180 litres d’eau par jour et par personne : droit vers la pénurie

Crise de l’eau à La Réunion : les coupures nocturnes soulignent le risque de pénurie

8 juillet, par Manuel Marchal

Les coupures d’eau nocturnes mises en place à Saint-André à partir de ce mardi 7 juillet illustrent une nouvelle fois la fragilité croissante de l’approvisionnement en eau à La Réunion. Face à une pluviométrie insuffisante et à une baisse des réserves souterraines, la commune et la CIREST ont choisi d’interrompre la distribution chaque nuit, de 20 heures à 5 heures, afin de préserver une ressource devenue particulièrement vulnérable.

Cette décision s’inscrit dans un contexte plus large où les épisodes de sécheresse se multiplient, mais elle met aussi en lumière des difficultés anciennes. Les Réunionnais consomment en moyenne près de 180 litres d’eau par personne et par jour, un niveau élevé qui accentue la pression sur les réserves. À cette consommation soutenue s’ajoutent des décennies de sous-investissement dans les réseaux d’alimentation. Résultat : plus de 30 % de l’eau potable disparaît avant même d’arriver au robinet, perdue à travers des canalisations vieillissantes et des fuites parfois importantes.
Les restrictions décidées à Saint-André ne devraient donc pas être perçues comme une simple réponse à un manque de pluie, mais comme le symptôme d’une crise plus profonde. Sans rénovation massive des infrastructures et sans évolution durable des comportements, ces mesures risquent de devenir de plus en plus fréquentes. La CIREST lance un important plan d’investissements : 90 millions d’euros pour sécuriser l’approvisionnement en eau potable dans l’Est du pays. La priorité est donnée à Saint-André, commune la plus touchée par les coupures d’eau. La collectivité reconnaît un retard structurel lié à plusieurs décennies de sous-investissement.

L’eau ne sera pas potable après chaque coupure

La CIREST prévient d’ailleurs que des baisses de pression ou des interruptions ponctuelles pourront également intervenir en journée. Lors du rétablissement du service, l’eau distribuée pourra présenter une qualité dégradée. Les habitants sont invités à ne pas la consommer directement. Pour un usage alimentaire, il est recommandé de faire bouillir l’eau du robinet pendant au moins trois minutes avant de la boire ou de l’utiliser pour la préparation des repas. L’eau embouteillée constitue également une alternative.

Les autorités appellent enfin la population à adopter des gestes simples pour économiser l’eau : limiter les consommations inutiles, différer certains usages domestiques et éviter tout gaspillage. Des habitudes qui, désormais, ne relèvent plus seulement du civisme, mais d’une nécessité face à une ressource dont l’équilibre apparaît plus fragile que jamais.

M.M.

Impasse du modèleSécheresse

Signaler un contenu

Un message, un commentaire ?


Témoignages - 82e année


+ Lus