Un triple anniversaire de portée mondiale
18 juillet, par4 septembre 1996, 4 novembre 2016 et 12 novembre 2016
Sécheresse
16 octobre 2025, par

Salazie, pourtant riche en sources, subit une grave pénurie d’eau. Entre dérèglement climatique, fuites massives et surconsommation — 180 litres d’eau potable par jour et par habitant à La Réunion —, la commune doit restreindre les usages non essentiels. Cette crise révèle les limites d’un système de gestion confié à des sociétés extérieures, où le gaspillage profite. L’eau doit redevenir un bien commun, géré équitablement, pour garantir à tous un accès vital et durable.
Salazie, l’un des territoires traditionnellement les plus arrosés de La Réunion, fait aujourd’hui face à une grave pénurie d’eau. Entre la crise climatique, les réseaux vieillissants et un modèle de consommation importé démesuré — 180 litres d’eau potable par jour et par habitant à La Réunion—, le robinet menace de se tarir.
Pour éviter le risque de la révolte d’une population excédée par les coupures d’eau, par arrêté, le maire a interdit, du 14 octobre au 13 novembre, tout gaspillage d’eau potable : lavage de voitures, remplissage de piscines, arrosage de pelouses ou nettoyage à grande eau des murs et des trottoirs. Une mesure de bon sens, mais aussi de survie collective.
une crise profonde
Cette décision, loin d’être symbolique, révèle une crise plus profonde : celle d’un modèle importé de France de gestion de l’eau hérité d’une époque où l’on croyait la ressource infinie. À La Réunion, la gestion de l’eau potable est largement confiée à des entreprises extérieures dont la logique économique repose sur le volume consommé. Autrement dit, plus on gaspille, plus leurs revenus augmentent. Peut-on continuer à déléguer à des acteurs privés déconnecté de La Réunion un bien aussi essentiel que l’eau, sans garantie de sobriété ni d’équité ?
La situation actuelle doit pousser à une réforme de fond. Il ne s’agit pas seulement de réparer les canalisations qui fuient, mais de revoir entièrement la manière dont l’eau est produite, distribuée et facturée. La mise en place de plafonds de consommation raisonnables — garantissant à chacun un accès à l’eau vitale, tout en décourageant les usages de confort — apparaît comme une piste nécessaire. L’eau doit redevenir un bien commun, géré dans l’intérêt collectif et non selon des logiques de profit.
Car derrière les chiffres se cachent des réalités sociales. Certaines familles n’ont de l’eau qu’à heures fixes. Ailleurs, les réservoirs se vident plus vite qu’ils ne se remplissent. Pendant ce temps, dans les zones plus aisées, les pelouses restent vertes et les piscines débordent. Cette inégalité d’accès à la ressource alimente un ressentiment croissant. Les plus riches doivent comprendre que disposer de moyens financiers ne donne pas le droit de gaspiller une ressource vitale et de contraindre les autres au rationnement. Pourquoi ne pas envisager des quotas et des limiteurs de débit pour responsabiliser la classe privilégiée ?
L’eau, à Salazie comme partout sur l’île, est devenue le miroir d’un déséquilibre plus large : celui entre abondance et responsabilité, entre confort individuel et survie collective. Le temps de l’eau facile, qui coulait à flot sans qu’on se pose de questions, touche à sa fin. Il faut désormais apprendre à partager, à économiser, à réparer et à repenser.
M.M.
4 septembre 1996, 4 novembre 2016 et 12 novembre 2016
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