Environnement

Forage pétrolier en Guyane : Sébastien Lecornu n’a rien à dire

Quand la France projette d’utiliser une ancienne colonie pour augmenter les émissions de gaz à effet de serre

Manuel Marchal / 6 juin 2018

« Je ne suis pas en Guyane, je n’ai rien à dire sur la Guyane », c’est la réponse de Sébastien Lecornu, secrétaire d’État à la Transition énergétique, à une question sur le projet d’exploitation pétrolière off-shore en Guyane. Manifestement, le gouvernement est embarrassé par une affaire qui montre que pour la protection de l’environnement, ses paroles ne se traduisent pas en actes. Cela rappelle aussi que la France, ce n’est pas la Guyane, et donc pas La Réunion.

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Sébastien Lecornu.

Dans son édition d’hier, « Témoignages » avait fait état du projet de forage pétrolier en Guyane. Une loi votée en fin d’année dernière interdit les forages d’exploration en vue d’extraire du pétrole en France, mais les autorise dans les anciennes colonies qui sont intégrées à la République. C’est ce qui rend possible ce qui se passe en Guyane, et menace également les Iles Eparses.
Un avis rendu mercredi dernier par l’Autorité de l’environnement rappelait l’existence du projet d’extration de pétrole off-shore en Guyane. Le pétrole contribue notoirement à la pollution de l’atmosphère car son utilisation produit du CO2, gaz à effet de serre responsable du changement climatique.
Rechercher un gisement de pétrole pour l’exploiter ne va donc pas dans le sens de l’Accord de Paris qui a pour conséquence d’obliger les Etats à diminuer les émissions de gaz à effet de serre. C’est d’autant plus grave que l’Accord de Paris a été signé en France, et qu’il est ratifié depuis 18 mois. Il s’impose donc à tous.

D’où la question qui a été posée à Sébastien Lecornu, secrétaire d’État à la Transition énergétique en visite à La Réunion, au sujet du projet de forage pétrolier en Guyane.
Réponse de Sébastien Lecornu : « je ne suis pas en Guyane, je n’ai rien à dire sur la Guyane ».
Cette absence de réponse montre l’embarras du gouvernement devant une contradiction. Comment en effet peut-on vouloir demander au monde d’aller vers une société sans pétrole, et d’un autre côté autoriser un projet d’exploitation pétrolière en Guyane ? Cette contradiction montre que le voyage d’Emmanuel Macron à Washington ne pouvait déboucher que sur l’échec. En effet, comment demander à Donald Trump de renoncer à la relance des mines de charbon et de l’exploitation du pétrole de schiste alors que dans le même temps, la France permet d’ouvrir des puits de pétrole en Guyane.

M.M.