été élaborée « en ignorant ce que les professionnels de la santé et les scientifiques connaissent des effets de ces produits sur la santé humaine ».

Ils ont rappelé qu’en 2021, « l’Inserm a analysé plus de 5000 articles scientifiques et retenu une présomption forte de lien entre l’exposition aux pesticides et la survenue de certains cancers, de troubles neurodégénératifs, pulmonaires, endocriniens ».

« Parmi les 53 personnalités auditionnées » au Sénat, on ne trouve « aucun médecin, toxicologue, épidémiologiste », « représentant de l’Inserm, du CNRS, du ministère de la Santé ou du Travail » alors que « les pesticides sont des facteurs reconnus de maladies professionnelles », ni « de la Caisse nationale d’assurance-maladie ou de la Mutualité sociale agricole », a précisé la tribune.

« La loi Duplomb est une loi qui ne passe pas (...) pour les Françaises et les Français victimes des maladies induites par les pesticides » ; « les scientifiques, qui, constatant les effets dévastateurs des pesticides sur le vivant, ont alerté les parlementaires des conséquences prévisibles de cette loi » ; et « de nombreux agriculteurs (...) premières victimes des pesticides », ont souligné les signataires de la tribune.


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