Le Tampon : les retenues de Piton Sahales et des Herbes Blanches (plus de 600000 mètres cubes) sont vides

Crise de l’eau à La Réunion : les réserves agricoles arrivent à sec

25 septembre, par Manuel Marchal

À la Plaine des Cafres, les réservoirs de Piton Sahales et des Herbes Blanches sont désormais à sec. Ces deux ouvrages, qui pouvaient stocker respectivement 350 000 et 300 000 mètres cubes d’eau, ne peuvent plus répondre aux besoins des agriculteurs. Dans les exploitations, l’espoir repose désormais sur une pluie providentielle. Une situation qui illustre la gravité de la crise de l’eau à La Réunion. C’est la capacité de La Réunion à garantir son alimentation qui est posée. Attendre la pluie ne peut constituer une politique de l’eau. La crise impose désormais de tout remettre à plat, afin de garantir durablement l’accès à cette ressource vitale.

La situation devient critique pour l’agriculture réunionnaise. À la Plaine des Cafres, deux réserves essentielles à l’irrigation des cultures ne disposent plus d’une goutte d’eau. Le réservoir de Piton Sahales, d’une capacité de 350 000 mètres cubes, comme celui des Herbes Blanches, pouvant contenir 300 000 mètres cubes, sont à sec.
Pour les agriculteurs, cette situation signifie une dépendance directe aux précipitations. Sans pluie, impossible d’assurer normalement l’arrosage des cultures. Après plusieurs mois marqués par un déficit pluviométrique important, la question n’est donc plus seulement celle de la gestion des réserves : c’est la capacité de La Réunion à garantir son alimentation qui est posée.

Cette crise intervient alors que l’eau est devenue une ressource de plus en plus fragile. Le dérèglement climatique modifie le régime des précipitations et accentue l’alternance entre épisodes de sécheresse et pluies intenses. Les infrastructures doivent donc faire face à une situation nouvelle, pour laquelle les politiques publiques doivent être adaptées.

La Réunion dispose pourtant d’importantes ressources en eau. Mais une partie considérable de cette ressource est perdue avant même d’arriver au robinet ou aux exploitations agricoles. Les réseaux présentent des fuites importantes, d’importants volumes sont gaspillés comme le montre la centrale EDF de Sainte-Rose qui rejette à la mer une eau pure pour alimenter une turbine au niveau de la mer tandis que les besoins augmentent sous l’effet de la croissance démographique, de l’agriculture et des gaspillages.

La question est donc celle des priorités. Comment sécuriser l’eau destinée à l’alimentation et à la production agricole ? Comment réduire massivement les pertes dans les réseaux ? Comment mieux stocker l’eau lorsqu’elle tombe en abondance afin de pouvoir l’utiliser durant les périodes sèches ? Comment adapter les cultures au nouveau régime climatique ?

Attendre la pluie ne peut constituer une politique de l’eau. La crise impose désormais de tout remettre à plat, afin de garantir durablement l’accès à cette ressource vitale.

M.M.

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