Face à la crise climatique, La Réunion doit rompre avec un modèle à bout de souffle
29 juin, parRespecter le traité de Paris sur le climat
Municipales 2026 : mobilisation du collectif ARTERE (Alliance Régionale pour une Transition climatique Equitable et Résiliente en Eau)
16 février

Depuis début février, des affichages apparaissent pour interpeller les citoyens et les élus pour que la question de l’eau soit posée dans le programme des candidats aux élections municipales. Regroupés sous le collectif ARTERE, des citoyens et des associations se mobilisent pour alerter sur la problématique de l’eau à La Réunion.
Selon un rapport de l’ONU, publié le 20 janvier 2026, la planète est entrée dans « l’ère de la faillite mondiale de l’eau ». La Réunion n’est pas épargnée !
En effet, les bouleversements climatiques au niveau mondial ont des effets à la Réunion : augmentation des épisodes de sécheresse et des pluies torrentielles liées aux cyclones de plus en plus puissants. La tragédie Garance de février 2025, devrait être une alerte pour mieux prévenir les inondations futures.
Nous voyons au fil des années des restrictions d’eau exigées par le préfet. En décembre 2025 par exemple, 7 municipalités étaient placées en alerte renforcé, 5 en alerte et 12 autres en vigilance. Mais le manque flagrant en eau se fait le plus ressentir dans les communes de l’est. A St André, les habitants vivent aux rythmes des coupures d’eau et voient apparaitre des machines pour désaliniser l’eau de mer. Et à Salazie, la baisse des précipitations est notable. Du jamais vu pour les réunionnais !
Historiquement, l’Est n’a jamais manqué d’eau. Mais le secteur est très dépendant du niveau des rivières. Et les infrastructures (captages et forage) manquent.
A La Réunion, 37 % de l’eau n’atteint pas les robinets à cause des fuites sur le réseau. Le manque d’investissement dans ces infrastructures est un choix politique. Les réunionnais de l’Est attendent également des réponses quant aux choix politiques concernant le basculement de l’eau d’est en ouest.
La quantité d’eau vient à manquer mais la qualité est aussi préoccupante. Le rapport d’information de l’Assemblée Nationale dresse un constat alarmant. Seulement 8 % des cours d’eau réunionnais sont en bon état écologique, un chiffre bien en dessous de la moyenne nationale. L’artificialisation des milieux naturels ainsi que les nitrates et les pesticides expliquent en grande partie ce chiffre inquiétant. Le rapport conclut en appelant à la mobilisation rapide des collectivités, de l’Etat et des institutions de l’eau.
Certes, il est difficile de régler un problème mondial mais les élus peuvent choisir d’adapter le territoire afin d’être plus résilient face aux conséquences du changement climatique. Certes également, la gestion de l’eau relève des compétences intercommunales mais les maires ont le pouvoir de porter des choix politiques ambitieux pour protéger l’eau et la répartir de manière équitable.
Cela peut se faire notamment grâce au Plan Local d’Urbanisme (PLU). Quelques candidats proposent des mesures fortes pour une meilleure infiltration de l’eau dans les sols : réduire la bétonnisation, replanter des arbres, créer des espaces verts dans les écoles et rendre les sols des parkings perméables. En bref, augmenter le nombre de zones qui respirent, des îlots de fraicheur où l’eau s’infiltrera mieux dans le sol.
D’autres candidats envisagent des mesures sociales pour répartir avec équité l’eau. Il n’est pas normal qu’une famille qui remplit sa piscine privée paye autant, en proportion, qu’une famille qui utilise l’eau pour ses besoins vitaux (boire, se laver, arroser son potager). Ainsi, certains candidats proposent la gratuité des 10 premiers m3 d’eau et une facturation par palliers ensuite. Rendre un accès en eau plus équitable socialement tout en incitant les citoyens à réduire leur consommation. Mais rares sont les candidats aux élections municipales qui évoquent le sujet de l’eau dans leur programme.
L’eau est un bien commun menacé. Son usage doit être débattu démocratiquement ! Parlons en pendant les débats des élections municipales !
ARTERE Réunion
Liste des associations partenaires ARTERE
1. ARBRE (Agence de Recherche pour la Biodiversité à la Réunion)
2. Attac Réunion
3. Bio Consom’Acteurs Réunion
4. BioMA
5. Domoun La Plaine
6. Extinction Rébellion Réunion
7. Fédération Départementale de Pêche de la Réunion
8. Greenpeace Réunion
9. GRANDDIR (Groupement Régional des Acteurs de l’éducation à l’eNvironnement pour un Développement Durable de l’Ile de La Réunion)
10. Kol’air 974
11. Komité Pangar
12. Le Taille Vent
13. Nout Gayar Salazie
14. Observatoire Marin de La Réunion
15. Plant Ali
16. Protège Nout Savane
17. RCCR (Réseau Compost Citoyen Réunion)
18. Savoir Faire et Bon Sens Paysan
19. SEOR (Société d’Études Ornithologiques de la Réunion)
Respecter le traité de Paris sur le climat
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