Près d’un millier de morts en Indonésie à cause d’un cyclone

Déforestation de La Réunion : menace mortelle pour les Réunionnais

15 décembre 2025, par Manuel Marchal

Depuis la colonisation, la déforestation a fragilisé La Réunion en rompant des équilibres écologiques essentiels, notamment dans les bassins versants. Comme en Indonésie, où la disparition des forêts a aggravé des crues meurtrières, l’île subit une vulnérabilité accrue face aux cyclones. Les projets de reboisement portés par Paul Vergès visaient à restaurer ces protections naturelles, mais leur sabotage après une élection laisse aujourd’hui le territoire exposé à des risques croissants, renforcés par le changement climatique.

Depuis le début de la colonisation française, La Réunion a été profondément transformée par la destruction progressive de ses forêts. Les défrichements successifs, motivés par l’agriculture, l’exploitation des ressources et l’urbanisation, ont fragilisé l’île en rompant des équilibres écologiques essentiels. En dehors des forêts aujourd’hui sanctuarisées au sein du Parc national, les bassins versants ont perdu une grande partie de leur capacité naturelle à absorber et à réguler les pluies, exposant le territoire à des risques croissants d’inondations et de glissements de terrain.

Avertissement en Indonésie

Les catastrophes récentes observées en Indonésie, notamment à Sumatra, rappellent de façon tragique les conséquences de la déforestation. Là-bas, des pluies cycloniques exceptionnelles ont provoqué des crues meurtrières, dont la violence a été amplifiée par la disparition massive des forêts. Les rivières, chargées de troncs et de sédiments, se sont transformées en véritables murs de débris. Les scientifiques ont montré que la perte de couverture forestière avait multiplié le ruissellement et réduit fortement l’infiltration de l’eau, rendant les territoires extrêmement vulnérables.

À La Réunion, les mécanismes sont similaires. Les forêts endémiques, adaptées aux reliefs abrupts et aux sols volcaniques, jouaient un rôle fondamental de stabilisation des pentes et de ralentissement des écoulements. Leur disparition pour exporter des produits pas chers vers la France, particulièrement marquée dans l’Ouest de l’île, a accentué l’érosion et la violence des crues lors des épisodes cycloniques. À l’inverse, les zones protégées du Parc national démontrent encore aujourd’hui l’efficacité de ces écosystèmes pour amortir les chocs climatiques.

Reboisement de l’Ouest saboté après une élection

Conscient de ces enjeux, Paul Vergès avait fait du reboisement un axe stratégique du développement de La Réunion. L’un de ses objectifs majeurs était la restauration écologique de l’Ouest de l’île, notamment autour de la route des Tamarins, avec la plantation de 500 000 arbres endémiques. Ce projet visait à recréer des continuités forestières, à protéger les sols et à réduire les risques naturels, tout en valorisant le patrimoine végétal réunionnais. Il s’inscrivait dans une vision à long terme, associant aménagement du territoire, prévention des catastrophes et adaptation au changement climatique.

Cependant, à l’image du projet de tram-train, cette ambition de reboisement a été sabotée à partir de 2010, à la suite d’une élection. L’abandon de ces politiques de long terme a laissé en suspens une réponse structurelle à la vulnérabilité de l’île. Aujourd’hui, alors que le changement climatique intensifie les phénomènes extrêmes, l’exemple indonésien montre combien le prix de l’inaction peut être élevé. Pour La Réunion, renouer avec une politique ambitieuse de reboisement et de protection des forêts est une nécessité vitale pour l’avenir du pays.

M.M.

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