Un triple anniversaire de portée mondiale
18 juillet, par4 septembre 1996, 4 novembre 2016 et 12 novembre 2016
Conséquence d’un système importé responsable de la surconsommation
12 décembre 2025, par

Une grande partie du nord de La Réunion est placée en alerte ou alerte renforcée sécheresse, entraînant un mois de restrictions strictes sur l’usage de l’eau. Cette crise révèle un modèle de consommation importé, inadapté aux réalités de l’île et aggravé par les pertes des réseaux. Pour y répondre, plusieurs solutions émergent : collecte d’eau de pluie, retenues collinaires, régulation des gros consommateurs et responsabilisation générale.
Une large moitié Nord de La Réunion est désormais placée en alerte sécheresse, dont sept communes en alerte renforcée : Le Port, La Possession, Saint-Denis, Sainte-Marie, Saint-André, Salazie et Bras-Panon. Sainte-Suzanne, Saint-Paul, Saint-Leu, Cilaos et Saint-Joseph sont quant à elles classées en alerte simple. À partir du 9 décembre, et pour un mois, des restrictions strictes d’usage de l’eau entrent donc en vigueur.
Pour les particuliers, l’arrosage des pelouses, le remplissage des piscines, le lavage des véhicules ou encore le nettoyage des surfaces extérieures sont interdits dans les douze communes concernées. L’arrosage des jardins potagers est limité à des plages horaires restreintes : de 6 h à 20 h en alerte renforcée, de 8 h à 18 h en alerte simple. Les collectivités, entreprises et agriculteurs bénéficient de quelques aménagements, tandis que le reste de la population est invité à réduire volontairement sa consommation.
Au-delà de la sécheresse actuelle, cette pénurie révèle une réalité profonde : un modèle de consommation inadapté aux caractéristiques de l’île. Chaque Réunionnais utilise en moyenne 180 litres d’eau potable par jour, soit l’équivalent de neuf bidons de 20 litres — quand les besoins vitaux ne représentent que deux litres quotidiens. Une famille de quatre personnes consomme ainsi l’équivalent de 36 jerrycans par jour. Ce modèle, importé de France, encourage le gaspillage et ne tient pas compte des limites des ressources réunionnaises.
La crise est également amplifiée par les pertes des réseaux : avant d’arriver au robinet de l’abonné, l’eau parcourt de longues distances dans des conduites souvent vieillissantes, complexes à entretenir et coûteuses à rénover. Les fuites représentent une part considérable du gaspillage.
Pour sortir de cette dépendance, plusieurs solutions existent. La collecte d’eau de pluie, pratiquée dans les autres îles de l’océan Indien, pourrait réduire la pression sur les réseaux et devrait être soutenue massivement par les pouvoirs publics. Les retenues collinaires, proposées depuis longtemps, offriraient une capacité de stockage importante pour l’agriculture et certains usages domestiques non potables. On pourrait aussi installer des limitateurs de débit chez la classe privilégiée par le système néocolonial qui remplit ses piscines privées et gaspille l’eau pour arroser d’immenses pelouses tandis que d’autres communautés manquent d’eau potable.
L’argent existe : les centaines de millions destinés au réseau sous contrôle de sociétés françaises pourraient être redirigés vers des solutions adaptées, locales, responsables.
M.M.
4 septembre 1996, 4 novembre 2016 et 12 novembre 2016
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