Ressource en eau du 1er au 15 septembre, bulletin de l’Office de l’eau Réunion

Crise de l’eau à La Réunion : la sécheresse persiste, l’Est et le Sud toujours sous tension

19 septembre, par Manuel Marchal

La situation de la ressource en eau reste préoccupante à La Réunion. Au cours de la première quinzaine de septembre, plusieurs cours d’eau ont vu leurs débits diminuer et les niveaux des nappes repartent à la baisse. La Rivière Langevin atteint son niveau le plus bas pour la période, tandis que certaines nappes du Nord et de l’Ouest restent très déficitaires. Les 24 communes sont concernées par des mesures d’alerte ou de vigilance.

La sécheresse ne relâche pas son emprise sur La Réunion. Le bulletin sur l’état quantitatif de la ressource en eau, actualisé le 17 septembre pour la période du 1er au 15 septembre, montre une situation très contrastée selon les secteurs. Certaines améliorations apparaissent dans l’Est, mais plusieurs ressources restent à des niveaux préoccupants.
Dans le Nord, les débits diminuent. La Rivière Saint-Denis reste très déficitaire, avec un débit médian de 366 litres par seconde, tandis que la Rivière Sainte-Suzanne conserve un état excédentaire. Dans l’Est, les pluies ont permis une amélioration sur les rivières des Marsouins, des Roches et sur le Bras Panon. La situation reste toutefois fragile : la Rivière des Marsouins est toujours classée très déficitaire.
C’est dans le Sud que la situation apparaît particulièrement tendue. La Rivière Langevin affiche seulement 14 litres par seconde et atteint son débit médian le plus faible jamais observé pour cette période. Dans l’Ouest, la Ravine Saint-Gilles conserve en revanche un état normal.

Les nappes repartent à la baisse

La situation des eaux souterraines appelle également à la vigilance. Les niveaux des nappes repartent à la baisse durant la première quinzaine de septembre. À Saint-André, l’état est déficitaire. À Sainte-Suzanne, la nappe est classée très déficitaire, avec un niveau en baisse. Dans l’Ouest, une partie de la nappe inférieure du Port reste très déficitaire. À Saint-Benoît, Saint-Leu et dans le Sud, la situation demeure normale, mais plusieurs nappes enregistrent également une tendance à la baisse.
Cette situation explique le maintien de restrictions dans une grande partie de l’île. Depuis l’arrêté préfectoral du 10 septembre, six communes sont en alerte renforcée : Le Port, La Possession, Saint-André, Saint-Benoît, Saint-Philippe et Saint-Joseph. Neuf autres sont en alerte et neuf en vigilance.

Une ressource à gérer autrement

Ces chiffres rappellent que la crise de l’eau ne peut être réduite à une succession de mesures prises au gré des épisodes de sécheresse. Lorsque les cours d’eau et les nappes restent durablement fragilisés, c’est toute la gestion de la ressource qui doit être interrogée.
La priorité est de préserver l’eau disponible, de réduire les pertes des réseaux, de mieux récupérer les eaux de pluie et de revoir les usages de l’eau potable. Dans un contexte climatique marqué par des sécheresses plus longues et des pluies de plus en plus irrégulières, l’accès à l’eau doit être garanti comme un besoin essentiel.
Le bulletin du 17 septembre apporte ainsi un nouveau signal : malgré des améliorations locales, la crise de l’eau est loin d’être terminée.

M.M.

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